101 points : c’est le seuil que le Dollar Index peine à reconquérir durablement, au moment même où le détroit d’Ormuz ravive la prime de risque géopolitique. Début juillet 2026, le dollar américain reste soutenu par les tensions au Moyen-Orient, mais freiné par des statistiques américaines moins favorables à une hausse des taux.
Ormuz replace le risque géopolitique au centre du marché
L’armée américaine a mené, en juillet 2026, des frappes contre plus de 80 cibles en Iran. Washington dit réagir à des attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique du commerce pétrolier mondial.
En réponse, les Gardiens de la révolution islamique iraniens, l’IRGC, ont revendiqué des tirs visant des bases américaines au Koweït et au Bahreïn. Ces actions ont déclenché des alertes dans ces deux pays.
Le détroit d’Ormuz concentre une part majeure des flux d’hydrocarbures. Une menace sur cette zone peut faire monter le pétrole, nourrir les anticipations d’inflation et soutenir les rendements obligataires américains. En théorie, ce mécanisme favorise le dollar.
Le Dollar Index reste pourtant coincé
Le Dollar Index, ou DXY, mesure la valeur du dollar face à un panier de grandes devises, notamment l’euro, le yen et la livre sterling. Un DXY en hausse signifie que le dollar se renforce face à ces devises.
Début juillet, l’indice évolue autour de 101 points. Il avait atteint environ 101,80 fin juin, porté par un rebond de près de 3 % depuis le début de l’année. Ce mouvement venait surtout des anticipations d’une politique monétaire plus restrictive aux États-Unis que dans d’autres grandes économies.
Mais cette dynamique marque une pause. Les investisseurs arbitrent entre deux forces contraires : la recherche de sécurité liée aux tensions en Iran, favorable au dollar, et la baisse des attentes de hausses de taux de la Réserve fédérale américaine, défavorable au billet vert.
La Fed refroidit les paris haussiers
Le rapport NFP de juin 2026 a déçu. Le NFP, pour Non-Farm Payrolls, mesure les créations d’emplois hors secteur agricole aux États-Unis. C’est un indicateur très suivi, car un marché du travail solide peut pousser la Fed à relever ses taux pour limiter l’inflation.
Autre signal de modération : l’indice ISM des services a ralenti à 54,0, en ligne avec les attentes. L’ISM mesure l’activité dans les services. Un niveau supérieur à 50 indique une expansion, mais un ralentissement suggère une économie moins dynamique.
Résultat : les marchés ont revu leurs scénarios. Les prévisions sont passées d’une ou deux hausses de taux possibles en 2026 à une seule, voire aucune. Pour le dollar, l’effet est important. Des taux plus élevés rendent les placements en dollars plus attractifs. Des taux moins élevés réduisent cet avantage.
Les minutes du FOMC deviennent le prochain catalyseur
Les opérateurs attendent désormais les minutes de la réunion de juin du FOMC, le comité de politique monétaire de la Fed. Ces minutes détaillent les débats internes entre responsables monétaires.
Leur publication, attendue ce mercredi, pourrait donner un signal plus clair sur la trajectoire des taux. Un ton ferme soutiendrait le dollar. Un ton prudent confirmerait le blocage actuel du DXY sous 101 points.
Pour les investisseurs européens, cette donnée compte aussi. L’or est coté mondialement en dollars. Quand le dollar monte, l’or devient plus cher pour les acheteurs utilisant l’euro, ce qui peut freiner la demande. À l’inverse, un dollar plus faible peut faciliter les achats en euros, même si le prix international de l’once progresse.
Quel impact pour l’or et les métaux précieux ?
L’or joue ici son rôle traditionnel de valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs veulent réduire leur exposition aux crises géopolitiques, aux devises ou aux marchés financiers. L’or physique désigne les lingots, lingotins et pièces détenus directement, hors support papier.
La situation actuelle crée donc un équilibre fragile. Les tensions à Ormuz soutiennent la demande de protection patrimoniale. Mais un dollar encore ferme limite l’élan du métal jaune. L’once d’or, unité internationale de référence, correspond à 31,103 grammes.
Des prévisions publiées en juin suggéreraient que le prix de l’or pourrait évoluer dans une fourchette d’environ 3 918 à 4 235 dollars l’once en 2026, avec un possible repli vers 3 996 dollars en décembre. À plus long terme, certaines projections évoqueraient une hausse beaucoup plus marquée, autour de 9 000 dollars en 2030. Ces scénarios restent à manier avec prudence.
Pour l’épargnant, le signal principal reste la diversification : dans un environnement mêlant tensions militaires, dollar hésitant et incertitude monétaire, l’or physique conserve une fonction d’assurance patrimoniale plutôt qu’un simple pari de court terme.



