4 138,32 dollars l’once : c’est le niveau atteint par l’or au comptant le 7 juillet, après un recul de 0,6 %. Le marché mondial de l’or marque une pause avant la publication des minutes de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Ce document est très suivi, car il détaille les débats internes de la banque centrale américaine sur les taux d’intérêt.
L’or temporise avant un signal de la Fed
Le prix de l’or au comptant, c’est-à-dire le prix pour une livraison immédiate, a reculé à 4 138,32 dollars l’once mardi 7 juillet 2026. Une once troy, l’unité de référence sur le marché de l’or, correspond à 31,1 grammes.
Les contrats à terme sur l’or pour août ont, eux, glissé de 0,4 %, à 4 149,90 dollars l’once. Un contrat à terme est un engagement d’acheter ou de vendre de l’or à une date future, à un prix fixé à l’avance. Il sert à se couvrir contre les variations de prix ou à spéculer sur leur direction.
La pression reste modérée. Le marché ne décroche pas, mais il reste attentiste. Les investisseurs veulent savoir si la Fed confirmera une ligne plus restrictive ou si elle laissera ouverte la porte à une pause monétaire.
Pourquoi les minutes de la Fed comptent pour l’or
La Fed fixe les taux directeurs américains. Ces taux influencent le rendement des placements en dollars, comme les obligations d’État. Or, l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les taux montent, le coût d’opportunité de l’or augmente : détenir du métal devient moins attractif par rapport à un placement rémunéré.
Les minutes de la Fed peuvent donc modifier rapidement les anticipations du marché. Si elles signalent une volonté de durcir la politique monétaire, l’or pourrait rester sous pression. Si elles montrent davantage de prudence, le métal jaune pourrait conserver son support autour des niveaux actuels.
Un support désigne une zone de prix où les acheteurs reviennent traditionnellement sur le marché. Ici, les opérateurs surveillent la capacité de l’or à se maintenir autour de 4 100 à 4 150 dollars l’once.
Le dollar ferme limite le rebond
Le dollar américain a gagné 0,1 % début juillet. Cette hausse paraît faible, mais elle compte pour l’or. Le métal précieux est coté en dollars sur les marchés internationaux. Quand le billet vert monte, l’or devient plus cher pour les acheteurs payant en euros, en francs suisses ou dans d’autres devises.
Pour un investisseur belge ou européen, l’évolution du taux de change euro-dollar peut donc amplifier ou réduire la variation réelle du prix de l’or. Un cours stable en dollars peut, par exemple, se traduire par une hausse en euros si l’euro baisse face au dollar.
Une Fed plus dure resterait un risque en 2026
Le contexte monétaire reste central. Le 17 juin, Kevin Warsh a tenu sa première conférence de presse comme président de la Fed. Il a indiqué qu’une hausse des taux d’intérêt pourrait intervenir d’ici la fin de 2026, en raison d’une inflation encore élevée aux États-Unis et de la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient.
Cette perspective pèse sur l’or. Un resserrement monétaire rendrait les actifs rémunérés plus compétitifs. À l’inverse, les tensions géopolitiques et l’inflation peuvent soutenir la demande d’or comme valeur refuge, c’est-à-dire comme actif recherché en période d’incertitude.
Des prévisions encore prudentes
Certaines prévisions de marché anticiperaient une légère baisse du prix de l’or sur le reste de 2026, avec des niveaux possibles autour de 4 055 à 3 996 dollars l’once en fin d’année. Ces projections resteraient toutefois dépendantes de la politique de la Fed, de l’inflation et de la demande des banques centrales, notamment émergentes.
À plus long terme, Hong Kong renforce aussi son rôle sur le marché asiatique avec un système central de compensation de l’or et la relance de contrats à terme. Une chambre de compensation facilite le règlement des transactions et réduit le risque entre acheteurs et vendeurs. Ce développement apporte un soutien structurel au marché, sans effacer l’influence immédiate des taux américains.
À court terme, l’or reste donc dans une zone d’attente. Le prochain mouvement dépendra surtout du message envoyé par la Fed : confirmation d’une politique plus stricte, ou signal de patience face au ralentissement économique.



