Vingt mois sans interruption. En juin 2026, la Banque populaire de Chine a de nouveau acheté de l’or, prolongeant une séquence d’achats mensuels entamée vingt mois plus tôt. L’information confirme une politique d’accumulation régulière menée par Pékin pour diversifier ses réserves officielles.
Les réserves officielles désignent les actifs détenus par une banque centrale pour stabiliser sa monnaie, financer ses engagements extérieurs ou renforcer sa crédibilité financière. Elles peuvent être composées de devises, d’obligations d’État, de droits de tirage spéciaux du FMI ou d’or.
Pour la Chine, l’objectif est clair : réduire la dépendance aux actifs libellés en dollars et augmenter la part de l’or dans le bilan de la banque centrale. Cette stratégie s’inscrit dans un mouvement plus large observé parmi plusieurs pays émergents.
Pékin poursuit une accumulation méthodique
La Banque populaire de Chine avait déjà acheté environ huit tonnes d’or en avril 2026, ce qui marquait alors son 18e mois consécutif d’augmentation des réserves. Deux mois plus tard, la dynamique reste intacte.
Ces achats réguliers ne relèvent pas d’un simple ajustement ponctuel. Ils traduisent une volonté de long terme : renforcer la sécurité financière du pays avec un actif qui ne dépend d’aucun État émetteur. Contrairement à une obligation américaine ou européenne, l’or physique n’est la dette de personne.
Cette caractéristique explique son rôle dans les réserves des banques centrales. En période de tensions géopolitiques, de sanctions financières ou d’incertitude monétaire, l’or conserve une fonction de protection.
Un soutien durable au prix de l’or
Les achats de banques centrales contribuent à créer un plancher structurel pour le cours de l’or. Cette expression désigne un niveau de soutien durable : lorsque de grands acheteurs institutionnels interviennent régulièrement, ils limitent le risque de baisse prolongée, même si le prix reste volatil à court terme.
Début juillet 2026, l’or évolue autour de 4 200 dollars l’once. Une once troy, unité de référence sur le marché international de l’or, correspond à environ 31,1 grammes. Ce niveau élevé intervient après une période de fortes fluctuations, alimentées par les incertitudes géopolitiques, les anticipations de politique monétaire américaine et les achats officiels.
À court terme, certains modèles privés de prévision, notamment ceux de WalletInvestor et LongForecast, anticiperaient une légère baisse du prix de l’or vers la fin de 2026, autour de 4 000 dollars l’once. Ces projections restent toutefois incertaines, car elles dépendent fortement des décisions de la Réserve fédérale américaine, de l’inflation et du climat géopolitique.
La Chine s’inscrit dans un mouvement mondial
Pékin n’est pas isolé. En 2026, les banques centrales de pays comme la Pologne, la Turquie et l’Inde poursuivent aussi l’augmentation de leurs réserves d’or. Cette tendance traduit une forme de dédollarisation, c’est-à-dire une réduction progressive de la dépendance au dollar dans les réserves et les échanges internationaux.
Le mouvement est déjà visible dans les statistiques mondiales. D’après un rapport de la Banque centrale européenne publié en juin 2026, l’or représentait environ 27 % des réserves officielles mondiales fin 2025, contre 22 % pour les titres de dette publique américaine. Cette évolution marque un basculement important dans la hiérarchie des actifs détenus par les États.
Pour les investisseurs particuliers, cette donnée ne signifie pas que l’or monte mécaniquement chaque mois. Elle montre plutôt que la demande institutionnelle reste solide. L’or demeure un actif refuge, c’est-à-dire un placement recherché lorsque les marchés financiers, les monnaies ou la situation internationale inspirent moins confiance.
Ce que cela change pour les épargnants européens
Pour un investisseur belge ou francophone, la poursuite des achats chinois renforce l’idée que l’or conserve une place dans une stratégie de diversification. De nombreux investisseurs institutionnels et particuliers maintiennent une allocation de 5 % à 10 % de leur portefeuille en or, afin de réduire l’exposition aux actions, aux obligations ou aux devises.
Cette allocation doit rester adaptée au profil de risque, à l’horizon d’investissement et aux besoins de liquidité. L’or ne verse pas d’intérêt et son prix peut reculer rapidement. Mais son rôle principal n’est pas le rendement régulier : il sert surtout à préserver du capital dans les périodes d’incertitude.
La vingtième hausse mensuelle des réserves chinoises confirme donc une tendance de fond : les banques centrales continuent de considérer l’or comme un pilier stratégique, bien au-delà des mouvements quotidiens du marché.



