14 tonnes en trois mois : Tether a nettement accéléré ses achats d’or au deuxième trimestre 2026. L’émetteur de l’USDT, le plus grand stablecoin du marché des cryptomonnaies, porte ainsi ses avoirs aurifères à 146 tonnes, valorisés à 18,8 milliards de dollars.
Tether renforce ses réserves en or
Tether a acheté 14 tonnes d’or durant le deuxième trimestre 2026, contre 6 tonnes au premier trimestre. L’accélération est nette. Elle intervient alors que la société cherche à diversifier les actifs qui soutiennent son activité.
Un stablecoin est une cryptomonnaie conçue pour conserver une valeur stable, le plus souvent proche de 1 dollar. L’USDT de Tether est adossé à des réserves composées de différents actifs financiers. Ces réserves peuvent inclure des liquidités, des titres de dette à court terme et, dans ce cas, de l’or.
Avec 146 tonnes, Tether devient le plus grand détenteur d’or connu hors banques centrales, États souverains et grandes institutions publiques. Cette position place désormais l’entreprise dans une catégorie à part : celle des grands acheteurs capables d’influencer la perception du marché.
Pourquoi l’or intéresse un émetteur de stablecoin
L’or est souvent utilisé comme réserve de valeur. Cette expression désigne un actif que les investisseurs achètent pour protéger leur capital contre l’inflation, les crises financières ou les tensions géopolitiques.
Pour Tether, l’objectif est clair : augmenter la part d’actifs tangibles dans ses réserves et soutenir la crédibilité de l’USDT. L’entreprise génère des revenus en émettant ce stablecoin et en plaçant une partie des fonds reçus dans différents actifs, dont l’or.
Le détail exact des achats n’est pas précisé. Il peut s’agir d’or physique, c’est-à-dire de métal réellement détenu sous forme de barres ou de lingots, ou de titres adossés à l’or. Un titre adossé à l’or est un produit financier dont la valeur dépend du prix du métal jaune.
Un achat à contre-courant après la chute de juin
Ces achats interviennent dans un contexte de correction brutale. En juin 2026, le prix de l’once d’or a chuté d’environ 12 %, soit sa plus forte baisse mensuelle depuis octobre 2008.
L’once d’or désigne ici l’once troy, l’unité internationale utilisée sur le marché de l’or. Elle correspond à environ 31,1 grammes.
Cette baisse a été alimentée par plusieurs facteurs : les anticipations de hausses des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine, le renforcement du dollar et un retour des investisseurs vers les marchés actions. Quand les taux montent, l’or peut devenir moins attractif, car il ne verse ni intérêt ni dividende.
Le recul des tensions géopolitiques a également réduit la demande pour les valeurs refuges, c’est-à-dire les actifs recherchés lorsque les investisseurs veulent limiter leur exposition au risque.
Quel signal pour les investisseurs belges et européens ?
Pour les épargnants belges et européens, l’information ne signifie pas automatiquement qu’il faut acheter de l’or. Elle montre surtout qu’un acteur majeur de l’écosystème crypto continue d’accumuler du métal jaune malgré une correction importante.
Le cours de l’or serait revenu autour de 4 186 dollars l’once début juillet 2026, soit environ 25 % sous son record historique atteint fin janvier. Le deuxième trimestre aurait aussi marqué l’une des plus faibles performances trimestrielles de l’or depuis treize ans.
Certaines grandes banques, dont J.P. Morgan, Goldman Sachs et Deutsche Bank, maintiendraient toutefois des scénarios haussiers à moyen terme, avec des objectifs qui iraient de 4 300 à 6 000 dollars l’once selon les hypothèses retenues.
Un marché surveillé de près
L’achat de 14 tonnes par Tether ne résume pas à lui seul la tendance du marché de l’or. Mais il confirme une évolution importante : des acteurs privés non bancaires constituent désormais des réserves aurifères de taille institutionnelle.
Dans un marché marqué par la volatilité des taux, du dollar et des actifs numériques, l’or reste un outil central de diversification. Pour les investisseurs, la question n’est donc pas seulement de savoir si le prix va rebondir, mais qui continue d’acheter lorsque le marché corrige.



