4.307 dollars l’once : l’or conserve un niveau élevé après l’accord entre les États-Unis et l’Iran, malgré le retour de l’appétit pour le risque sur les marchés.
Les prix de l’or se montrent stables à un niveau historiquement élevé, après une hausse de 2,09 % le 15 juin, à 4.307 dollars l’once. Une once correspond à 31,1 grammes, l’unité de référence utilisée sur les marchés internationaux de l’or.
Ce mouvement intervient après l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient. L’accord, confirmé par les parties, prévoit aussi la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage. Ce couloir maritime est stratégique : environ un cinquième du pétrole brut mondial y transite habituellement.
L’accord réduit la prime de risque géopolitique
L’annonce a immédiatement détendu les marchés de l’énergie. Le 15 juin, le Brent a reculé à 83,40 dollars le baril et le WTI à 80,54 dollars, soit une baisse de 4,5 % à 5 %. Le Brent désigne le pétrole de référence en Europe. Le WTI est la référence américaine.
Cette baisse traduit une diminution de la « prime de risque ». Ce terme désigne le supplément de prix exigé par les marchés lorsqu’un conflit menace l’approvisionnement. Avec la réouverture attendue d’Ormuz, les investisseurs anticipent un trafic maritime plus normal et moins de tensions sur l’énergie.
Pourquoi l’or ne recule pas fortement
En théorie, l’apaisement géopolitique peut peser sur l’or. Le métal jaune est une valeur refuge, c’est-à-dire un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital face aux crises, à l’inflation ou aux tensions financières.
Mais l’or reste soutenu. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : le conflit vient à peine de connaître une issue diplomatique, les marchés veulent vérifier la mise en œuvre de l’accord, et le dollar s’est seulement stabilisé face au yen, avec un recul limité de 0,07 %. Or, l’or étant coté en dollars, l’évolution du billet vert influence directement son prix pour les acheteurs européens.
Les banques centrales reviennent au centre du jeu
La détente du pétrole pourrait réduire les pressions inflationnistes à moyen terme. Pour les banques centrales, c’est un élément important. Une banque centrale est une institution, comme la Banque centrale européenne ou la Réserve fédérale américaine, qui fixe les taux d’intérêt et veille à la stabilité des prix.
Des taux élevés rendent l’or moins attractif, car le métal ne verse ni intérêt ni dividende. À l’inverse, des perspectives de baisse des taux peuvent soutenir les cours. Les investisseurs vont donc surveiller les prochaines déclarations monétaires autant que l’application de l’accord au Moyen-Orient.
Les marchés asiatiques saluent l’apaisement
Les Bourses asiatiques ont vivement progressé après l’annonce. Le Nikkei à Tokyo a gagné près de 5 %, tandis que le Kospi à Séoul a avancé de 5,2 %. Sydney, Taipei et Hong Kong ont également bénéficié de l’amélioration du climat de marché.
Au Liban, le président Joseph Aoun a publiquement salué le cadre d’accord entre Washington et Téhéran, en exprimant l’espoir qu’il permette de mettre fin durablement aux hostilités régionales.
Pour les épargnants belges et européens, le message reste clair : l’or demeure cher, mais son évolution dépend désormais autant de la paix au Moyen-Orient que des choix des banques centrales.



