117,21 euros le gramme : l’or gagnait 0,7 % mardi matin, à 3 645,50 euros l’once. La séance pourrait toutefois se jouer cet après-midi aux États-Unis, avec deux indicateurs très suivis : le rapport JOLTS sur les offres d’emploi d’août et l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board pour septembre.
Ces publications seront scrutées car elles peuvent influer sur les anticipations de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Or, les taux directeurs — les taux auxquels la banque centrale refinance le système bancaire — pèsent fortement sur l’attrait de l’or.
Deux indicateurs pour mesurer le ralentissement américain
Le rapport JOLTS (Job Openings and Labor Turnover Survey) recense notamment les offres d’emploi disponibles aux États-Unis. Il donne une photographie de la tension du marché du travail : un nombre d’offres en recul peut signaler que les entreprises deviennent plus prudentes dans leurs recrutements.
L’indice du Conference Board mesure, lui, le niveau de confiance des ménages américains dans l’économie, leur situation financière et les perspectives d’emploi. Une confiance qui se dégrade peut indiquer un risque de ralentissement de la consommation, moteur majeur de l’économie américaine.
Des données plus faibles qu’attendu renforceraient l’idée d’un ralentissement économique. Les investisseurs pourraient alors anticiper des baisses de taux de la Fed plus rapides ou plus importantes. Ce scénario tend généralement à soutenir l’or : le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende, mais il devient relativement plus attractif lorsque les rendements des placements rémunérés diminuent.
À l’inverse, des chiffres solides pourraient repousser les attentes d’assouplissement monétaire. Le dollar et les rendements obligataires américains pourraient alors progresser, créant un vent contraire pour l’or.
L’or progresse malgré la remontée des rendements
Le marché de l’or évolue déjà dans un environnement contradictoire. La hausse des prix du pétrole, dans un contexte de tensions autour de l’Iran, alimenterait les inquiétudes sur l’inflation. Les rendements des obligations souveraines américaines monteraient dans ce contexte : le taux à dix ans atteindrait 5,24 % et celui à trente ans 5,55 %.
Un rendement obligataire plus élevé accroît habituellement le coût d’opportunité de l’or, c’est-à-dire le revenu auquel renonce un investisseur en détenant un actif qui ne produit pas de coupon. Théoriquement, cette hausse des taux devrait donc freiner le métal précieux.
Pourtant, l’or avançait mardi matin. La demande de valeur refuge, liée aux risques géopolitiques et aux tensions inflationnistes, semblerait pour l’instant compenser la pression exercée par les taux.
Les marchés actions entretiennent la prudence
Le CAC 40 ouvrait en hausse d’environ 0,4 %, autour de 8 100 points. À Wall Street, la tendance restait plus défensive après le recul de la veille : le Dow Jones perdait 0,67 %, le S&P 500 0,77 % et le Nasdaq 0,92 %.
Cette divergence illustre la nervosité actuelle des marchés face au pétrole et à l’inflation. Pour les épargnants belges et européens, le résultat des statistiques américaines importera autant que la réaction de l’euro face au dollar : le prix de l’or en euros dépend à la fois de l’or coté en dollars et du taux de change euro-dollar.
La réaction aux chiffres de l’après-midi permettra donc de départager deux forces opposées : l’effet négatif de rendements obligataires élevés et le soutien apporté à l’or par les perspectives de baisse des taux et la recherche de protection.


