La hausse de l’or aurait franchi des seuils importants, mais son moteur principal resterait fragile : la spéculation. Dans une note datée du 25 août 2026 et relayée par Investing.com, Citi estimerait que le récent rallye du métal jaune dépend désormais largement du discours de Kevin Warsh à la réunion de Jackson Hole, aux États-Unis.
Citi voit un marché dominé par les flux spéculatifs
Selon cette analyse, l’or aurait dépassé plusieurs résistances techniques. Une résistance est un niveau de prix où les vendeurs ont souvent tendance à reprendre la main. Lorsqu’elle est franchie, certains investisseurs y voient un signal d’achat.
Mais Citi considérerait que cette percée n’est pas encore solidement ancrée dans la demande physique. Elle serait surtout alimentée par les marchés à terme, aussi appelés futures. Ces contrats permettent d’acheter ou de vendre de l’or à une date future, souvent sans livraison réelle du métal. Ils sont très utilisés par les fonds pour spéculer sur la direction des prix.
Les données de la Commodity Futures Trading Commission confirment que les positions nettes longues des fonds gérés sur l’or sont proches de leurs sommets de 2026. Une position longue signifie qu’un investisseur parie sur une hausse du cours. Ces niveaux restent toutefois inférieurs aux pics observés en 2024 et 2025.
Jackson Hole devient un risque binaire pour l’or
Le rendez-vous clé est désormais Jackson Hole, symposium annuel très suivi par les marchés financiers. Les banquiers centraux y donnent souvent des indications sur l’orientation future des taux d’intérêt.
Citi décrirait l’événement comme un risque binaire : deux scénarios opposés pourraient dominer. Un ton restrictif de Kevin Warsh, c’est-à-dire favorable à des taux élevés ou à une politique monétaire prudente, pourrait stopper le rallye. À l’inverse, une surprise accommodante, laissant envisager une baisse des taux ou un assouplissement monétaire, serait très favorable à l’or.
Pourquoi ? L’or ne verse pas d’intérêt. Quand les taux baissent, le coût d’opportunité de sa détention diminue. Il devient alors plus attractif face aux obligations ou aux placements monétaires.
Le dollar faible et les taux soutiennent le métal jaune
Le contexte américain a déjà favorisé l’or en août. Le Trésor américain a annoncé une augmentation des rachats d’obligations à long terme. Cette décision a contribué à affaiblir le dollar et à faire reculer les taux d’intérêt.
Un dollar plus faible soutient généralement l’or, car le métal est coté en dollars sur les marchés internationaux. Pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises, un billet vert moins cher rend l’once plus accessible.
Techniquement, l’or s’est consolidé autour de sa moyenne mobile à 100 jours, proche de 4.380 dollars l’once, avant de s’envoler début août. Une moyenne mobile est un prix moyen calculé sur une période donnée. Elle sert à lisser les variations quotidiennes et à identifier une tendance.
La demande physique reste le point faible
Le principal doute porte sur la solidité du mouvement. En Chine, la demande de détail resterait faible malgré la hausse des prix. Les investisseurs locaux privilégieraient des stratégies de trading en range, qui consistent à acheter près d’un plancher et vendre près d’un plafond, plutôt qu’à suivre une tendance durable.
En Inde, les primes d’or resteraient négatives. Une prime correspond à l’écart entre le prix local et le prix international. Une prime négative signale souvent une demande locale insuffisante ou un excès d’offre.
Cette faiblesse de la demande physique contraste avec les achats des banques centrales. En juillet 2026, la Banque populaire de Chine a acheté 20 tonnes d’or, son plus gros achat mensuel depuis 2023. Pékin a aussi réduit ses avoirs en bons du Trésor américain à 633 milliards de dollars en juin, un plus bas en 18 ans.
Un signal à surveiller pour les épargnants européens
Pour les investisseurs belges et francophones, le message est clair : la tendance de fond reste soutenue par la diversification hors dollar, mais le court terme dépend fortement des banques centrales.
Si Jackson Hole confirme une politique monétaire moins dure, l’or pourrait prolonger sa progression. Si le discours se montre plus ferme, une correction rapide resterait possible, surtout après une hausse portée par les futures.
La percée de l’or n’est donc pas seulement une question de prix : elle dépend désormais de la crédibilité du rallye et du signal envoyé par la politique monétaire américaine.



