1,741 euro le gramme : l’argent s’inscrit en baisse de 0,5 % depuis le début de la semaine. Relevé à 8h18 ce mercredi 7 octobre, le cours du métal blanc était de 1,741 euro le gramme, contre 1,750 euro lundi.
Ce repli intervient dans un marché partagé entre des arbitrages prudents, des rendements obligataires américains élevés et des perspectives monétaires un peu moins restrictives aux États-Unis. Pour les épargnants, le mouvement confirme surtout une volatilité élevée à court terme : l’argent a oscillé entre 1,752 et 1,741 euro le gramme au cours de la séance, soit une amplitude de 0,7 %.
Une hausse hebdomadaire encore positive
Malgré la baisse observée depuis lundi, l’argent conserve une avance de 1 % sur une semaine glissante, après une progression de 0,5 % la semaine précédente. Cette mesure compare le cours actuel à celui observé sept jours plus tôt ; elle permet de distinguer le repli récent de la tendance sur quelques jours.
Le signal devient toutefois moins favorable sur un horizon plus long. Sur un mois, le métal blanc abandonne 4,9 %. Le rebond hebdomadaire ne compense donc qu’une partie de la correction récente.
L’argent présente une particularité : il est à la fois un métal précieux et un métal industriel. Il peut être recherché comme actif refuge lors des périodes d’incertitude, mais dépend aussi de la demande liée au photovoltaïque, à l’électronique et à l’automobile. Cette double fonction rend son cours souvent plus mouvant que celui de l’or.
Taux américains et pétrole créent des forces contraires
Les marchés estimeraient désormais à environ 20 % la probabilité d’un relèvement des taux directeurs américains en octobre. Une telle détente des anticipations monétaires tendrait à soutenir l’argent.
Un taux directeur est le taux fixé par la banque centrale pour orienter le coût du crédit. Lorsqu’il est élevé, les obligations et les placements rémunérés deviennent plus attractifs. L’argent, qui ne verse ni intérêt ni dividende, subit alors un coût d’opportunité plus important : détenir le métal signifie renoncer à un rendement potentiellement disponible ailleurs.
Les rendements obligataires américains resteraient néanmoins élevés, ce qui limiterait le soutien apporté par l’assouplissement des anticipations sur la Réserve fédérale américaine, la Fed.
Les tensions pétrolières liées à des incidents visant des pétroliers dans le détroit d’Ormuz pourraient aussi produire des effets contradictoires. Un pétrole plus cher nourrit généralement les anticipations d’inflation, un facteur souvent favorable aux métaux précieux. Mais il augmente aussi les coûts de production et de transport pour les secteurs industriels consommateurs d’argent, ce qui peut peser sur leur demande.
L’argent sous-performe l’or sur un mois
Le ratio or/argent atteint 68,0, contre 66,6 un mois plus tôt, soit une hausse de 2,2 %. Ce ratio indique combien de grammes d’argent sont nécessaires pour acheter un gramme d’or. Lorsqu’il augmente, cela signifie que l’argent recule davantage que l’or, ou progresse moins vite.
Dans le contexte actuel, la hausse du ratio confirme donc le décrochage relatif de l’argent sur un mois. Elle ne constitue pas à elle seule un signal d’achat ou de vente : elle décrit une relation entre deux prix, qui peut évoluer rapidement selon les taux, le dollar, l’activité industrielle et l’aversion au risque.
À 1,741 euro le gramme, l’argent reste ainsi en modeste hausse sur sept jours, mais sa baisse mensuelle et sa sous-performance face à l’or invitent à distinguer un rebond de court terme d’un véritable retournement de tendance.



