Plus de 3 % de hausse pour le pétrole, mais un repli pour l’or : la réaction des marchés peut sembler paradoxale. Ce lundi 13 juillet 2026, le prix de l’or recule sur les marchés financiers mondiaux après des frappes militaires contre l’Iran. Les investisseurs redoutent surtout une nouvelle poussée d’inflation, alimentée par la tension sur l’approvisionnement en pétrole.

L’or est souvent décrit comme une valeur refuge. Cela signifie qu’il est recherché lorsque les marchés deviennent instables, car il ne dépend pas directement de la solvabilité d’un État ou d’une entreprise. Mais cette fois, la crainte d’une inflation plus forte semble dominer l’effet refuge.

L’or baisse malgré le risque géopolitique

Le mouvement concerne le marché de l’or, c’est-à-dire l’ensemble des transactions où s’échangent lingots, pièces et produits financiers liés au métal jaune. La baisse intervient dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, après des frappes contre l’Iran.

Le mécanisme est important pour les épargnants. Une crise géopolitique peut soutenir l’or, car elle pousse certains investisseurs à réduire leur exposition aux actions ou aux devises jugées plus risquées. Mais si cette crise provoque une hausse du pétrole, elle peut aussi relancer l’inflation.

Or, une inflation plus forte peut inciter les banques centrales à maintenir des taux d’intérêt élevés. Pour l’or, c’est un point sensible : le métal ne verse ni coupon ni dividende. Lorsque les obligations ou les dépôts rapportent davantage, le coût d’opportunité de l’or augmente. Ce terme désigne le rendement auquel un investisseur renonce en détenant un actif qui ne produit pas de revenu régulier.

Le pétrole ravive la peur d’une inflation importée

La pression vient aussi du détroit d’Ormuz, passage stratégique entre le golfe Persique et la mer d’Oman. Sa fermeture par l’Iran a fait bondir les prix du pétrole de plus de 3 %.

Ce détroit est crucial pour le commerce mondial de brut. Quand une route énergétique aussi importante est perturbée, les marchés anticipent un risque de pénurie ou de coûts logistiques plus élevés. Résultat : le pétrole monte.

Pour l’Europe, et donc pour la Belgique, l’enjeu est direct. Une hausse durable du pétrole peut se transmettre aux prix des carburants, du chauffage, du transport et de certains biens importés. C’est ce que l’on appelle une inflation importée : la hausse des prix vient de l’extérieur, via l’énergie ou les matières premières.

Les actions subissent aussi la tension

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran pèsent également sur les marchés actions. Les contrats à terme américains ont reculé après les frappes. Un contrat à terme est un produit financier qui permet d’acheter ou de vendre un actif à une date future, à un prix fixé à l’avance. Il sert souvent à anticiper l’ouverture des marchés ou à se couvrir contre un risque.

Les bourses européennes avaient déjà reculé après le regain de tensions entre Washington et Téhéran, dans le sillage de l’annonce par Donald Trump de la fin du cessez-le-feu avec l’Iran. Le pétrole avait alors progressé de plus de 5 %.

Ces mouvements montrent que les investisseurs arbitrent entre plusieurs risques : géopolitique, inflation, taux d’intérêt et ralentissement économique. Dans ce type de séance, l’or ne monte pas automatiquement.

Ce que les épargnants doivent surveiller

Pour un investisseur francophone ou belge, trois indicateurs méritent une attention particulière : le prix du pétrole, les anticipations de taux d’intérêt et le dollar. L’or étant principalement coté en dollars, une variation de la devise américaine peut modifier le prix payé en euros.

Le recul actuel de l’or ne remet donc pas en cause son rôle de protection à long terme, mais il rappelle que son prix peut baisser même en période de crise. À court terme, le métal jaune reste pris entre deux forces : la recherche de sécurité et la crainte d’une inflation qui prolongerait des taux élevés.

La suite dépendra de l’ampleur des tensions autour de l’Iran et de leur impact réel sur l’énergie. Pour l’or, le signal le plus important sera la réaction des banques centrales face à cette nouvelle poussée du risque inflationniste.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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