Un plus bas de sept mois est désormais à portée pour l’or. Le 25 juin 2026, le cours du métal jaune recule sur les marchés internationaux, sous l’effet combiné d’un dollar américain fort et d’anticipations de resserrement monétaire aux États-Unis.
Le mouvement concerne d’abord le marché mondial de l’or, où le prix de référence est exprimé en dollars par once. Une once, dans le secteur des métaux précieux, correspond à l’once troy, soit environ 31,1 grammes. Quand le dollar monte, l’or devient mécaniquement plus cher pour les acheteurs qui utilisent l’euro, le franc suisse ou d’autres devises. Cette hausse du coût d’accès peut peser sur la demande.
Le dollar reprend la main sur l’or
La pression vient surtout du marché des changes. Le dollar américain s’est fortement apprécié, porté par les attentes de taux d’intérêt plus élevés de la Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis.
Pour l’or, l’effet est double. D’une part, un billet vert plus fort renchérit le métal pour les investisseurs hors zone dollar. D’autre part, des taux plus élevés augmentent l’attrait des placements rémunérés, comme les obligations d’État. Une obligation verse un intérêt régulier, appelé rendement. L’or, lui, ne distribue ni coupon ni dividende : c’est un actif non rémunérateur.
Lorsque les rendements obligataires montent, conserver de l’or devient plus coûteux en comparaison. Ce coût d’opportunité explique une partie du repli actuel.
Une correction marquée après les records de 2024-2025
La baisse actuelle s’inscrit dans une correction plus large. Après un sommet historique autour de 5.598 dollars l’once, le cours de l’or a reculé depuis le début de 2026. Il serait tombé jusqu’à environ 4.023 dollars avant de revenir autour de 4.320 dollars en juin.
Cette trajectoire représente une baisse de plus de 28 % par rapport au pic. Elle traduit aussi des prises de bénéfices. Après une forte hausse, certains investisseurs vendent une partie de leurs positions pour sécuriser leurs gains. Ces ventes peuvent accentuer le recul, surtout dans un marché déjà nerveux.
Le contexte reste pourtant contrasté. Les achats des banques centrales et les tensions géopolitiques soutiennent traditionnellement l’or, considéré comme une valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital face à l’incertitude. Mais, pour l’instant, ces soutiens ne suffisent pas à compenser la force du dollar et la remontée des taux.
Les seuils techniques restent surveillés
Les analystes techniques observent aussi une tendance baissière persistante. L’analyse technique consiste à étudier les graphiques de prix pour identifier des zones clés. Une résistance est un niveau où les vendeurs reprennent souvent la main. Un support est, à l’inverse, une zone où les acheteurs peuvent revenir.
Autour du 25 juin, plusieurs niveaux sont surveillés : les résistances proches de 4.488 à 4.500 dollars l’once et un support majeur situé autour de 4.460 dollars. En cas de rupture de ce support, un retour vers 4.400 dollars serait possible selon cette lecture de marché.
Ces seuils ne constituent pas des certitudes. Ils servent surtout de repères pour mesurer la pression vendeuse et la capacité du marché à rebondir.
En euros, la lecture est plus nuancée
Pour les investisseurs belges et européens, le prix en euros reste essentiel. Entre le 9 et le 15 juin, l’or a chuté vers 3.500 euros l’once avant de rebondir près de 3.750 euros. La hausse de 0,25 point des taux directeurs de la Banque centrale européenne, annoncée le 11 juin, a d’abord pesé sur le métal.
La suite a été plus équilibrée. La baisse du pétrole, l’apaisement relatif de certaines tensions géopolitiques et la reprise de l’euro ont limité le recul en monnaie européenne. Cela montre une règle importante : le cours de l’or en euros ne dépend pas seulement du prix mondial en dollars, mais aussi du taux de change euro-dollar.
Des prévisions encore prudentes pour 2026
Les projections disponibles restent orientées à la prudence. WalletInvestor anticiperait un cours de l’or autour de 4.082 dollars en juin puis 4.055 dollars en décembre. LongForecast prévoirait une baisse plus marquée, de 4.574 dollars en mai à 3.996 dollars en décembre, soit un recul de 12,6 % sur la période.
Ces prévisions doivent être lues avec prudence. Elles reposeraient sur des modèles statistiques et techniques, sensibles aux données de marché. Une décision inattendue de banque centrale, une crise géopolitique ou un retournement du dollar pourrait modifier rapidement la trajectoire.
Pour l’heure, l’information principale reste claire : l’or est sous pression parce que le dollar et les taux reprennent l’avantage. Tant que cette configuration domine, le métal jaune pourrait rester volatil, même si son rôle de protection du capital conserve son intérêt pour les investisseurs de long terme.



