Autour de 4 050 dollars l’once fin juillet 2026, l’or reste très au-dessus de ses niveaux d’avant la flambée de 2025. Cette résistance du métal jaune explique pourquoi de nombreux retraités se tournent vers l’or physique, sous forme de lingots et de pièces, pour sécuriser une partie de leur patrimoine.

L’or physique répond à une inquiétude très concrète

Les retraités sont au cœur d’un changement de comportement patrimonial. Leur objectif n’est pas seulement de chercher une performance. Il s’agit surtout de préserver un capital déjà constitué.

L’or physique désigne l’or détenu directement : pièces, lingotins ou lingots. Il se distingue de l’or papier, comme les produits financiers adossés à l’or, qui dépendent d’un intermédiaire financier. Cette différence compte pour les épargnants prudents : un actif détenu en main propre ne repose pas sur la solidité d’une banque, d’un courtier ou d’un émetteur.

La demande progresse dans un contexte d’incertitudes économiques, d’inflation persistante et d’instabilité politique ou financière. La débancarisation, c’est-à-dire la volonté de réduire sa dépendance au système bancaire, fait aussi partie des motivations citées. Pour certains retraités, l’or physique devient ainsi une forme de réserve de sécurité.

Une hausse de 2025 qui a changé les repères

Le mouvement ne vient pas de nulle part. En 2025, le prix de l’once d’or a bondi de plus de 60 % en dollars. En euros, la progression a dépassé 46 %. L’once a terminé l’année autour de 4 300 dollars.

L’once d’or correspond ici à l’once troy, l’unité de référence internationale pour les métaux précieux. Elle pèse 31,103 grammes. C’est le prix suivi sur les grands marchés mondiaux, même si les particuliers achètent le plus souvent des pièces ou des lingotins de quelques grammes à un kilo.

Cette hausse a renforcé l’image de l’or comme valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs craignent une perte de pouvoir d’achat, une crise financière ou une dégradation de la confiance dans les monnaies. L’or ne verse pas d’intérêt, contrairement à une obligation ou à un compte rémunéré. Mais il n’est la dette de personne, ce qui constitue son principal attrait dans les périodes de tension.

La correction de 2026 n’a pas effacé la confiance

Début 2026, l’once d’or a atteint un pic historique à 5 598 dollars, avant de reculer d’environ 28 %, vers 4 300 dollars. Cette baisse a été qualifiée de correction technique plutôt que structurelle par plusieurs analystes.

Une correction technique signifie qu’un prix baisse après une hausse rapide, souvent parce que des investisseurs prennent leurs bénéfices. Cela ne traduit pas nécessairement une remise en cause de la tendance de fond. Une baisse structurelle, au contraire, indiquerait un changement plus profond : recul durable de la demande, amélioration forte de la confiance économique ou désintérêt des grands acheteurs.

Dans le cas de l’or, la confiance de long terme reste soutenue. Les investisseurs de court terme ont pu réduire leurs positions, mais les acheteurs de long terme, dont les retraités et les institutions, conservent un intérêt marqué pour le métal jaune.

Les banques centrales donnent un signal fort

Un autre élément rassure les épargnants : les banques centrales achètent massivement de l’or. En 2025, elles ont acquis 863 tonnes nettes d’or, soit une quatrième année consécutive de demande institutionnelle soutenue.

Les banques centrales sont les institutions qui gèrent la monnaie et les réserves financières d’un pays. Lorsqu’elles achètent de l’or, elles cherchent souvent à diversifier leurs réserves, à réduire leur dépendance à certaines devises et à renforcer leur sécurité financière.

La Pologne s’est distinguée comme premier acheteur mondial, avec l’objectif d’atteindre 700 tonnes de réserves pour des raisons de sécurité nationale. Début 2026, 95 % des banques centrales interrogées anticipaient encore une hausse de leurs réserves d’or dans les douze mois.

Pour un particulier, ce signal ne garantit pas une hausse future du prix. Mais il indique que l’or conserve un rôle stratégique dans les réserves mondiales. Cela soutient sa liquidité, c’est-à-dire la facilité à acheter ou vendre l’actif sur un marché actif.

Les retraités privilégient la sécurité et la transmission

Pour les retraités, l’or physique répond à trois attentes principales.

D’abord, la protection contre l’inflation. Lorsque les prix augmentent, l’épargne détenue en liquidités perd du pouvoir d’achat. L’or peut jouer un rôle de couverture, même si son prix fluctue à court terme.

Ensuite, la diversification. Diversifier signifie répartir son patrimoine entre plusieurs actifs : liquidités, immobilier, obligations, actions, assurance-vie ou métaux précieux. Le but est d’éviter qu’un seul risque affecte tout le capital. Début 2026, la part de l’or dans certaines allocations d’actifs recommandées par des gestionnaires est passée d’environ 5 % historiquement à une fourchette de 10 % à 20 %.

Enfin, la transmission. Les pièces et lingots sont des actifs tangibles, identifiables et divisibles selon les formats choisis. Cette caractéristique peut faciliter une organisation patrimoniale, à condition de respecter les règles civiles et fiscales applicables dans le pays de résidence. En Belgique comme ailleurs, la traçabilité de l’achat, la conservation des factures et l’évaluation régulière du patrimoine restent essentielles.

Un refuge, mais pas un placement sans risque

L’or physique séduit parce qu’il paraît simple. Il se voit, se pèse et se conserve. Mais il impose aussi des précautions.

Le premier risque est le prix d’achat. Après une forte hausse, acheter en une seule fois expose à une baisse temporaire. La correction de début 2026 l’a rappelé. Une stratégie progressive peut réduire ce risque, car elle répartit les achats dans le temps.

Le deuxième point concerne les frais. Les pièces et lingots se négocient avec une prime. La prime correspond à l’écart entre le prix du métal contenu dans le produit et son prix réel d’achat ou de vente. Elle dépend du format, de la demande, de l’état de la pièce et de la disponibilité sur le marché.

Le troisième enjeu est la conservation. Coffre à domicile, coffre bancaire ou solution spécialisée : chaque option présente des avantages et des contraintes. La sécurité, l’assurance, l’accessibilité et la discrétion doivent être comparées avant tout achat important.

Les prévisions restent très ouvertes

Les perspectives pour l’or demeurent incertaines. Les projections disponibles pour 2026 iraient de 2 789 à 4 216 dollars l’once selon les scénarios. Pour 2027, elles varieraient entre 2 094 et 5 463 dollars. Entre 2028 et 2030, les fourchettes prévisionnelles s’étendraient de 2 136 à 7 955 dollars.

Ces écarts montrent que l’or ne doit pas être considéré comme un pari certain. Son prix dépend des taux d’intérêt, de l’inflation, du dollar, des tensions géopolitiques, des achats des banques centrales et du comportement des investisseurs.

Pour les retraités, l’enjeu principal n’est donc pas de chercher le point bas ou le point haut. Il consiste plutôt à déterminer quelle part raisonnable du patrimoine peut être consacrée à un actif tangible, liquide et indépendant du système bancaire.

L’or physique s’impose moins comme une promesse de gain rapide que comme une assurance patrimoniale. Dans une période où les repères économiques bougent vite, cette fonction de réserve explique son attrait croissant auprès des épargnants retraités.

Experte en gestion de patrimoine, Claire analyse l’or et les métaux précieux comme outils de protection du capital et d’optimisation patrimoniale.

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