4 754 dollars l’once : l’or serait revenu le 25 août 2026 à son plus haut niveau depuis plus de trois mois. Selon des données de marché reprises par Investing.com, le métal jaune prolongerait ainsi un rebond amorcé à la mi-août. Le seuil symbolique des 5 000 dollars l’once reviendrait dans les radars, même si le cours resterait encore à environ 15,5 % de son record de janvier 2026, établi autour de 5 626,80 dollars.

L’or rebondirait après une correction estivale

L’information principale tient en un chiffre : 4 754 dollars l’once au 25 août 2026. L’once désigne ici l’once troy, l’unité internationale utilisée pour coter l’or, soit environ 31,1 grammes.

Ce niveau marquerait un plus haut depuis le 12 mai 2026. Il confirmerait aussi une reprise progressive après une phase de correction. D’autres relevés de marché, comme ceux de LiteFinance, affichaient toutefois un prix proche de 4 640 dollars l’once au même moment. Cet écart rappelle une règle simple : le cours exact dépend de l’heure de cotation, du fournisseur de données et du marché utilisé comme référence.

Pour un investisseur belge ou européen, un autre paramètre compte : le prix de l’or est coté en dollars. Une hausse en dollars ne se traduit pas toujours à l’identique en euros. Le taux de change euro-dollar peut amplifier ou réduire la performance réelle.

Pourquoi le métal jaune reprendrait de la hauteur

Plusieurs facteurs macroéconomiques expliqueraient ce rebond.

Le Trésor américain aurait doublé certaines opérations de rachat de dette longue. Ces opérations consistent, pour l’État américain, à racheter une partie de ses obligations déjà émises. Une obligation est un titre de dette : l’investisseur prête de l’argent et reçoit des intérêts. Quand les rendements obligataires reculent, ces intérêts deviennent moins attractifs.

Ce mouvement soutient souvent l’or. Le métal jaune ne verse pas d’intérêt. Son principal désavantage diminue donc lorsque les rendements des obligations baissent. C’est ce que les analystes appellent le coût d’opportunité : le gain auquel l’investisseur renonce en choisissant un actif plutôt qu’un autre.

Autre soutien possible : l’affaiblissement du dollar. Quand la devise américaine baisse, l’or devient moins cher pour les acheteurs qui disposent d’euros, de francs suisses ou d’autres monnaies. Cela peut stimuler la demande mondiale.

Enfin, le marché anticiperait une politique monétaire plus souple de la Réserve fédérale américaine, la Fed. La Fed est la banque centrale des États-Unis. Si elle baisse ses taux directeurs, le crédit devient moins cher et les rendements réels peuvent reculer. Les taux réels sont les taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Ils sont particulièrement suivis pour l’or.

Le seuil des 5 000 dollars redeviendrait crédible

UBS estimerait que le prix de l’or pourrait atteindre 5 000 dollars l’once au premier semestre 2027. La banque suisse mettrait en avant trois moteurs : la baisse attendue des taux réels, un dollar plus faible et des achats élevés des banques centrales.

Les banques centrales détiennent de l’or dans leurs réserves. Elles l’utilisent comme actif de diversification, c’est-à-dire comme moyen de ne pas dépendre uniquement du dollar, de l’euro ou des obligations souveraines. Ces achats institutionnels peuvent soutenir les cours sur la durée, car les volumes concernés sont importants.

Des prévisions plus offensives évoqueraient même des niveaux supérieurs à moyen terme, mais ces projections doivent être lues avec prudence. Les modèles de prévision reposent sur des hypothèses. Un changement de politique monétaire, une remontée du dollar ou un regain d’inflation pourrait modifier rapidement le scénario.

Huit actions concrètes pour profiter du mouvement sans se précipiter

Le rebond de l’or peut donner envie d’acheter vite. La prudence reste pourtant essentielle. Voici huit actions concrètes à envisager avant toute décision.

1. Vérifier le prix en euros, pas seulement en dollars. Pour un épargnant belge, le prix en euros par once ou par gramme est le repère le plus utile. Le change EUR/USD peut changer la performance finale.

2. Comparer le spot et le prix réel payé. Le prix spot est le prix de marché immédiat de l’or. Lors d’un achat de pièces ou de lingots, l’acheteur paie souvent une prime. Cette prime couvre la fabrication, la distribution et la marge du vendeur.

3. Définir l’objectif : protection ou spéculation. L’or physique sert souvent à préserver du capital sur le long terme. Les produits boursiers, eux, peuvent être plus adaptés à une stratégie de court terme, mais ils exposent à d’autres risques.

4. Fractionner les achats. Acheter en plusieurs fois réduit le risque d’entrer au plus mauvais moment. Cette méthode permet de lisser le prix d’achat.

5. Surveiller les taux réels américains. Si les taux réels baissent, l’or pourrait rester soutenu. S’ils remontent, la pression pourrait revenir.

6. Suivre les achats des banques centrales. Une demande institutionnelle élevée peut renforcer la tendance, mais son ralentissement serait un signal à surveiller.

7. Examiner les actions aurifères avec prudence. Investing.com aurait identifié plusieurs actions américaines du secteur aurifère, dont six répondraient à des critères comme une capitalisation supérieure à 500 millions de dollars et un potentiel haussier supérieur à 10 %. Une action aurifère est une part d’entreprise active dans l’extraction ou la production d’or. Elle peut monter plus vite que l’or, mais aussi baisser davantage.

8. Tenir compte des frais, de la conservation et de la fiscalité. En Belgique, l’or d’investissement physique bénéficie généralement d’un traitement distinct des bijoux ou objets de collection. Les frais de garde, d’assurance, d’achat et de revente doivent être intégrés au calcul.

Les actions minières ne sont pas de l’or physique

Le regain d’intérêt pour les valeurs aurifères paraît logique lorsque le prix de l’or monte. Mais une société minière n’est pas un lingot.

Sa valeur dépend du cours de l’or, mais aussi de ses coûts d’extraction, de sa dette, de ses réserves, de sa gestion, de son pays d’implantation et de ses risques opérationnels. Une capitalisation boursière supérieure à 500 millions de dollars signifie que la valeur totale estimée de l’entreprise en Bourse dépasse ce seuil. Ce critère peut réduire le risque de liquidité, sans l’éliminer.

La juste valeur est une estimation du prix théorique d’une action selon un modèle financier. Le consensus des analystes désigne la moyenne ou la synthèse des avis publiés par des analystes financiers. Ces indicateurs sont utiles, mais ils ne garantissent pas une performance future.

Le signal reste positif, mais le risque n’a pas disparu

L’or bénéficierait actuellement d’un alignement favorable : rendements plus bas, dollar affaibli, inflation perçue comme plus contenue et anticipation d’une Fed moins restrictive. La variation annuelle resterait nettement positive, autour de 21 % selon certaines données de marché.

Mais le record de janvier 2026 reste loin. Une rechute du métal jaune reste possible si le dollar se renforce, si les rendements obligataires remontent ou si la Fed retarde son assouplissement.

Le seuil des 5 000 dollars n’est donc pas un acquis. Il redevient un scénario crédible. Pour l’investisseur, l’enjeu n’est pas de courir après le cours, mais de choisir le bon support, le bon horizon et le bon prix d’entrée.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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