1,3 % en une séance : le rebond de l’or au comptant le 22 juillet a replacé le métal jaune sur un plus haut de deux semaines, à 4 129,43 dollars l’once. À la fin de la semaine du 24 juillet 2026, l’or se dirige ainsi vers sa première progression hebdomadaire après trois semaines de baisse.
Le mouvement concerne les marchés mondiaux. Il est alimenté par un retour des acheteurs, mais aussi par un facteur bien connu des investisseurs en métaux précieux : la crainte d’une inflation plus persistante. La hausse des prix du pétrole, elle-même liée aux tensions sur certaines routes maritimes au Moyen-Orient, a ravivé l’intérêt pour l’or.
Pour les épargnants européens et belges, ce rebond ne constitue pas à lui seul un signal d’achat ou de vente. Il marque surtout un changement de perception : après plusieurs semaines de recul, les investisseurs réévaluent le rôle de l’or comme protection potentielle contre l’inflation et l’incertitude.
L’or inverse provisoirement la tendance
L’information principale est simple : l’or est en passe de signer sa première hausse hebdomadaire en trois semaines. Autrement dit, le cours du métal jaune devrait clôturer la semaine au-dessus de son niveau de début de semaine, après une séquence récente de baisse.
Le 22 juillet, l’or au comptant a progressé de 1,3 %, à 4 129,43 dollars l’once. L’or au comptant désigne le prix pour une livraison immédiate, par opposition aux contrats à terme, qui portent sur une livraison à une date future. L’once utilisée sur le marché de l’or est l’once troy, soit environ 31,1 grammes.
Cette progression a porté le métal à son plus haut niveau depuis le 7 juillet. Le rebond est donc notable, même s’il reste à replacer dans une tendance plus large : trois semaines de recul l’avaient précédé.
Le pétrole ravive le risque d’inflation
La principale cause du mouvement vient de l’énergie. Les prix du pétrole ont progressé dans un contexte de tensions géopolitiques autour de la mer Rouge et du Golfe d’Aden. Des avertissements des Houthis au Yémen ont nourri les craintes de perturbations sur certaines routes maritimes utilisées pour le transport de pétrole brut.
Des pétroliers transportant du brut saoudien vers l’Asie ont fait demi-tour après ces avertissements. Pour les marchés, ce type d’événement peut peser sur l’offre disponible ou sur les coûts de transport. Même sans rupture majeure d’approvisionnement, il suffit parfois d’un risque perçu pour faire monter les prix de l’énergie.
Or, une hausse du pétrole peut se transmettre à l’économie par les carburants, le transport, la production industrielle et certains biens de consommation. C’est pourquoi les investisseurs l’associent souvent à une possible accélération de l’inflation.
Pourquoi l’inflation soutient parfois l’or
L’or est souvent présenté comme une valeur refuge. Ce terme signifie qu’il est recherché lorsque les investisseurs veulent réduire leur exposition aux actifs jugés plus risqués, comme certaines actions ou obligations d’entreprises. Il ne garantit pas une hausse du prix de l’or, mais il explique pourquoi la demande peut augmenter en période d’incertitude.
Le lien avec l’inflation est également central. L’or ne verse pas d’intérêt, contrairement à une obligation ou à un compte rémunéré. Mais il est perçu comme un actif réel, disponible en quantité limitée, qui peut conserver une partie de sa valeur lorsque le pouvoir d’achat des monnaies est sous pression.
Cette logique reste toutefois nuancée. Si l’inflation pousse les banques centrales à relever leurs taux d’intérêt, l’or peut être pénalisé. Des taux plus élevés augmentent le rendement des placements concurrents et peuvent soutenir le dollar, devise dans laquelle l’or est coté sur les marchés internationaux.
La Fed reste au centre du jeu
La Réserve fédérale américaine, ou Fed, doit tenir sa réunion de politique monétaire les 28 et 29 juillet 2026. Les marchés anticipent un maintien des taux directeurs, mais le risque d’une hausse ultérieure est davantage pris au sérieux dans un contexte de prix de l’énergie plus élevés.
Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour influencer le coût du crédit dans l’économie. Lorsqu’ils montent, emprunter devient généralement plus cher. Pour l’or, l’enjeu principal se situe dans les taux réels, c’est-à-dire les taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Des taux réels élevés réduisent souvent l’attrait du métal jaune, car il ne produit pas de revenu.
Le dollar joue aussi un rôle important. Comme l’or est coté en dollars, un billet vert plus fort peut rendre l’or plus coûteux pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises. À l’inverse, un dollar plus faible peut soutenir la demande internationale.
Ce que doivent surveiller les investisseurs en Belgique
Pour un investisseur belge ou francophone, le prix affiché en dollars n’est qu’une partie de l’équation. Le cours en euros dépend aussi du taux de change euro-dollar. Une hausse de l’or en dollars peut être amplifiée ou réduite selon l’évolution de la devise européenne.
Les prochains éléments à suivre sont donc clairs : l’évolution du pétrole, la situation maritime au Moyen-Orient, le ton de la Fed et la réaction du dollar. Ces facteurs détermineront si le rebond de cette semaine traduit une simple respiration après trois semaines de baisse ou le début d’une tendance plus durable.
Le signal de la semaine est moins une envolée qu’un changement d’équilibre : l’or retrouve des acheteurs lorsque l’inflation, l’énergie et la géopolitique reviennent au premier plan.



