À la veille d’un discours très attendu aux États-Unis, l’or reste sans direction nette. Le marché temporise avant l’intervention de Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale américaine, au symposium de Jackson Hole, dans le Wyoming.
L’or attend le signal de la Fed
Le prix de l’or évolue de manière relativement stable ce 28 août 2026. Les investisseurs attendent le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole, rendez-vous annuel majeur des banquiers centraux, économistes et responsables financiers.
L’enjeu est clair : obtenir des indications sur la trajectoire des taux d’intérêt américains. Ces taux sont le coût de l’argent fixé indirectement par la banque centrale. Quand ils montent, les placements rémunérés comme les obligations deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. Des taux plus élevés peuvent donc peser sur son cours.
À l’inverse, un discours jugé plus prudent ou plus favorable à de futures baisses de taux pourrait soutenir le métal jaune. Pour l’instant, les opérateurs restent en position d’attente.
Pourquoi Jackson Hole compte pour l’or
La Réserve fédérale, ou Fed, est la banque centrale des États-Unis. Elle influence le coût du crédit, l’inflation et la valeur du dollar. Ses décisions ont donc un impact mondial, y compris pour les investisseurs européens et belges exposés à l’or.
Le symposium de Jackson Hole sert souvent de scène aux grandes orientations monétaires. Le discours de Kevin Warsh pourrait préciser la manière dont il entend piloter la Fed. Il pourrait aussi donner des indices sur les prochaines décisions du Comité de politique monétaire, l’organe chargé de décider des taux directeurs.
Une information reste toutefois à prendre avec prudence : Kevin Warsh aurait indiqué vouloir donner moins d’informations aux marchés. Son discours pourrait donc être peu détaillé, ou ne fournir que quelques signaux limités sur la politique future de la Fed.
L’inflation reste le point dur
La principale inconnue reste l’inflation. L’objectif de la Fed est de la ramener vers 2 %. L’inflation désigne la hausse générale des prix. Quand elle reste élevée, la banque centrale peut être tentée de relever ses taux pour freiner la demande et stabiliser les prix.
Lors de la réunion des 28 et 29 juillet 2026, plusieurs responsables de la Fed ont exprimé une inquiétude accrue face aux pressions inflationnistes. Certains se sont dits prêts à relever les taux si l’inflation ne se rapprochait pas de l’objectif de 2 %.
Ce contexte limite les mouvements de l’or. Le métal reste recherché comme valeur refuge, mais il subit aussi la concurrence des placements rémunérés quand les rendements augmentent.
Les obligations américaines mettent la pression
Avant le discours de Kevin Warsh, les rendements des bons du Trésor américain ont progressé, notamment sur les échéances à 2, 10 et 30 ans. Un rendement obligataire correspond au revenu attendu par un investisseur qui détient une obligation, c’est-à-dire un titre de dette émis par un État ou une entreprise.
Quand ces rendements montent, l’or peut devenir moins attractif à court terme. C’est l’un des freins actuels à une hausse plus marquée du métal précieux.
Mais d’autres forces jouent dans l’autre sens. Les achats des banques centrales soutiennent toujours la demande. Une banque centrale achète de l’or pour diversifier ses réserves, réduire sa dépendance à certaines devises et renforcer la confiance dans son bilan.
L’instabilité budgétaire joue également en faveur de l’or. Elle renvoie aux inquiétudes sur les déficits publics, la dette et la capacité des États à maintenir une trajectoire financière crédible.
Ce que les épargnants doivent surveiller
Pour un investisseur belge ou européen, le message principal reste la prudence. La stabilité actuelle de l’or ne signifie pas absence de risque. Elle traduit surtout une attente.
Trois éléments seront déterminants après Jackson Hole : le ton de Kevin Warsh sur l’inflation, les indices sur de futures hausses ou pauses de taux, et la réaction des rendements obligataires américains.
Si la Fed paraît plus stricte, l’or pourrait subir une pression à court terme. Si elle laisse entrevoir une politique plus souple, le métal jaune pourrait retrouver du soutien.
Dans ce contexte, l’or conserve son rôle d’actif de diversification. Mais le discours de Jackson Hole pourrait rapidement sortir le marché de son calme apparent.


