3 645,50 euros l’once : l’or est repassé mardi matin sous le seuil de 3 650 euros. Le métal précieux perdait 0,72 % sur 24 heures, 4,2 % sur une semaine et 5,2 % sur un mois. La perspective d’une politique monétaire américaine durablement stricte pèse sur un actif qui ne verse ni intérêt ni dividende.
L’once désigne une unité de poids utilisée pour les métaux précieux. Une once troy équivaut à 31,1035 grammes. Malgré le repli récent, le cours de l’or en euros conserve une hausse de 3,7 % sur trois mois.
Des taux américains élevés pénalisent l’or
La Réserve fédérale américaine, ou Fed, a relevé ses taux directeurs de 25 points de base ce mois-ci. Un point de base correspond à 0,01 point de pourcentage : une hausse de 25 points de base équivaut donc à 0,25 point.
Plusieurs responsables de l’institution ont évoqué la possibilité d’un nouveau relèvement avant la fin de 2026. Les marchés évaluent à 70 % la probabilité d’une hausse dès octobre, d’après l’indicateur FedWatch du CME Group. Cette fermeté s’explique par des inquiétudes persistantes sur l’inflation, alimentées notamment par les besoins liés à l’intelligence artificielle et par le conflit au Moyen-Orient.
Lorsque les taux montent, les obligations offrent généralement un rendement plus élevé. L’or physique ne procure pas de coupon, c’est-à-dire de revenu régulier versé à son détenteur. Le coût d’opportunité de détenir de l’or augmente alors, ce qui peut réduire la demande financière pour le métal.
Les rendements des obligations américaines à deux, dix et trente ans auraient atteint des niveaux inédits depuis plusieurs années. Le rendement à trente ans aurait touché un sommet depuis la mi-2004, celui à dix ans depuis la mi-2007. Ces données, si elles se confirment, illustreraient la pression exercée par le marché obligataire sur le cours de l’or.
Un dollar solide, un effet double pour les épargnants européens
Le Dollar Index, qui mesure la devise américaine face à un panier de grandes monnaies, évoluait autour de 101,26 points. L’euro reculait de 0,14 % face au dollar, à 1,1366 dollar.
Un dollar fort rend habituellement l’or, coté principalement en dollars sur les marchés internationaux, plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cela tend à freiner la demande et les cours mondiaux.
Pour un investisseur belge ou de la zone euro, l’effet doit toutefois être nuancé. La baisse de l’euro face au dollar peut amortir une partie du recul de l’or exprimé en dollars. Le prix à surveiller lors d’un achat ou d’une vente en Belgique reste donc bien le cours en euros, auquel s’ajoutent la prime du produit, les frais éventuels et l’écart entre prix d’achat et prix de revente.
La BCE maintient aussi une ligne vigilante
En zone euro, la Banque centrale européenne a également relevé ses taux directeurs de 25 points de base en septembre, portant son taux de dépôt à 2,50 %. La BCE a indiqué qu’elle déciderait réunion après réunion, selon les données disponibles, tout en relevant des risques d’inflation orientés à la hausse, notamment en raison des prix de l’énergie et du contexte géopolitique.
Ce contexte européen contribue à maintenir les taux à un niveau élevé. Le mouvement du jour sur l’or reste néanmoins principalement lié aux anticipations concernant la Fed, aux rendements américains et à la vigueur du dollar.
Le passage sous 3 650 euros ne remet pas à lui seul en cause la progression observée sur trois mois. Il rappelle surtout que l’or peut connaître des corrections rapides lorsque les investisseurs anticipent des taux élevés plus longtemps que prévu. Pour les particuliers, l’évolution des décisions de la Fed, de l’inflation et de l’euro face au dollar constituera le principal point de vigilance dans les prochaines semaines.


