Après deux séances de recul, l’or reprend son souffle sur le marché international. Au 1er septembre 2026, le cours du métal précieux s’est stabilisé, dans un contexte dominé par les risques d’inflation liés à la guerre et aux tensions en Iran.
Cette stabilisation intervient après une baisse de deux jours. Le mouvement reflète un équilibre fragile : l’or reste recherché en période d’incertitude géopolitique, mais les craintes inflationnistes modifient aussi les anticipations de politique monétaire, en particulier aux États-Unis.
L’inflation pèse sur les anticipations de taux
Le mécanisme est central pour comprendre la réaction du marché. Lorsque les investisseurs craignent une inflation plus forte, ils anticipent souvent des taux d’intérêt plus élevés. Les taux d’intérêt désignent le coût de l’argent : plus ils montent, plus les placements rémunérés, comme certaines obligations, deviennent attractifs.
Or, l’or ne verse ni coupon ni dividende. Il ne procure pas de revenu régulier. C’est pourquoi une hausse attendue des taux peut peser sur son prix, même lorsque le climat géopolitique soutient la demande de protection.
À l’inverse, l’or conserve son statut de valeur refuge. Ce terme désigne un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital contre les crises, les guerres, les chocs financiers ou la perte de confiance dans les monnaies. Les tensions en Iran ravivent donc simultanément deux forces opposées : la recherche de sécurité, favorable à l’or, et la crainte de taux plus élevés, défavorable au métal jaune.
Les marchés américains restent aussi prudents
Le même équilibre se retrouve sur les marchés actions américains. Les contrats à terme sur indices américains se sont également stabilisés au 1er septembre 2026. Ces contrats, appelés aussi futures, permettent d’acheter ou de vendre un indice boursier à une date future et à un prix fixé à l’avance. Ils servent souvent d’indicateur de l’humeur des investisseurs avant l’ouverture des marchés.
Leur stabilisation traduit une attente prudente. Les investisseurs surveillent à la fois les tensions avec l’Iran et l’évolution de la politique monétaire américaine. Si l’inflation devait s’installer, la Réserve fédérale américaine, la Fed, pourrait être incitée à maintenir ou relever ses taux. La Fed est la banque centrale des États-Unis : ses décisions influencent le dollar, les marchés financiers et, indirectement, le prix de l’or.
Un marché de l’or déjà très volatil en 2026
La pause observée début septembre s’inscrit dans une année particulièrement agitée. Fin août 2026, l’or avait progressé d’environ 7 % en une semaine, porté par plusieurs facteurs : incertitudes commerciales, guerre en Iran, dette américaine élevée et interrogations sur le rôle du dollar.
Le dollar reste la principale devise utilisée dans les échanges internationaux et les réserves des banques centrales. Lorsque sa fonction de devise de dernier recours est questionnée, l’or peut gagner en attrait. L’investisseur Pierre Lassonde a résumé cette idée en indiquant que lorsque le dollar ne joue plus pleinement ce rôle, l’or tend à prendre le dessus comme refuge.
La volatilité avait déjà été forte au premier semestre. L’once d’or avait atteint un record historique à 5 595,42 dollars fin janvier 2026, avant une correction marquée. Une once d’or correspond à une once troy, l’unité de référence du marché international, soit environ 31,1 grammes. En juin, le métal précieux avait connu sa plus forte baisse mensuelle depuis 2008, avec un recul d’environ 12 %, principalement lié aux anticipations de hausses de taux par la Fed et au renforcement du dollar.
Pour les épargnants belges, le signal reste contrasté
Pour un investisseur francophone ou belge, cette phase de stabilisation ne constitue pas à elle seule un signal clair d’achat ou de vente. Elle indique plutôt que le marché cherche un nouveau point d’équilibre après une forte hausse, une correction brutale et un regain d’inquiétude géopolitique.
Les facteurs à suivre restent les mêmes : inflation, taux américains, dollar, achats des banques centrales et évolution du conflit autour de l’Iran. Les banques centrales jouent un rôle important, car leurs achats physiques peuvent soutenir la demande mondiale. Les ETF, ou fonds cotés en Bourse adossés à l’or, sont également surveillés : ils permettent d’investir indirectement dans le métal sans détenir de pièces ni de lingots.
Certains experts, dont Lyudmila Rokotyanskaya de BCS World of Investment et Boris Krasnozhenov d’Alfa-Bank, estimaient en août que l’or pourrait dépasser 5 000 dollars l’once d’ici la fin 2026, notamment en raison des tensions géopolitiques, de l’inflation et de la demande des banques centrales et des ETF, en particulier en Chine.
La stabilisation actuelle ne met donc pas fin à l’incertitude. Elle confirme plutôt que l’or reste au carrefour de deux forces majeures : la peur de l’inflation et la recherche de protection.



