56,50 dollars l’once : le cours de l’argent recule nettement ce 26 juin 2026 en séance asiatique. Le métal précieux, coté sous le symbole XAG/USD, perd 2,5% et prolonge une baisse cumulée de 18,14% depuis le 1er janvier.
L’argent recule sous 56,50 dollars l’once
Le cours de l’argent, ou XAG/USD, désigne le prix d’une once d’argent exprimé en dollars américains. Une once troy, l’unité de référence sur les marchés des métaux précieux, équivaut à environ 31,1 grammes.
Ce 26 juin 2026, l’argent s’échange autour de 56,50 dollars l’once sur les marchés mondiaux. La baisse du jour atteint 2,5%. Elle s’inscrit dans une tendance négative observée depuis le début de l’année.
Le mouvement concerne directement les investisseurs exposés aux métaux précieux. Pour un épargnant belge ou européen, le prix en dollars ne suffit pas : l’évolution du taux de change euro/dollar influence aussi le prix final en euros.
Une Fed plus restrictive pèse sur les métaux précieux
La pression principale vient de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Sa politique est qualifiée de hawkish, un terme de marché qui signifie “restrictive” ou “favorable à des taux d’intérêt plus élevés”.
Selon l’outil CME FedWatch, qui mesure les anticipations du marché sur les décisions de taux de la Fed, la probabilité d’au moins une hausse de taux en 2026 atteint 81,7%. Les chances d’une hausse sont évaluées à 34% en juillet et à 68% en septembre.
John Williams, président de la Fed de New York, a indiqué dans le cadre de ses communications publiques que la banque centrale était « bien positionnée » face à une inflation élevée. Il a aussi écarté un retour de l’inflation vers la cible de 2% avant 2028.
Pour l’argent, cette situation est défavorable. Quand les taux montent, les placements rémunérés, comme les obligations américaines, deviennent plus attractifs. L’argent, comme l’or, ne verse pas d’intérêt. Son attrait relatif diminue donc lorsque les rendements progressent.
L’inflation américaine relance les tensions sur les taux
La hausse des prix reste le deuxième facteur clé. Aux États-Unis, l’inflation headline CPI atteint 4,2% sur un an en mai 2026. Le CPI, ou indice des prix à la consommation, mesure l’évolution moyenne des prix payés par les ménages.
Ce niveau est le plus élevé depuis avril 2023. Il signale une inflation encore éloignée de l’objectif de 2% de la Fed.
Autre indicateur suivi de près : le PCE core, à 3,4% en mai. Le PCE core exclut les prix de l’énergie et de l’alimentation, jugés plus volatils. Il est particulièrement surveillé par la Fed pour apprécier la tendance de fond de l’inflation.
La hausse des coûts énergétiques liée au conflit au Proche-Orient contribue à maintenir ces tensions. Dans ce contexte, la banque centrale américaine a moins de marge pour assouplir sa politique monétaire.
Dollar fort et rendements réels : un cocktail négatif
La baisse de l’argent s’explique aussi par le renforcement du dollar et par la hausse des rendements réels.
Un rendement réel correspond au rendement d’un placement après déduction de l’inflation. Quand il augmente, les investisseurs peuvent obtenir une rémunération plus intéressante sur des actifs jugés sûrs, comme certaines obligations d’État américaines.
Un dollar plus fort pèse également sur les métaux précieux. Comme l’argent est coté en dollars, il devient plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cela peut réduire la demande internationale.
Le métal gris reste aussi sous des supports techniques importants. Un support technique est une zone de prix où les acheteurs avaient jusque-là tendance à revenir. Lorsqu’un support cède, les vendeurs peuvent reprendre la main et accentuer la baisse.
L’or confirme la pression sur les métaux précieux
Le mouvement ne concerne pas uniquement l’argent. L’or a chuté d’environ 30% depuis son pic à 5 600 dollars l’once en janvier 2026. En juin, il teste la barre psychologique des 4 000 dollars.
Une barre psychologique est un niveau de prix rond, souvent surveillé par les investisseurs. Il peut influencer les ordres d’achat ou de vente, même s’il ne correspond pas toujours à une valeur fondamentale.
Cette correction de l’or s’explique par les mêmes facteurs : Fed restrictive, dollar solide et baisse des anticipations d’inflation à court terme. Elle confirme que les capitaux se détournent, au moins temporairement, d’une partie des métaux précieux.
Ce que doivent surveiller les investisseurs
Pour l’argent, les prochaines données d’inflation américaines et les réunions de la Fed seront décisives. Une inflation persistante renforcerait l’hypothèse de taux plus élevés. À l’inverse, un ralentissement net des prix pourrait alléger la pression sur les métaux précieux.
Les investisseurs européens doivent aussi suivre l’euro/dollar. Une baisse de l’argent en dollars peut être partiellement compensée par un dollar plus fort face à l’euro, ou amplifiée si l’euro se renforce.
À court terme, le cours de l’argent reste donc dépendant de trois variables : inflation américaine, décisions de la Fed et évolution du dollar. Tant que ces trois facteurs resteront défavorables, le métal gris pourrait conserver une trajectoire fragile.



