4 628 dollars l’once. Le cours de l’or au comptant reculait légèrement ce 26 août 2026, après une phase de hausse qui avait ravivé l’intérêt des investisseurs pour le métal jaune. Les contrats à terme sur l’or s’échangeaient autour de 4 685 dollars l’once.
L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence internationale pour les métaux précieux. Elle équivaut à environ 31,1 grammes. Le prix « au comptant » correspond à une livraison quasi immédiate, tandis qu’un contrat à terme fixe aujourd’hui un prix pour une livraison future.
Le marché reprend son souffle après la remontée
La baisse reste modérée, mais elle marque une pause nette dans la dynamique récente. Le mouvement intervient aux États-Unis, au cœur d’une semaine dominée par l’attente de nouvelles données sur l’inflation américaine.
Ces chiffres sont suivis de près car ils orientent les anticipations sur la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Cette banque centrale fixe les taux d’intérêt directeurs, c’est-à-dire le coût auquel l’argent circule dans l’économie américaine.
Pour l’or, ces décisions sont essentielles. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les taux montent, les obligations deviennent plus attractives par comparaison. Lorsque les taux baissent, ou lorsque les marchés anticipent leur baisse, l’or retrouve souvent de l’attrait.
L’inflation américaine reste le signal clé
L’inflation américaine s’est établie à 3,4 % en juillet 2026, contre 3,5 % en juin. Elle ralentit donc légèrement, mais demeure supérieure à l’objectif de long terme de la Fed.
Ce niveau entretient l’incertitude avant la réunion de septembre. Une inflation plus persistante pourrait pousser la Fed à maintenir une ligne ferme sur les taux. À l’inverse, un nouveau ralentissement renforcerait l’idée d’une politique monétaire moins restrictive.
Cette attente explique la prudence actuelle des investisseurs. Le marché de l’or ne baisse pas seulement pour des raisons techniques. Il attend surtout un signal macroéconomique clair.
Pourquoi les taux américains influencent l’or en Europe
Même pour un épargnant belge ou européen, la politique monétaire américaine reste déterminante. L’or est coté mondialement en dollars. Son prix dépend donc à la fois du cours international du métal et du taux de change entre l’euro et le dollar.
Un dollar plus fort peut rendre l’or plus cher pour un acheteur en euros, même si le cours international varie peu. À l’inverse, un euro plus solide peut amortir une hausse du métal jaune pour les investisseurs européens.
Les investisseurs surveillent aussi les « taux réels ». Il s’agit des taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Si un placement rapporte 4 %, mais que l’inflation atteint 3 %, le rendement réel est proche de 1 %. Des taux réels faibles sont généralement favorables à l’or, car ils réduisent l’avantage des placements rémunérés.
Une hausse récente suivie de prises de bénéfices
Le rebond observé en août aurait été soutenu par le ralentissement de l’inflation américaine et par la baisse des anticipations de nouvelles hausses de taux de la Fed. L’or aurait alors atteint un seuil technique proche de 4 400 dollars l’once au début du mois, avant une phase de prises de bénéfices.
Une prise de bénéfices signifie que des investisseurs vendent après une hausse pour sécuriser leurs gains. Une consolidation désigne ensuite une période de stabilisation, durant laquelle le prix évolue dans une zone plus étroite avant de choisir une nouvelle direction.
La récente progression aurait aussi été appuyée par des rachats d’obligations du Trésor américain. Ces opérations peuvent améliorer la liquidité du marché obligataire et influencer les rendements. Or, lorsque les rendements obligataires se détendent, l’or peut en bénéficier.
Ce que les investisseurs doivent surveiller
Le prochain catalyseur sera donc l’inflation américaine. Si les chiffres confirment un reflux, le marché pourrait anticiper une Fed moins agressive. Ce scénario soutiendrait potentiellement l’or.
Si, au contraire, l’inflation repart ou résiste davantage que prévu, les investisseurs pourraient repousser leurs attentes de baisse des taux. Dans ce cas, le cours de l’or pourrait rester sous pression à court terme.
Pour un acheteur ou un vendeur en Belgique, la prudence reste de mise. Le prix en euros, les frais de transaction, l’écart entre prix d’achat et prix de revente, ainsi que la qualité des pièces ou lingots doivent être vérifiés avant toute décision.
La pause actuelle ne remet pas nécessairement en cause la tendance de fond, mais elle rappelle que l’or reste très sensible aux chiffres américains. Le prochain mouvement dépendra moins de l’émotion du marché que du signal envoyé par l’inflation et par la Fed.


