60,74 dollars l’once : l’argent métal a touché, lors des échanges asiatiques du 24 juin, son plus bas niveau depuis plus de six mois. Le seuil des 60 dollars devient désormais la zone à surveiller pour les investisseurs et les épargnants exposés aux métaux précieux.
L’argent passe sous pression à 60,74 dollars
Le cours de l’argent a reculé sous 61 dollars l’once le 24 juin 2026. L’once troy, unité de référence des métaux précieux, correspond à environ 31,1 grammes. Ce prix concerne le marché international, généralement coté en dollars américains.
La baisse touche un métal déjà fragilisé depuis le début du mois. Début juin, l’argent évoluait encore autour de 74,60 dollars l’once. Le 10 juin, il se traitait près de 64,55 dollars, dans un canal baissier. La chute vers 60,74 dollars confirme donc une correction rapide.
Le mouvement concerne les marchés mondiaux. Mais il intéresse directement les épargnants européens et belges, car le prix payé en euro dépend à la fois du cours de l’argent en dollars et du taux de change euro-dollar.
La Fed change l’équation des marchés
Le principal facteur vient de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Cette banque centrale fixe les taux directeurs aux États-Unis. Ces taux influencent le coût du crédit, les rendements obligataires et la valeur du dollar.
Les marchés réévaluent désormais la trajectoire monétaire américaine. L’hypothèse d’une baisse rapide des taux s’éloigne. Le risque de nouvelles hausses avant la fin de l’année est davantage intégré par les investisseurs.
Pour l’argent, ce changement est défavorable. Le métal ne verse ni intérêt ni dividende : il est donc qualifié d’actif sans rendement. Lorsque les taux montent, les obligations et les placements monétaires deviennent plus attractifs. Une partie des capitaux quitte alors les métaux précieux.
Le dollar s’est aussi renforcé. Or, l’argent est coté en devise américaine. Un dollar plus fort rend le métal plus cher pour les acheteurs utilisant l’euro, le yen ou d’autres monnaies. Cette mécanique peut freiner la demande mondiale.
L’inflation et l’énergie brouillent le signal
Le piège pour les marchés vient du mélange entre croissance, inflation et politique monétaire. Début juin, les offres d’emploi américaines JOLTS, un indicateur mesurant les postes ouverts aux États-Unis, ont dépassé les attentes. Ce signal a soutenu l’idée d’une économie américaine encore solide malgré des taux élevés.
Dans le même temps, la hausse du pétrole, alimentée par les tensions entre les États-Unis et l’Iran, a ravivé les craintes inflationnistes. Une énergie plus chère peut faire remonter les prix dans l’économie. La Fed pourrait alors maintenir une politique restrictive plus longtemps.
Même l’or a souffert de ce contexte. Le 10 juin, le métal jaune est passé sous 4.200 dollars l’once, pénalisé par le dollar fort et les anticipations de taux. L’argent, plus volatil, a amplifié le mouvement.
Le seuil des 60 dollars devient décisif
Le marché surveille maintenant la zone des 60 dollars. En analyse technique, c’est-à-dire l’étude des graphiques de prix pour repérer des zones d’achat ou de vente, ce niveau sert de support. Un support est un prix autour duquel les acheteurs reviennent souvent.
Si ce seuil cède franchement, la baisse pourrait se prolonger vers 56,47 dollars, puis éventuellement vers 50 dollars. Ces niveaux ne sont pas des certitudes. Ils servent de repères de marché dans un contexte de forte nervosité.
À l’inverse, un rebond durable au-dessus de 60 dollars signalerait que les acheteurs défendent encore ce seuil. La suite dépendra surtout des prochaines statistiques américaines et du message de la Fed sur les taux.
Ce que les épargnants belges doivent retenir
Pour un épargnant belge, la baisse du cours international ne signifie pas automatiquement une baisse équivalente du prix d’achat en boutique ou en ligne. Trois éléments comptent : le prix spot, la devise et les frais.
Le prix spot désigne le prix immédiat du métal sur le marché professionnel. À cela s’ajoutent les primes, c’est-à-dire l’écart entre le prix du métal pur et le prix réel d’une pièce ou d’un lingot, ainsi que les frais de distribution. Pour l’argent physique, la fiscalité peut aussi peser davantage que pour l’or d’investissement, qui bénéficie d’un régime spécifique en Europe.
La prudence reste donc nécessaire. Une chute rapide peut créer une opportunité d’achat progressif, mais elle peut aussi signaler une tendance encore fragile. Les investisseurs déjà exposés doivent surveiller le seuil des 60 dollars, le dollar américain et les annonces de la Fed.
La baisse de l’argent sous 61 dollars rappelle une règle simple : les métaux précieux protègent le capital sur le long terme, mais ils restent sensibles aux taux, au dollar et aux mouvements de panique à court terme.



