4 650 dollars l’once : ce seuil concentre l’attention des investisseurs en or depuis le recul du métal jaune le 26 août. Après un sommet de plus de trois mois autour de 4 670 dollars la veille, l’or est revenu près de 4 650 dollars l’once, sous l’effet d’un dollar américain plus solide et d’attentes très fortes autour de la politique monétaire américaine.
L’once désigne ici l’once troy, l’unité internationale utilisée pour coter l’or physique et financier. Elle correspond à environ 31,1 grammes. Pour les épargnants européens, cette cotation en dollars reste centrale : un dollar plus fort peut renchérir l’or en euros, mais il pèse souvent sur le prix international du métal.
L’inflation PCE ressort au-dessus des attentes
L’indice PCE américain de juillet 2026 a été publié à +3,7 % sur un an, contre une attente de 3,6 %. Le PCE, ou indice des prix des dépenses de consommation personnelle, mesure l’évolution des prix payés par les ménages aux États-Unis. Il est particulièrement suivi par la Réserve fédérale américaine, car il sert de référence pour évaluer l’inflation.
Cette progression reste alimentée notamment par les coûts de l’énergie. Pour les marchés, le signal est important : une inflation plus résistante peut inciter la Fed à maintenir une politique monétaire prudente.
La politique monétaire désigne les décisions prises par une banque centrale sur les taux d’intérêt et la quantité de monnaie en circulation. Quand les taux restent élevés, les placements rémunérés, comme certaines obligations, deviennent plus attractifs face à l’or. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende : c’est ce que les investisseurs appellent son coût d’opportunité.
Le dollar pèse sur le métal jaune
Le recul de l’or s’explique d’abord par le raffermissement du dollar. Comme l’or est coté en dollars, une devise américaine plus forte rend le métal plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies. Cela peut réduire la demande à court terme.
La baisse reste toutefois limitée. Le marché conserve une tendance technique favorable tant que l’or évolue au-dessus de 4 500 dollars. Une tendance technique désigne l’orientation observée sur les graphiques de prix, indépendamment des fondamentaux économiques.
Jackson Hole devient le prochain rendez-vous clé
Le prochain catalyseur attendu est le discours de Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale, prévu vendredi 28 août au symposium de Jackson Hole, dans le Wyoming. Cet événement réunit chaque année banquiers centraux, économistes et responsables financiers.
Les marchés chercheront dans cette intervention des indices sur la trajectoire des taux d’intérêt américains. Le FOMC, le comité de la Fed chargé de fixer ces taux, se réunira les 15 et 16 septembre 2026. Les investisseurs s’attendraient majoritairement à un statu quo, c’est-à-dire à une absence de changement des taux, en raison d’une économie américaine jugée encore incertaine.
Les rachats obligataires soutiennent l’arrière-plan de l’or
Un autre élément attire l’attention : le Trésor américain prévoit de doubler ses rachats d’obligations d’État à long terme à partir de septembre, avec un plafond par opération porté de 2 à au moins 4 milliards de dollars.
Une obligation d’État est un titre de dette émis par un gouvernement. Son rendement correspond au revenu attendu par l’investisseur. Lorsque les autorités rachètent davantage d’obligations, cela peut faire baisser les rendements. Des rendements plus faibles réduisent le coût d’opportunité de l’or et peuvent donc soutenir le métal précieux.
L’énergie et la géopolitique restent en toile de fond
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran autour du détroit d’Ormuz ajoutent une source d’incertitude. Les sanctions américaines contre Téhéran ont été élargies, tandis que l’Iran menace de bloquer ce passage stratégique. Des discussions impliquant Oman sont en cours pour préserver la circulation maritime.
Le détroit d’Ormuz est crucial pour le transport mondial de pétrole. Toute tension sur cette zone peut faire monter les prix de l’énergie, donc raviver l’inflation. Pour l’or, l’effet est double : l’inflation peut soutenir la demande de protection, mais une Fed plus restrictive peut freiner le prix du métal.
À court terme, l’or reste donc pris entre deux forces : la pression d’un dollar ferme et l’espoir de taux moins pénalisants. La prise de parole de Kevin Warsh à Jackson Hole devrait donner la prochaine direction au marché.



