L’once d’or s’échangeait à 3 709,7 euros le 14 octobre, après un recul de 0,96 % sur 24 heures et de 1 % sur une semaine. Ce mouvement efface une partie de la hausse de 1,6 % enregistrée la semaine précédente.

L’once troy est l’unité de référence du marché de l’or : elle équivaut à 31,1035 grammes. Pour un particulier belge qui suit la valeur de ses pièces ou lingots, ce cours constitue donc un repère, sans correspondre exactement au prix d’achat ou de revente. Les professionnels ajoutent en effet une prime, des frais et une marge selon le produit.

Les obligations concurrencent l’or

Le repli observé entre lundi et mercredi, estimé à 0,8 %, s’expliquerait principalement par le niveau élevé des taux d’intérêt. L’or ne procure aucun revenu régulier : il ne verse ni coupon, comme une obligation, ni dividende, comme une action. Il peut donc perdre une partie de son attrait lorsque les placements rémunérés offrent des rendements plus élevés.

Le rendement de l’obligation française à dix ans, dite OAT 10 ans, s’établirait à 4,44 %. Dans la zone euro, le taux directeur de la Banque centrale européenne atteindrait 2,65 %, tandis que sa facilité de dépôt serait à 2,5 %. Ces niveaux rendraient les actifs rémunérés plus compétitifs à court terme face au métal jaune.

Le dollar et le Moyen-Orient apporteraient un soutien limité

Le dollar aurait légèrement reculé, avec un Dollar Index à 102,12 points, en baisse de 0,09 % sur une journée. L’euro se serait parallèlement raffermi autour de 1,1218 dollar. Un billet vert plus faible soutient généralement l’or, car le métal est principalement coté en dollars sur les marchés internationaux.

Cet effet n’aurait toutefois pas suffi à enrayer la baisse hebdomadaire. Les tensions au Moyen-Orient entretiendraient également une demande d’actifs refuges, c’est-à-dire des placements recherchés en période d’incertitude. Elles soutiendraient partiellement les cours, sans neutraliser la pression des taux.

Les données américaines restent déterminantes

Les marchés surveilleraient désormais les chiffres américains d’inflation, notamment les indices des prix à la consommation et à la production, ainsi qu’une intervention du président de la Réserve fédérale américaine. Une inflation plus persistante que prévu pourrait renforcer les anticipations de taux durablement élevés aux États-Unis.

Pour l’or, l’enjeu est direct : des rendements plus élevés augmentent le coût d’opportunité de détenir un actif sans rendement. La baisse vers 3 709,7 euros l’once illustre ainsi une correction de court terme, dans un marché toujours très sensible aux décisions des banques centrales et aux tensions géopolitiques.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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