4 181 dollars l’once : l’or au comptant évoluait sans grand changement vendredi 2 octobre à 10 h 34, dans l’attente des statistiques mensuelles sur l’emploi aux États-Unis. Les contrats à terme sur l’or s’échangeaient, eux, à 4 211 dollars l’once.

Cette stabilité intervient après une période de repli. Le métal précieux se dirige vers une deuxième baisse hebdomadaire consécutive, sous l’effet d’un dollar américain plus ferme et de rendements obligataires en hausse.

Les chiffres de l’emploi au centre de l’attention

Les données américaines sur l’emploi sont scrutées car elles peuvent modifier les anticipations de politique monétaire. Une création d’emplois robuste ou une progression marquée des salaires pourrait conforter l’idée de taux d’intérêt durablement élevés aux États-Unis. À l’inverse, un ralentissement du marché du travail pourrait renforcer les attentes d’une politique monétaire moins restrictive.

La Réserve fédérale américaine, ou Fed, fixe ses taux directeurs afin d’agir notamment sur l’inflation et l’activité économique. Ces taux influencent le rendement des obligations et le cours du dollar, deux variables importantes pour l’or.

L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les rendements des bons du Trésor américain augmentent, détenir des obligations rémunérées peut devenir relativement plus attractif que détenir du métal physique. Cette concurrence pèse généralement sur le cours de l’or.

Dollar et rendements limitent le rebond

Le renforcement du dollar américain constitue un autre frein. L’or étant principalement coté en dollars, une hausse de la monnaie américaine rend mécaniquement le métal plus coûteux pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises.

Pour un épargnant belge, le prix affiché en dollars ne suffit donc pas à déterminer le prix d’achat ou de vente. Le taux de change euro-dollar, la prime appliquée par le négociant et le format choisi — lingot, lingotin ou pièce — modifient le montant effectivement payé.

Le marché conserve aussi en mémoire les fortes variations des derniers mois. L’or au comptant était tombé à 4 001,80 dollars l’once le 25 juin, un plus bas de plusieurs mois d’après les données communiquées. Il était ensuite repassé au-dessus de 4 100 dollars à la fin juillet, dans un contexte où la Fed avait maintenu ses taux inchangés.

Une incertitude géopolitique toujours présente

Les tensions au Moyen-Orient continueraient par ailleurs d’entretenir une incertitude de fond sur les marchés. Dans ce type de période, l’or peut bénéficier de son statut de valeur refuge, c’est-à-dire d’actif recherché par certains investisseurs lorsqu’ils veulent réduire leur exposition aux risques financiers ou géopolitiques.

Ce soutien ne neutralise toutefois pas automatiquement l’effet du dollar et des taux. À très court terme, la réaction de l’or dépendra donc largement de l’interprétation des chiffres américains sur l’emploi et de leurs conséquences pour la Fed.

La publication pourrait donner la prochaine direction au métal jaune : vers un rebond si les anticipations de taux se détendent, ou vers une nouvelle pression si le marché anticipe des rendements américains élevés plus longtemps.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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