4.338,10 dollars l’once : le prix de l’or au comptant a été sous pression dans la matinée du 19 août, avant de se stabiliser alors que les marchés attendent le compte-rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine.
L’information principale tient en une attente : les investisseurs veulent savoir jusqu’où la Fed, la banque centrale des États-Unis, entend maintenir une politique monétaire restrictive. Ce document, publié après la réunion de juillet, doit préciser les débats internes qui ont conduit au maintien des taux directeurs entre 3,5 % et 3,75 %.
Pour l’or, l’enjeu est direct. Le métal précieux ne rapporte pas d’intérêt. Sa valeur dépend donc beaucoup du niveau des taux, des rendements obligataires et de la confiance des investisseurs dans les monnaies et les marchés financiers.
L’or marque une pause après une baisse récente
Le cours de l’or s’est stabilisé ce mercredi 19 août 2026 après une séance précédente plus difficile. Dans la matinée, le prix de l’or au comptant a reculé jusqu’à environ 4.338,10 dollars l’once, en baisse de 1,76 %.
L’once troy, unité utilisée sur les marchés de l’or, correspond à environ 31,1 grammes. Le prix international du métal jaune est généralement exprimé en dollars par once. Pour un acheteur belge ou européen, le taux de change entre l’euro et le dollar peut donc modifier le prix final payé en euros.
La pression est venue de deux facteurs. D’abord, la hausse des rendements des obligations américaines. Une obligation est un titre de dette émis par un État ou une entreprise. Son rendement désigne le revenu attendu par l’investisseur. Quand ce rendement monte, les placements obligataires deviennent plus attractifs par rapport à l’or.
Ensuite, les ventes massives dans le secteur technologique ont renforcé la nervosité des marchés. En Europe, les grands indices boursiers avaient déjà clôturé en baisse le 18 août, dans un contexte d’incertitudes économiques, de tensions géopolitiques et de prudence sur les taux d’intérêt.
La Fed reste au centre du marché de l’or
Le point d’attention majeur est la publication du compte-rendu de la réunion de juillet 2026 de la Fed. Ce compte-rendu, souvent appelé « minutes » dans le langage financier, détaille les discussions entre les membres de la banque centrale américaine.
Lors de cette réunion du 29 juillet, la Fed a maintenu ses taux directeurs entre 3,5 % et 3,75 %. Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour orienter le coût du crédit dans l’économie. Quand ils sont élevés, emprunter devient plus cher. Cela peut freiner la consommation, l’investissement et l’inflation.
Le vote a été de 9 voix contre 3 au sein du Federal Open Market Committee, ou FOMC. Le FOMC est le comité de la Fed chargé de décider de la politique monétaire américaine. Une telle division n’avait pas été observée depuis dix ans.
Cette dissension intéresse particulièrement les marchés. Elle peut révéler un débat plus profond entre les responsables favorables à un maintien durable des taux élevés et ceux qui s’inquiètent davantage du ralentissement économique.
Pourquoi des taux élevés pèsent sur le métal jaune
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. C’est ce que les marchés appellent un actif non rémunérateur. Il peut protéger un patrimoine contre certains risques, mais il ne génère pas de revenu régulier comme une obligation ou une action à dividende.
Lorsque les taux américains montent ou restent élevés, les investisseurs peuvent préférer les obligations du Trésor américain, jugées sûres et rémunératrices. Cela pèse sur l’or. À l’inverse, lorsque les marchés anticipent une baisse des taux, l’or retrouve souvent de l’attrait, car le coût d’opportunité de sa détention diminue.
Le coût d’opportunité désigne ce à quoi un investisseur renonce en choisissant un placement plutôt qu’un autre. Détenir de l’or revient, dans ce cas, à renoncer aux intérêts que pourrait offrir une obligation.
L’inflation retarde l’assouplissement monétaire
La Fed reste contrainte par l’inflation. L’indice PCE, pour « dépenses de consommation personnelles », est l’un des indicateurs de prix les plus suivis par la banque centrale américaine. Il évoluait autour de 3,8 % à 4,2 % au premier semestre 2026, bien au-dessus de l’objectif officiel de 2 %.
Ce niveau élevé pousse de nombreux économistes à ne plus anticiper de baisse des taux avant 2027. Pour l’or, cette perspective entretient une tension. D’un côté, des taux durablement élevés limitent son potentiel. De l’autre, l’incertitude économique et financière continue d’alimenter son rôle de valeur refuge.
Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital face aux crises, aux tensions géopolitiques, à l’inflation ou à la défiance envers les marchés financiers.
Ce que les investisseurs surveillent maintenant
Le marché attend désormais des indications précises dans le compte-rendu de la Fed : la persistance de l’inflation, la solidité de l’économie américaine, le risque d’un ralentissement et l’ampleur des divisions internes au FOMC.
Pour les épargnants européens, la lecture reste prudente. Une Fed ferme peut soutenir le dollar et les rendements américains, deux éléments défavorables à court terme pour l’or en dollars. Mais une nervosité durable sur les marchés peut, à l’inverse, maintenir une demande de protection.
La stabilisation actuelle du métal jaune ne marque donc pas une tendance définitive. Elle traduit surtout une attente. Le prochain signal viendra de Washington, et il pourrait déterminer la direction de l’or pour les prochaines séances.



