14 tonnes d’or en trois mois. Tether a ajouté au deuxième trimestre 2026 une quantité importante de métal physique à ses réserves. Le total détenu par l’émetteur de l’USDT dépasse désormais 146 tonnes, selon les données publiées fin juillet.
Tether augmente le poids de l’or dans ses réserves
L’information principale est claire : Tether, acteur central du marché des stablecoins, a acheté 14 tonnes d’or physique au deuxième trimestre 2026.
L’or physique désigne du métal réellement détenu, généralement sous forme de lingots ou de barres, par opposition à des produits financiers indexés sur l’or. Pour un investisseur, cette distinction compte : le métal physique ne dépend pas directement de la promesse d’un émetteur, même si son stockage, son audit et sa localisation restent des éléments essentiels.
Tether utilise ces réserves pour soutenir ses jetons numériques, en particulier l’USDT. Un stablecoin est une cryptomonnaie conçue pour garder une valeur stable, le plus souvent autour de 1 dollar. L’USDT est donc censé pouvoir être échangé contre une valeur équivalente en dollars, ce qui impose à son émetteur de conserver des actifs suffisants et liquides.
Pourquoi Tether achète davantage de métal jaune
Cette hausse des réserves aurifères s’inscrit dans une stratégie de diversification. Tether cherche à réduire sa dépendance à une seule catégorie d’actifs, dans un environnement marqué par l’inflation, les tensions géopolitiques et les débats sur la solidité du dollar.
L’or joue ici un rôle de réserve de valeur. Il ne verse pas d’intérêt, contrairement à une obligation, mais il n’est la dette de personne. Cette caractéristique explique son attrait auprès de nombreux investisseurs lorsque la confiance dans les monnaies ou dans les marchés financiers devient plus fragile.
Pour Tether, l’objectif est aussi opérationnel : renforcer sa capacité à répondre aux demandes de remboursement. Un remboursement correspond au fait qu’un détenteur d’USDT souhaite récupérer une valeur équivalente en monnaie traditionnelle ou en actifs liquides.
Des comptes qui restent largement dimensionnés
Au deuxième trimestre 2026, Tether a également dégagé environ 1,5 milliard de dollars de bénéfice net d’exploitation. Son coussin de réserve excédentaire dépasse 4,11 milliards de dollars.
La réserve excédentaire correspond à la différence entre les actifs disponibles et les engagements envers les détenteurs de jetons. Les passifs sont ces engagements financiers. Fin juin, Tether affichait 187,75 milliards de dollars d’actifs pour 183,64 milliards de dollars de passifs.
Le groupe a aussi réduit son exposition aux prêts garantis de 2,38 milliards de dollars, soit 15 %. Un prêt garanti est un crédit adossé à une garantie, par exemple des titres financiers ou d’autres actifs. Cette baisse améliore la perception de liquidité, car les prêts sont généralement moins immédiatement mobilisables que des obligations souveraines très négociées ou des liquidités.
Un signal à surveiller pour le marché de l’or
L’achat de Tether intervient alors que les banques centrales restent très présentes sur le marché de l’or. Au deuxième trimestre 2026, elles ont acheté 288,9 tonnes, contre 177,9 tonnes un an plus tôt. La Pologne et la Chine figurent parmi les acheteurs les plus suivis.
Ce mouvement confirme une tendance de fond : l’or attire au-delà des investisseurs traditionnels. Banques centrales, institutions financières et acteurs des cryptomonnaies l’utilisent comme outil de diversification.
Le paradoxe est que le prix de l’or a reculé d’environ 4 % depuis le début de 2026, malgré ces achats et un contexte international tendu. Des prises de bénéfices, la hausse des rendements obligataires américains et certaines ventes de banques centrales émergentes ont pesé sur le cours.
Ce que cela signifie pour les épargnants
Pour un épargnant belge ou européen, cette opération ne constitue pas un signal d’achat automatique. Elle montre surtout que de grands acteurs cherchent à diversifier leurs réserves avec du métal physique.
L’or reste un actif de préservation du capital, pas un placement sans risque. Son prix peut baisser à court terme. Sa valeur dépend notamment des taux d’intérêt réels, du dollar, de la demande des banques centrales et du niveau d’incertitude géopolitique.
L’ajout de 14 tonnes par Tether illustre néanmoins une évolution importante : dans l’univers des actifs numériques, la crédibilité passe de plus en plus par des réserves tangibles. Le métal jaune conserve ainsi une place singulière, entre finance traditionnelle et nouveaux marchés numériques.



