1,5 % de baisse en une séance : l’or a commencé septembre sous pression. Le 1er septembre 2026, le prix de l’or a reculé autour de 4 430 dollars l’once sur les marchés internationaux. L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence pour les métaux précieux, équivalente à environ 31,1 grammes.

Le mouvement touche les marchés mondiaux. Il concerne directement les investisseurs européens et belges, car l’or est coté en dollars. Pour un acheteur en zone euro, l’évolution du taux de change euro-dollar peut donc amplifier ou réduire la variation réelle du prix.

Les taux reprennent le dessus sur l’or

La pression vient d’abord de la remontée des rendements obligataires. Un rendement obligataire correspond au revenu attendu par un investisseur qui achète une obligation, c’est-à-dire un titre de dette émis par un État ou une entreprise.

Quand ces rendements montent, l’or devient moins attractif à court terme. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Les investisseurs comparent donc son potentiel de protection avec le revenu disponible sur les obligations. Plus les taux montent, plus le coût d’opportunité de la détention d’or augmente.

Début septembre, le rendement des obligations japonaises à dix ans a atteint 3 %, un niveau inédit depuis 1996. Ce signal illustre une tendance plus large : les marchés anticipent des conditions de financement plus coûteuses dans plusieurs grandes économies.

La Fed reste au centre des arbitrages

Aux États-Unis, les investisseurs renforcent leurs paris sur une politique monétaire plus restrictive de la Fed. La Fed, ou Réserve fédérale, est la banque centrale américaine. Elle influence le coût du crédit en modifiant ses taux directeurs, c’est-à-dire les taux auxquels les banques se financent à très court terme.

Une politique monétaire restrictive signifie que la banque centrale maintient des taux élevés, ou les relève, afin de freiner l’inflation. Ce contexte pèse souvent sur l’or, surtout lorsque le dollar se renforce et que les rendements réels progressent. Les rendements réels correspondent aux rendements corrigés de l’inflation.

Le marché semble donc arbitrer contre l’or à court terme, malgré son rôle traditionnel de valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché en période d’incertitude, car il est perçu comme plus résistant aux chocs financiers ou géopolitiques.

Le pétrole ajoute une pression inflationniste

Le pétrole contribue aussi au recul du métal jaune. Le Brent, référence européenne du pétrole brut, a dépassé 91 dollars le baril début septembre. Cette hausse est liée aux tensions au Moyen-Orient, après des affrontements récents entre les États-Unis et l’Iran, ainsi qu’à des perturbations dans le détroit d’Ormuz.

Ce détroit est un point de passage stratégique pour le transport mondial de pétrole. Des perturbations du trafic maritime peuvent réduire l’offre disponible et faire monter les prix de l’énergie.

Pour l’or, l’effet est ambigu. Les tensions géopolitiques peuvent soutenir la demande de protection. Mais la hausse du pétrole nourrit aussi les craintes d’inflation, ce qui peut pousser les banques centrales à rester fermes sur les taux. Dans la séance du 1er septembre, ce second effet a dominé.

Les banques centrales soutiennent encore la tendance de fond

La baisse de début septembre ne remet pas forcément en cause les facteurs de soutien à moyen terme. Selon le World Gold Council, les banques centrales ont acheté 289 tonnes d’or net au deuxième trimestre 2026, soit plus de cinq fois le volume acquis au premier trimestre.

Les achats nets correspondent aux achats diminués des ventes. Quand les banques centrales augmentent leurs réserves d’or, elles renforcent la demande structurelle. Cette demande ne dépend pas seulement des mouvements quotidiens des marchés financiers.

Cette dynamique reste un point d’appui pour le métal précieux. Elle traduit une volonté de diversification des réserves officielles, notamment face aux risques de change, de dette et de tensions géopolitiques.

Quelles implications pour les investisseurs ?

À court terme, l’or reste dépendant de trois variables : les rendements obligataires, les anticipations sur la Fed et le prix du pétrole. Une détente des taux pourrait redonner de l’air au métal jaune. À l’inverse, une nouvelle poussée des rendements ou du dollar pourrait prolonger la correction.

Certaines prévisions publiées mi-août évoqueraient un prix de l’or autour de 4 312 dollars début septembre 2026, puis jusqu’à 6 283 dollars au second semestre 2026. Des estimations à très long terme iraient jusqu’à 17 943 dollars en 2037. Ces projections resteraient très incertaines, car elles dépendent de l’inflation, des décisions des banques centrales, du dollar et de la demande mondiale.

Pour un épargnant belge ou francophone, la prudence consiste à distinguer le bruit de marché de la tendance de fond. La séance du 1er septembre rappelle que l’or protège dans la durée, mais peut corriger fortement lorsque les taux et le dollar reprennent l’avantage.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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