4 055,50 dollars l’once : l’or au comptant a perdu 0,8 % lundi 29 juin lors des échanges asiatiques. Le recul intervient après de nouveaux échanges de frappes entre les États-Unis et l’Iran pendant le week-end, qui ont fragilisé un cessez-le-feu déjà précaire.
L’or baisse malgré le risque géopolitique
L’or au comptant, c’est-à-dire le prix pour une livraison quasi immédiate du métal, a reculé à 4 055,50 dollars l’once. Une once troy, l’unité de référence internationale pour l’or, équivaut à environ 31,1 grammes.
Les contrats à terme sur l’or ont aussi baissé de 0,7 %, à 4 069,25 dollars l’once. Ces contrats permettent d’acheter ou de vendre de l’or à une date future, à un prix fixé à l’avance.
Le mouvement peut surprendre. En période de crise militaire, l’or est souvent recherché comme valeur refuge, c’est-à-dire un actif perçu comme plus résistant lorsque les marchés doutent. Mais cette fois, les investisseurs semblent avoir davantage réagi au risque d’inflation et au maintien de taux d’intérêt élevés.
Washington et Téhéran fragilisent le cessez-le-feu
Qui ? Les États-Unis et l’Iran. Quoi ? De nouveaux échanges de frappes. Où ? Le choc s’est répercuté sur les marchés asiatiques, avec une portée mondiale pour les matières premières. Quand ? Le week-end précédant la séance du 29 juin 2026.
Comment ? Les deux pays ont échangé des frappes, alors qu’un cessez-le-feu restait fragile. Un rapport a aussi indiqué que les deux parties avaient accepté de cesser les attaques et de se réunir pour des négociations. Cette perspective n’a toutefois pas suffi à soutenir le métal précieux.
Pourquoi l’or recule-t-il alors que le risque militaire augmente ? Le marché redoute que les tensions au Moyen-Orient alimentent les prix de l’énergie, donc l’inflation. Une inflation élevée pousse les banques centrales, en particulier la Réserve fédérale américaine, à maintenir des taux d’intérêt plus élevés.
Les taux élevés pénalisent le métal jaune
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les obligations d’État offrent des rendements plus attractifs, le coût d’opportunité de l’or augmente. Ce terme désigne ce à quoi un investisseur renonce en immobilisant son capital dans un actif plutôt qu’un autre.
Dans ce contexte, certains investisseurs préfèrent des placements rémunérateurs, comme les obligations, plutôt que le métal jaune. Cela pèse sur les cours, même lorsque l’environnement géopolitique reste tendu.
Le 10 juin, l’or avait déjà chuté à 4 166,77 dollars l’once à Londres, en baisse de 2,2 %, après des frappes américaines visant des infrastructures iraniennes près du détroit d’Ormuz et des ripostes iraniennes par missiles. Ce passage maritime est stratégique pour le pétrole mondial. Une perturbation durable pourrait renchérir l’énergie et raviver les craintes d’inflation.
Un signal à surveiller pour les investisseurs européens
Pour les épargnants belges et européens, la baisse du cours en dollars ne dit pas tout. Le prix réel d’un achat d’or dépend aussi du taux de change entre l’euro et le dollar, des primes appliquées sur les pièces ou lingots, ainsi que des frais de transaction.
Le marché resterait aussi traversé par des forces opposées : demande des banques centrales, recherche de protection contre les crises, mais aussi prises de bénéfices et pression des taux. Cette combinaison entretient une forte volatilité, c’est-à-dire des variations rapides et parfois amples des prix.
La séance du 29 juin rappelle une règle simple : l’or ne monte pas automatiquement en période de crise. Son prix dépend aussi de l’inflation, des taux d’intérêt, du dollar et des anticipations des investisseurs. Dans les prochains jours, l’évolution du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran et les signaux des banques centrales seront déterminants.



