Après un mouvement de hausse déclenché par l’inflation américaine, l’or reprend son souffle sur les marchés mondiaux. Le 15 juillet 2026, les investisseurs ajustent leurs positions après la publication de l’IPC aux États-Unis et les propos prudents de Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale américaine.
L’or marque une pause après l’IPC américain
Le prix de l’or s’est stabilisé après un rallye lié à l’IPC américain. L’IPC, ou indice des prix à la consommation, mesure l’évolution des prix payés par les ménages. Il sert de thermomètre de l’inflation.
Quand cet indicateur ralentit, les marchés anticipent souvent une politique monétaire moins restrictive. La politique monétaire désigne les décisions d’une banque centrale sur les taux d’intérêt et la quantité de monnaie en circulation.
Pour l’or, cette lecture est importante. Le métal jaune ne verse pas d’intérêt. Lorsque les taux baissent, les placements rémunérés deviennent moins attractifs, ce qui peut soutenir l’or. À l’inverse, des taux élevés renforcent l’attrait des obligations et des dépôts rémunérés.
La première réaction des marchés a donc été favorable au métal précieux. Mais ce mouvement s’est ensuite calmé, faute de signal clair sur une baisse rapide des taux américains.
Kevin Warsh freine les attentes de baisse des taux
Le principal facteur de prudence vient de Kevin Warsh. Le 14 juillet, aux États-Unis, le président de la Fed a tempéré les espoirs d’un assouplissement rapide.
La Fed, ou Réserve fédérale américaine, est la banque centrale des États-Unis. Ses décisions influencent le dollar, les rendements obligataires et, indirectement, le cours de l’or dans le monde.
Kevin Warsh a rappelé que l’inflation restait au-dessus de l’objectif de 2 %. Cet objectif signifie que la Fed cherche une hausse des prix modérée et stable, jugée compatible avec une économie équilibrée.
Même si l’inflation ralentit et que le pétrole recule, la Fed veut rester prudente. Le message est clair pour les marchés : une baisse des taux n’est pas automatique.
Une Fed encore restrictive
En juin 2026, lors de la première réunion de politique monétaire présidée par Kevin Warsh, la Fed avait maintenu ses taux dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %. Il s’agissait de la quatrième réunion consécutive sans changement.
Cette décision a été prise par le FOMC, le comité de la Fed chargé de fixer les taux directeurs. Les taux directeurs sont les taux de référence qui influencent le coût du crédit pour les banques, les entreprises et les ménages.
La communication de la Fed avait aussi laissé entendre que des hausses pourraient encore être envisagées si l’inflation ne ralentissait pas assez. Cette perspective limite l’enthousiasme des acheteurs d’or à court terme.
Pourquoi cela compte pour les investisseurs européens
L’or se négocie principalement en dollars sur les marchés internationaux. Pour un investisseur belge ou européen, deux éléments comptent donc : le prix mondial de l’or et le taux de change entre l’euro et le dollar.
Si le dollar se renforce, l’or peut coûter plus cher en euros, même si son prix en dollars reste stable. À l’inverse, un euro plus fort peut amortir une hausse du métal jaune.
Dans ce contexte, la stabilisation actuelle traduit surtout une phase d’attente. Les investisseurs surveillent les prochains chiffres d’inflation, les déclarations de la Fed et l’évolution du pétrole.
L’or reste soutenu par l’idée d’un ralentissement futur de l’inflation, mais les propos de Kevin Warsh rappellent que la trajectoire des taux américains demeure le facteur clé. Pour les épargnants, la prudence consiste à distinguer un rebond de court terme d’une tendance durable.



