4 000 dollars l’once : ce seuil concentre l’attention du marché de l’or à quelques jours de la réunion de la Réserve fédérale américaine prévue le 29 juillet 2026. Le métal jaune évolue autour de ce niveau fin juillet, après avoir dépassé 5 500 dollars au début de l’année. La correction est nette : environ 25 % depuis le sommet historique.
L’or reste donc dans une zone d’hésitation. Le marché attend désormais le signal de la Fed, la banque centrale des États-Unis. Sa décision sur les taux d’intérêt pourrait peser directement sur le cours de l’or, en dollars, mais aussi sur les investisseurs européens exposés au taux de change euro-dollar.
Un recul marqué après un début d’année record
Au premier semestre 2026, le cours de l’or a connu de fortes variations. Le prix aurait atteint environ 5 595 dollars l’once fin janvier, avant de reculer jusqu’à environ 3 943 dollars fin juin. Il se traite désormais légèrement au-dessus de 4 000 dollars.
L’once utilisée pour l’or est l’once troy, l’unité de référence internationale des métaux précieux. Elle équivaut à environ 31,1 grammes. Un prix de 4 000 dollars l’once correspond donc au prix du métal pur sur les marchés internationaux, avant frais, primes, fiscalité ou marge d’un vendeur.
Le deuxième trimestre 2026 a été particulièrement difficile. L’or a enregistré sa pire performance trimestrielle en treize ans et est passé sous les 4 000 dollars l’once. Cette baisse s’explique par des ventes importantes, des prises de bénéfices et un environnement monétaire moins favorable.
Une prise de bénéfices désigne la vente d’un actif après une forte hausse, afin de sécuriser un gain. Après l’envolée du début d’année, certains investisseurs ont donc vendu une partie de leurs positions en or.
Pourquoi la Fed pèse autant sur l’or
La réunion de la Fed du 29 juillet devrait être un rendez-vous clé pour le marché. La Fed fixe notamment les taux directeurs américains. Ces taux influencent le coût du crédit, le rendement des obligations et la valeur du dollar.
Pour l’or, ce point est central. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les taux d’intérêt montent, les obligations deviennent plus attractives par comparaison. L’or peut alors perdre de son attrait à court terme. À l’inverse, des taux plus bas ou des anticipations d’assouplissement monétaire peuvent soutenir le métal précieux.
Le dollar joue aussi un rôle important. L’or étant coté en dollars, un billet vert plus fort rend l’achat d’or plus coûteux pour les investisseurs utilisant l’euro ou d’autres devises. Cela peut limiter la demande mondiale.
La décision de la Fed pourrait donc donner une direction plus claire au marché : poursuite de la correction, stabilisation autour de 4 000 dollars ou reprise progressive.
Les soutiens de fond restent présents
Malgré la correction récente, plusieurs facteurs continuent de soutenir l’or en 2026. Le premier vient des banques centrales, en particulier dans certains pays émergents. Elles achètent de l’or afin de diversifier leurs réserves.
La diversification des réserves consiste à ne pas conserver uniquement des actifs en dollars, comme les obligations américaines, mais aussi d’autres actifs considérés comme solides, dont l’or. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large de dédollarisation, c’est-à-dire une réduction progressive de la dépendance au dollar dans les réserves et les échanges internationaux.
Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, renforcent également l’intérêt pour l’or. Le métal est souvent qualifié de valeur refuge : cela signifie qu’il est recherché lorsque les investisseurs craignent une crise financière, politique ou militaire.
Ces éléments ne garantissent pas une hausse continue. Ils forment toutefois un support de moyen et long terme pour la demande.
Les freins à une reprise rapide
Plusieurs obstacles limitent cependant le potentiel de rebond. La hausse des prix du pétrole peut raviver l’inflation. Si l’inflation reste élevée, les banques centrales peuvent maintenir des taux d’intérêt plus hauts plus longtemps. Ce scénario est généralement moins favorable à l’or.
Un environnement de taux élevés rend aussi les placements rémunérés plus compétitifs. Les investisseurs peuvent alors préférer des obligations ou des liquidités rémunérées, surtout après une forte hausse de l’or.
La volatilité reste donc élevée. La volatilité mesure l’ampleur des variations de prix. Plus elle est forte, plus les mouvements à la hausse comme à la baisse peuvent être rapides.
Pour un épargnant belge ou francophone, cette situation appelle une lecture prudente. Le prix international de l’or est exprimé en dollars, mais l’achat réel se fait souvent en euros. Le taux de change peut donc amplifier ou réduire la variation constatée sur le marché mondial.
Un seuil psychologique avant la décision du 29 juillet
Le niveau des 4 000 dollars joue désormais un rôle psychologique. Il ne s’agit pas d’une garantie technique, mais d’un repère surveillé par les investisseurs. Un maintien durable au-dessus de ce seuil pourrait rassurer le marché. Une rupture nette pourrait, à l’inverse, prolonger la correction.
La réunion de la Fed du 29 juillet pourrait être le prochain catalyseur. Un catalyseur est un événement susceptible de déclencher un mouvement de marché. Dans ce cas, la communication sur les taux, l’inflation et la croissance américaine sera probablement aussi importante que la décision elle-même.
L’or reste donc partagé entre deux forces : des soutiens structurels puissants, comme les achats des banques centrales et les tensions géopolitiques, et des freins immédiats, comme les taux élevés, le dollar et les prises de bénéfices.
La prochaine décision de la Fed ne dira pas tout de la trajectoire de l’or en 2026. Mais elle pourrait fixer le ton des prochaines semaines, dans un marché revenu brutalement de ses records.



