Plus de 4 100 dollars l’once : le cours de l’or évolue ce 22 juillet près d’un pic de deux semaines, dans un marché suspendu aux signaux diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran.

L’or se maintient sous un sommet récent, soutenu par l’espoir d’une reprise du dialogue entre Washington et Téhéran. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a confirmé que les États-Unis restaient ouverts à des discussions. Côté iranien, le ministre de l’Intérieur Eskandar Momeni a sollicité une médiation du Pakistan.

Pour les investisseurs européens et belges, l’enjeu est double. Le prix de l’or est fixé principalement en dollars sur les marchés internationaux. Une once d’or correspond à environ 31,1 grammes. Quand le dollar ralentit sa hausse, l’or peut devenir relativement moins cher pour les acheteurs utilisant l’euro, ce qui peut soutenir la demande.

L’or profite d’un mélange de peur et d’espoir

La situation reste paradoxale. L’espoir diplomatique apporte un soutien au cours de l’or, car il pourrait limiter une flambée durable du dollar et des prix de l’énergie. Mais l’escalade militaire entretient aussi la demande pour l’or comme valeur refuge.

Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les marchés craignent une crise, une guerre ou une forte inflation. L’or joue souvent ce rôle, car il ne dépend pas directement d’un État émetteur, contrairement à une monnaie.

Entre le 19 et le 22 juillet, l’armée américaine a poursuivi ses frappes contre des sites iraniens, notamment des hangars et stocks de drones. Donald Trump a menacé d’intensifier les opérations en cas de reconstruction du programme nucléaire iranien. L’Iran a, de son côté, multiplié les attaques contre des installations militaires américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie, ainsi que contre deux pétroliers dans le détroit d’Ormuz.

Le détroit d’Ormuz reste le point sensible

Le détroit d’Ormuz concentre l’attention des marchés. Ce passage maritime est une artère majeure pour les exportations de pétrole du Golfe. Toute menace sur cette zone peut provoquer une hausse du brut, donc alimenter les craintes d’inflation.

Le baril a atteint son plus haut niveau depuis le 12 juin, avec un pic nocturne à 91 dollars début juillet. Cette progression s’explique par les menaces sur les routes pétrolières et par une offre réduite, alors que la demande reste stable.

Pour l’or, cette situation agit en deux temps. Une hausse du pétrole peut nourrir l’inflation, ce qui renforce l’intérêt pour le métal jaune comme protection du pouvoir d’achat. Mais une inflation persistante peut aussi pousser les banques centrales à relever leurs taux, ce qui pèse parfois sur l’or.

Une trêve de 10 jours resterait à confirmer

Sur le plan diplomatique, une proposition de cessez-le-feu de 10 jours aurait été transmise à Téhéran par des médiateurs. Elle viserait à renouer le dialogue après l’effondrement d’un accord intérimaire de 60 jours sur la sécurité du détroit d’Ormuz.

Aucune acceptation officielle n’a toutefois été communiquée par les parties. Cette prudence explique la volatilité actuelle : les marchés réagissent à chaque signe d’apaisement, mais restent exposés à une reprise rapide des tensions.

Le seuil des 4 100 dollars attire les regards

Sur les graphiques, l’or évolue au-dessus du seuil technique des 4 100 dollars. Un seuil technique est un niveau de prix surveillé par les traders, car il peut déclencher des achats ou des ventes automatiques.

Plusieurs indicateurs restent orientés positivement. Le RSI, ou indice de force relative, mesure la vitesse de hausse ou de baisse d’un actif. Lorsqu’il approche d’une zone dite de surachat, cela signifie que le marché a beaucoup monté et pourrait marquer une pause. Le MACD, autre indicateur graphique, compare deux moyennes de prix pour évaluer la dynamique. Un MACD positif suggère une tendance encore favorable.

La moyenne mobile à 200 périodes sur le graphique de 4 heures reste aussi surveillée. Une moyenne mobile lisse les variations de prix pour dégager une tendance. Une stabilisation au-dessus de ce niveau confirmerait une orientation haussière à court terme, avec plusieurs résistances possibles. Une résistance désigne un niveau où les vendeurs peuvent reprendre la main.

La Fed reste le principal frein potentiel

Le principal risque pour l’or vient de la politique monétaire américaine. D’après l’outil FedWatch du CME Group, les marchés attribuent 88 % de probabilité à au moins une hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine avant la fin de 2026.

Des taux directeurs plus élevés rendent le dollar et les placements rémunérés plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. Une hausse des taux peut donc freiner sa progression.

Le marché de l’or reste ainsi pris entre deux forces : la géopolitique, qui soutient la demande de sécurité, et la politique monétaire américaine, qui peut renforcer le dollar. Tant que le dialogue Iran-USA reste possible sans désescalade confirmée, l’or devrait conserver un rôle central dans les stratégies de préservation du capital.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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