118,16 euros le gramme : l’or a perdu 0,4 % mardi 6 octobre au matin. À 7 h 51, l’once — l’unité internationale qui représente 31,103 grammes — valait 3 675,06 euros. Sur un mois, le repli atteint 3,7 %.
Cette baisse intervient dans un contexte de dollar américain solide. Le Dollar Index, indicateur qui mesure le billet vert face à un panier de grandes devises, s’établissait à 102,21 points, en hausse de 0,11 % sur 24 heures. Pour les acheteurs qui utilisent l’euro ou d’autres monnaies, un dollar plus cher renchérit mécaniquement l’or coté en dollars et peut freiner la demande.
Le dollar concurrence le rôle défensif de l’or
L’or est traditionnellement recherché comme actif refuge lors des périodes d’incertitude économique, financière ou géopolitique. Mais le dollar peut lui aussi remplir ce rôle. Lorsque la devise américaine se renforce, une part des capitaux en quête de sécurité peut se diriger vers elle plutôt que vers le métal jaune.
Les tensions sur la dette souveraine française et la dégradation budgétaire du pays soutiendraient ce mouvement en faveur du dollar. Cette relation reste toutefois à interpréter avec prudence : les marchés réagissent simultanément aux perspectives économiques, aux taux d’intérêt et à l’évolution des risques politiques.
Les tensions persistantes au Moyen-Orient ne semblent pas, à ce stade, suffire à inverser la tendance. Elles pourraient soutenir ponctuellement la demande d’or, mais cet effet serait neutralisé par la fermeté du billet vert.
Des taux élevés augmentent le coût d’opportunité
Le niveau des rendements obligataires constitue un second frein pour le métal précieux. L’obligation assimilable du Trésor français à dix ans, référence de la dette française, affiche un rendement proche de 4 %. Dans le même temps, le taux directeur de la Banque centrale européenne était de 2,65 % au 16 septembre, et sa facilité de dépôt de 2,5 %.
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Détenir du métal plutôt qu’une obligation ou qu’un placement rémunéré implique donc un coût d’opportunité : le rendement auquel l’épargnant renonce. Des taux durablement élevés tendent ainsi à peser sur l’attrait de l’or, toutes choses égales par ailleurs.
L’argent baisse plus fortement
L’argent reculait davantage que l’or, à 1,736 euro le gramme. Son cours perdait 0,8 % depuis la clôture précédente et 5,3 % sur un mois.
Le ratio or/argent atteignait 68,1, contre 66,9 un mois plus tôt. Ce ratio indique combien de grammes d’argent sont nécessaires pour acheter un gramme d’or. Sa hausse signifie que l’argent sous-performe l’or. Le métal gris est en effet à la fois un métal précieux et un métal industriel, ce qui le rend sensible aux anticipations sur l’activité économique.
Une cotation du lingot d’un kilogramme à 120 990 euros au 5 octobre, en hausse de 3,1 % sur la dernière séance selon BDOR, suggérerait un décalage temporaire avec le cours spot, c’est-à-dire le prix de référence du métal pour une livraison immédiate. Pour un particulier, le prix final dépend aussi de la prime, des frais et de l’état du produit.
Le recul du jour rappelle qu’un achat d’or se raisonne d’abord sur une durée longue, en tenant compte du prix en euros, de la prime et de la diversification recherchée, plutôt qu’à partir des seules variations quotidiennes.



