114,84 euros le gramme : l’or a abandonné 4,1 % sur la semaine du 19 au 23 octobre 2026. Le métal jaune, qui valait 118,69 euros le gramme en début de période, subit la pression combinée des anticipations de resserrement monétaire aux États-Unis et d’un pétrole plus cher. Sur trois mois, son bilan reste toutefois légèrement positif, à +0,3 %.
Des taux américains attendus plus élevés
La Réserve fédérale américaine devrait laisser ses taux directeurs inchangés lors de sa prochaine réunion. Les marchés anticiperaient cependant, avec une probabilité proche de 80 %, une nouvelle hausse en décembre.
Ce paramètre est central pour l’or. Contrairement à une obligation ou à un compte d’épargne, le métal ne verse ni intérêt ni dividende : il s’agit d’un actif sans rendement. Lorsque les taux d’intérêt et les rendements obligataires montent, détenir de l’or a donc un coût d’opportunité plus élevé. Les investisseurs peuvent être incités à privilégier des placements rémunérés, ce qui pèse sur le cours du métal.
Cette sensibilité aux taux avait déjà provoqué de fortes corrections fin septembre et au début d’octobre. Le 28 septembre, l’or avait notamment reculé de 3,22 % à Londres, dans un contexte de remontée des rendements américains et de dollar plus ferme.
Le pétrole ravive le risque d’inflation
La hausse du pétrole ajoute une difficulté. Le brut évoluerait près d’un plus haut d’un mois, sur fond de tensions au Moyen-Orient, notamment entre l’Arabie saoudite et le mouvement Houthi soutenu par l’Iran. Des frappes visant des infrastructures énergétiques saoudiennes alimenteraient les inquiétudes sur l’approvisionnement.
Un pétrole plus coûteux peut renchérir le transport, l’industrie et, à terme, les prix à la consommation. Cette inflation importée désigne la hausse des prix provoquée par des biens ou matières premières achetés à l’étranger, en particulier l’énergie.
Pour les marchés, ce risque inflationniste pourrait pousser les banques centrales à maintenir des taux élevés plus longtemps, voire à les relever davantage. Le pétrole ne pèse donc pas directement sur l’or : il agit surtout en renforçant les anticipations de politique monétaire restrictive.
Le change ne soutient pas suffisamment l’or en euros
Le recul limité du dollar n’aurait pas compensé cette pression. Le Dollar Index, qui mesure la devise américaine face à un panier de monnaies, ne cèderait que 0,28 %, tandis que l’euro perdrait 0,27 % face au billet vert.
Pour un épargnant belge, le prix à surveiller est celui de l’or exprimé en euros. Un affaiblissement marqué du dollar peut parfois alléger le prix de l’or coté en dollars, mais les mouvements de change observés cette semaine seraient restés trop faibles pour neutraliser l’effet des taux attendus.
L’argent recule encore plus fortement
L’argent a davantage souffert que l’or, avec une baisse hebdomadaire de 6,0 %, après déjà -5,8 % la semaine précédente. Le ratio or/argent a ainsi grimpé à 74,6.
Ce ratio indique combien d’onces d’argent sont nécessaires pour acheter une once d’or. Lorsqu’il augmente, cela signifie généralement que l’argent sous-performe l’or. Ce métal est souvent plus volatil, car il dépend à la fois de la demande d’investissement et de ses usages industriels.
La baisse hebdomadaire ne renverse pas encore la légère progression de l’or sur trois mois. Elle rappelle toutefois que, à court terme, l’évolution des taux américains, du dollar et de l’énergie peut fortement influencer le prix payé en euros. Pour un acheteur, la volatilité plaide pour un achat progressif plutôt que pour une décision concentrée sur un seul niveau de cours.



