L’once d’or s’échangeait à 3 682,23 euros mercredi à 8h18, en baisse de 0,4 % sur vingt-quatre heures et de 0,5 % depuis l’ouverture de la séance. En dollars, le métal a touché le 6 octobre un niveau inédit depuis deux mois.
Le mouvement s’explique d’abord par la remontée du billet vert. L’or est principalement coté en dollars : lorsque la monnaie américaine s’apprécie, le métal devient plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cette relation mécanique peut réduire la demande et peser sur le cours.
Les taux américains au centre de l’attention
Les marchés attendent les minutes de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Ce document doit détailler les débats des responsables monétaires et donner des indications sur la trajectoire des taux directeurs.
Les statistiques récentes suggéreraient une modération de l’inflation et un ralentissement de l’emploi aux États-Unis. Toutefois, les opérateurs anticiperaient encore un resserrement monétaire en décembre. L’outil FedWatch du CME Group évaluerait à environ 85 % la probabilité d’une hausse des taux à cette échéance.
Des taux plus élevés soutiennent généralement le dollar et les rendements obligataires. Ils augmentent aussi le coût d’opportunité de l’or : contrairement à une obligation ou à un compte rémunéré, le métal physique ne verse ni intérêt ni coupon. Un coupon est le revenu périodique payé par une obligation.
Une hausse hebdomadaire presque effacée
La baisse ralentit nettement la progression récente de l’or. Sa variation hebdomadaire glissante reste positive, à +0,2 %, mais elle avait atteint +1,6 % la semaine précédente.
Ce repli peut donc s’apparenter, à ce stade, à une correction de court terme. Une correction désigne une baisse intervenant après une hausse, sans signifier nécessairement un retournement durable de la tendance. Les prochaines indications de la Fed, l’évolution du dollar et des rendements américains seront déterminantes pour confirmer ou non ce scénario.
Les achats chinois ne suffisent pas à soutenir le cours
La banque centrale chinoise aurait prolongé ses achats d’or pour un vingt-troisième mois consécutif. Cette demande officielle constitue un signal de soutien structurel pour le métal, dans une logique de diversification des réserves de change. Elle n’aurait cependant pas compensé, à court terme, l’effet du dollar fort et des rendements élevés.
Les tensions signalées autour de la mer Rouge, de Bab al-Mandeb et du détroit d’Ormuz contribueraient par ailleurs à soutenir les prix de l’énergie. Le risque d’une inflation importée pourrait maintenir les rendements obligataires américains à des niveaux élevés, ce qui reste défavorable à l’or à brève échéance.
Pour les épargnants belges et européens, le prix en euros mérite une attention particulière : la devise constitue une seconde variable, avec le cours mondial en dollars. Malgré le recul du jour, l’évolution de l’euro face au dollar peut amortir ou accentuer la variation réellement observée lors d’un achat ou d’une vente.
La publication des minutes de la Fed pourrait ainsi donner la prochaine impulsion au marché de l’or : un ton plus ferme soutiendrait vraisemblablement le dollar, tandis qu’un signal plus conciliant pourrait offrir un répit au métal jaune.



