4 427 dollars l’once. Le cours de l’or recule de 0,39 % ce 1er septembre 2026 et repasse nettement sous le seuil des 4 450 dollars. Le mouvement reste modéré, mais il confirme une pression baissière installée depuis la fin août.
Le métal précieux est pénalisé par deux facteurs principaux : les anticipations d’une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale américaine, la Fed, et l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran près du détroit d’Ormuz. Ce mélange soutient le dollar et entretient la volatilité sur les marchés.
L’or recule sous 4 450 dollars
Le prix observé concerne l’or au comptant, c’est-à-dire le prix pour une livraison immédiate du métal. Il est exprimé en once troy, l’unité internationale utilisée sur les marchés de l’or. Une once troy équivaut à environ 31,1 grammes.
Au 1er septembre, l’once évolue autour de 4 427 dollars. La veille, le cours avait déjà atteint son plus bas niveau depuis près de 14 jours. Pour les investisseurs européens et belges, ce prix en dollars doit aussi être lu avec le taux de change euro-dollar : un dollar plus fort peut rendre l’or plus cher en euros, même lorsque le cours international baisse.
Le signal de marché est clair : l’or perd une partie de son attrait à court terme lorsque les taux américains montent et que le dollar se renforce.
La Fed pèse sur le métal précieux
Les marchés financiers estiment désormais à plus de 60 % la probabilité d’une hausse des taux directeurs de la Fed lors de la réunion des 15 et 16 septembre 2026, d’après l’outil CME FedWatch. Cet outil agrège les anticipations des investisseurs à partir des contrats financiers liés aux taux américains.
Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour orienter le coût du crédit. Quand ils montent, les placements rémunérés, comme les obligations ou certains produits monétaires, deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. C’est ce que les marchés appellent le « coût d’opportunité » : détenir de l’or peut devenir moins intéressant face à un actif qui rapporte un rendement régulier.
La fermeté du discours du président de la Fed, Kevin Warsh, et une inflation américaine toujours élevée renforcent cette lecture. Si la Fed confirme une hausse mi-septembre, une nouvelle jambe de baisse du cours de l’or ne peut pas être écartée.
Le dossier iranien soutient le pétrole et le dollar
L’autre facteur vient du golfe Persique. Fin août, des frappes américaines sur des lanceurs iraniens près du détroit d’Ormuz et des ripostes iraniennes ont fait monter les tensions. Cette zone est stratégique pour l’énergie mondiale, car une part importante du pétrole transporté par voie maritime y transite.
La hausse du pétrole a soutenu le dollar américain. Or l’or est coté en dollars sur les grands marchés internationaux. Quand le billet vert progresse, l’or devient plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises, comme l’euro. Cette mécanique peut réduire la demande et peser sur les prix.
Cette situation est particulière : en période de crise géopolitique, l’or peut normalement être recherché comme valeur refuge. Une valeur refuge est un actif jugé capable de préserver du capital lorsque les marchés deviennent instables. Mais cette fois, la force du dollar et les attentes de hausse des taux dominent l’effet refuge.
Les chiffres de l’emploi américain deviennent décisifs
La semaine s’annonce importante pour la suite du mouvement. Les marchés attendent l’indice manufacturier ISM et les données JOLTS ce 1er septembre. L’ISM mesure l’activité industrielle américaine. JOLTS renseigne sur les offres d’emploi, les embauches et les départs dans les entreprises.
Le rapport officiel sur l’emploi américain d’août, appelé Nonfarm Payrolls, sera publié le 4 septembre. Il mesure les créations d’emplois hors secteur agricole. Ce chiffre est très suivi, car un marché du travail robuste peut encourager la Fed à maintenir une politique monétaire stricte.
Si les statistiques confirment une économie américaine résistante, les anticipations de hausse des taux pourraient se renforcer. Dans ce scénario, l’or resterait vulnérable. À l’inverse, des chiffres décevants pourraient réduire la pression sur les taux et offrir un soutien temporaire au métal jaune.
Un marché encore marqué par de forts écarts en 2026
Le recul actuel intervient après une année déjà très volatile. En juin 2026, l’or a chuté d’environ 12 % sur le mois, sa plus forte baisse mensuelle depuis octobre 2008. La raison principale était déjà la même : anticipation de hausses de taux par la Fed et renforcement du dollar.
À l’inverse, le métal aurait franchi pour la première fois le seuil symbolique de 5 000 dollars l’once le 26 janvier 2026, avec un pic qui aurait atteint 5 093,05 dollars. À la mi-août, le prix aurait aussi bondi de près de 7 % en une semaine, porté par les incertitudes géopolitiques et économiques.
Ces épisodes montrent que le marché de l’or reste très sensible aux taux, au dollar et aux tensions internationales.
Ce que les acheteurs doivent surveiller en septembre
Pour un particulier, la baisse sous 4 450 dollars ne constitue pas à elle seule un signal d’achat ou de vente. Elle indique surtout que le marché entre dans une phase d’attente avant la réunion de la Fed.
Trois éléments seront déterminants : les statistiques américaines de début septembre, l’évolution du dollar face à l’euro et tout nouveau développement militaire autour de l’Iran. En cas de dollar plus fort et de Fed plus restrictive, le risque d’une nouvelle correction resterait élevé.
L’or conserve son rôle d’actif de diversification à long terme, mais son prix de court terme dépend désormais d’un calendrier très serré : emploi américain le 4 septembre, décision de la Fed les 15 et 16 septembre, et évolution du front iranien en toile de fond.


