-3,2 % en cinq séances. Le cours de l’or recule nettement sur la semaine du 22 au 26 juin 2026. Ce vendredi, l’or au comptant évolue autour de 4 028 à 4 077 dollars l’once, après un passage sous les 4 000 dollars le 24 juin, une première depuis novembre 2025.
Le mouvement confirme une quatrième semaine consécutive de repli. Depuis son record historique de 5 594 dollars l’once atteint fin janvier 2026, le métal jaune abandonne près de 30 %. L’once désigne l’unité de mesure utilisée sur les marchés internationaux de l’or : elle correspond à environ 31,1 grammes.
Le dollar fort pèse sur l’or
La première pression vient du dollar américain. L’indice du dollar, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de grandes devises, se rapproche d’un sommet de 13 mois et se dirige vers un deuxième gain hebdomadaire consécutif.
Ce point est central pour l’or. Le métal jaune est coté en dollars sur les marchés mondiaux. Quand le dollar monte, l’or devient plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro. Cette hausse du coût d’achat peut réduire la demande internationale.
Pour les épargnants belges et européens, le prix de l’or dépend donc de deux éléments : le cours international en dollars et le taux de change euro-dollar. Une baisse de l’or en dollars peut être partiellement compensée, ou amplifiée, par les mouvements de change.
La Fed redevient le facteur dominant
La deuxième pression vient des anticipations de politique monétaire américaine. Les marchés financiers anticipent désormais trois hausses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine, la Fed, en 2026. L’outil CME FedWatch attribue une probabilité de 64 % à une hausse dès septembre.
La Fed est la banque centrale des États-Unis. Ses taux directeurs influencent le coût du crédit, le rendement des obligations et, indirectement, l’appétit pour l’or.
L’or est souvent qualifié d’actif non rémunérateur. Cela signifie qu’il ne verse ni intérêt, comme une obligation, ni dividende, comme certaines actions. Lorsque les taux montent, les placements rémunérés deviennent plus attractifs. L’or peut alors perdre une partie de son attrait, surtout pour les investisseurs institutionnels.
Cette attente de resserrement monétaire s’explique par une inflation américaine encore élevée. L’indice PCE, mesure de l’évolution des prix suivie de près par la Fed, a atteint 4,1 % sur un an en mai 2026, son niveau le plus élevé depuis plus de trois ans.
La valeur refuge ne suffit pas à inverser la tendance
Les tensions géopolitiques ont pourtant apporté un soutien ponctuel au métal jaune. Une attaque près du détroit d’Ormuz, dans un contexte d’accord préliminaire de paix entre les États-Unis et l’Iran, a brièvement ravivé la demande d’or comme valeur refuge.
Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs craignent une crise financière, géopolitique ou monétaire. L’or joue traditionnellement ce rôle, car il ne dépend pas directement de la solvabilité d’un État ou d’une entreprise.
Mais ce soutien est resté limité. La force du dollar et les anticipations de hausses de taux ont dominé les échanges. La levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien et la réouverture du détroit d’Ormuz ont aussi réduit une partie de la prime de risque sur les marchés, en pesant à la fois sur le pétrole et sur l’or début juin.
Les autres métaux précieux reculent aussi
Le repli ne touche pas seulement l’or. Sur la semaine se terminant le 26 juin, l’argent au comptant perd 12 %. L’argent est à la fois un métal précieux et un métal industriel, utilisé notamment dans l’électronique et le solaire. Il peut donc réagir plus fortement aux variations de croissance attendue.
Le platine enregistre de son côté une septième baisse hebdomadaire consécutive. Le palladium gagne 1,4 % sur la dernière séance observée, mais reste en baisse sur la semaine. Ces deux métaux sont notamment utilisés dans l’industrie automobile, en particulier dans les catalyseurs.
Cette faiblesse générale confirme que le facteur monétaire américain domine actuellement le marché des métaux précieux.
Trois trajectoires possibles d’ici fin 2026
Plusieurs scénarios pourraient structurer la fin de l’année. Le premier serait une consolidation prolongée, avec un or évoluant dans une fourchette intermédiaire, le temps que les investisseurs réévaluent l’inflation américaine et la trajectoire des taux.
Le deuxième scénario verrait un retour vers les sommets historiques si l’inflation ralentissait plus nettement ou si les tensions géopolitiques reprenaient de l’intensité. Dans ce cas, la demande de valeur refuge pourrait redevenir plus forte.
Le troisième scénario prolongerait la pression baissière. Il se matérialiserait si l’économie américaine restait solide, si le dollar continuait de s’apprécier et si la Fed confirmait plusieurs hausses de taux.
Pour l’instant, le signal du marché reste clair : l’or demeure sous pression tant que le dollar progresse et que les taux américains sont attendus en hausse. La protection contre l’incertitude géopolitique n’a pas disparu, mais elle ne suffit plus, à elle seule, à soutenir le cours.



