4 479 dollars l’once : l’or reste presque immobile ce vendredi 4 septembre 2026, mais le marché retient son souffle. La prochaine statistique américaine sur l’emploi pourrait orienter les anticipations de taux d’intérêt de la Réserve fédérale, la banque centrale des États-Unis, et donc influencer le cours du métal précieux à court terme.
L’or reste stable, mais la semaine demeure positive
Le cours de l’or évolue autour de 4 479 dollars l’once sur les marchés financiers. L’once désigne ici l’once troy, l’unité internationale utilisée pour coter l’or, équivalente à environ 31,1 grammes.
Cette stabilité intervient après une progression récente. Le métal jaune conserve une légère perspective de hausse sur la semaine, soutenu par l’idée que la Fed pourrait limiter le resserrement monétaire si l’économie américaine montre des signes de ralentissement.
Pour les investisseurs européens et belges, deux variables comptent donc en même temps : le prix de l’or en dollars et le taux de change euro-dollar. Un or stable en dollars peut évoluer différemment en euros si la devise américaine bouge fortement.
Pourquoi l’emploi américain pèse sur l’or
Le rapport sur l’emploi américain est suivi de près car il donne une indication directe sur la vigueur de l’économie. Un marché du travail solide peut encourager la Fed à relever ses taux d’intérêt pour freiner l’inflation. À l’inverse, des créations d’emplois faibles peuvent l’inciter à patienter.
Les taux d’intérêt sont le coût de l’argent. Quand ils montent, les placements rémunérés comme les obligations deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. Des taux élevés peuvent donc peser sur son prix. Des taux stables ou attendus en baisse sont souvent plus favorables au métal jaune.
Jeudi 3 septembre, le rapport ADP sur l’emploi privé américain a fait état de 38 000 créations d’emplois en août, contre 46 500 attendues par le marché. ADP est un indicateur privé, publié avant les chiffres officiels, utilisé comme signal avancé de la dynamique de l’emploi. Cette déception a contribué à réduire les anticipations de hausse des taux en septembre.
La Fed reste au centre du marché
Les investisseurs cherchent surtout à comprendre la trajectoire de la Fed. Christopher Waller, gouverneur de l’institution, a indiqué publiquement que les taux pourraient rester inchangés si les tendances inflationnistes continuaient de s’atténuer. Ces propos ont accompagné une hausse d’environ 2 % du cours de l’or jeudi.
L’inflation reste toutefois le point de vigilance majeur. Lors du sommet de Jackson Hole, Kevin Warsh, à la tête de la Fed, a rappelé que la priorité demeurait la stabilité des prix, avec un objectif ferme de 2 % d’inflation PCE. L’indice PCE, ou dépenses de consommation personnelle, est une mesure de l’inflation privilégiée par la Fed car elle reflète l’évolution des prix payés par les ménages américains.
Les données de l’outil CME FedWatch indiquent une probabilité d’environ 50 % d’une hausse des taux lors de la prochaine réunion de septembre. Cet outil agrège les anticipations de marché à partir des contrats financiers liés aux taux directeurs.
Quel impact pour les acheteurs d’or ?
À court terme, le rapport officiel sur l’emploi pourrait provoquer un mouvement rapide. Des chiffres plus faibles que prévu soutiendraient probablement l’or, car ils renforceraient l’idée d’une Fed moins restrictive. Des chiffres plus solides pourraient au contraire raviver les craintes de hausse des taux.
Pour un particulier qui souhaite acheter ou vendre de l’or physique, cette phase invite surtout à la préparation : suivre le cours en euros, vérifier les primes sur les pièces et lingots, et comparer les conditions de rachat. La prime correspond à l’écart entre le prix d’un produit en or et la valeur de son métal pur.
Le marché de l’or ne baisse pas la garde : la stabilité actuelle reflète moins un manque d’intérêt qu’une attente prudente avant une donnée économique décisive.



