4 325 dollars l’once : l’or a atteint le 15 juin un niveau inédit sur les marchés mondiaux. Le mouvement a suivi l’annonce d’un accord global entre les États-Unis et l’Iran, avec gel du programme nucléaire iranien, levée des sanctions et réouverture sécurisée du détroit d’Hormuz.
L’accord USA-Iran fait grimper l’or
Le 15 juin 2026, l’or spot a franchi le seuil de 4 325 dollars l’once. L’or spot désigne le prix comptant du métal, pour une livraison quasi immédiate. L’once utilisée sur les marchés de l’or est l’once troy, soit environ 31,1 grammes.
Cette hausse est intervenue après l’annonce d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran. Le texte prévoit le gel du programme nucléaire iranien, en échange d’une levée des sanctions. Il inclut aussi la sécurisation du détroit d’Hormuz, passage stratégique pour le transport mondial de pétrole.
L’accord devrait être signé officiellement en Suisse le 19 juin 2026. Cette perspective a réduit la prime de risque géopolitique. La prime de risque correspond au supplément de prix payé par les investisseurs lorsqu’un actif est exposé à une incertitude politique, militaire ou économique.
Le dollar faible soutient le métal jaune
La hausse de l’or s’explique aussi par la baisse du dollar. Quand la devise américaine recule, l’or devient moins cher pour les acheteurs utilisant l’euro, le yuan ou d’autres monnaies. Cela peut stimuler la demande mondiale.
Le métal jaune a également profité d’un retour de liquidité. La liquidité désigne l’argent disponible sur les marchés et la facilité avec laquelle les investisseurs peuvent acheter ou vendre un actif. Dans ce contexte, l’or a été recherché comme actif de réserve ultime, c’est-à-dire comme valeur conservée en portefeuille pour protéger le capital en période d’incertitude.
Les craintes liées à la Fed n’ont pas bloqué le mouvement
La progression reste notable car l’or avait été ballotté fin mai et début juin. Les tensions militaires au Moyen-Orient avaient provoqué de fortes fluctuations. En parallèle, les marchés surveillaient la Réserve fédérale américaine, la Fed, c’est-à-dire la banque centrale des États-Unis.
Des anticipations de hausse des taux d’intérêt américains avaient pesé sur le métal. Des taux plus élevés rendent les placements rémunérés, comme certaines obligations, plus attractifs. L’or, lui, ne verse pas d’intérêt. Ce mécanisme peut freiner son cours.
Mais l’impact de l’accord avec l’Iran a dominé à court terme. La détente géopolitique, la baisse du dollar et le retour des acheteurs ont pris le dessus sur les inquiétudes liées à la Fed.
Les autres métaux précieux suivent
Le mouvement ne s’est pas limité à l’or. Le 15 juin, l’argent a atteint 70 dollars l’once. Le platine s’est établi à 1 772 dollars l’once et le palladium à 1 308 dollars l’once.
Ces métaux précieux ont une double fonction. Ils peuvent servir d’actifs financiers, comme l’or, mais aussi de matières premières industrielles. L’argent est utilisé dans l’électronique et le solaire. Le platine et le palladium sont notamment employés dans les catalyseurs automobiles. La perspective d’une reprise de la demande industrielle mondiale a donc soutenu leurs cours.
Le pétrole recule et apaise le risque d’inflation
L’accord a aussi fait baisser le pétrole. Le baril est passé d’environ 93 dollars à près de 83 dollars le 15 juin. La réouverture sécurisée du détroit d’Hormuz a rassuré les marchés sur l’approvisionnement énergétique.
Cette baisse de l’énergie peut réduire la pression inflationniste. Elle éloigne aussi, à court terme, le risque de stagflation. La stagflation désigne une situation difficile où l’économie ralentit tandis que les prix continuent d’augmenter.
Pour les épargnants européens et belges, le signal reste clair : l’or réagit fortement aux décisions géopolitiques, au dollar et aux taux américains. Le niveau de 4 325 dollars montre que le métal jaune reste au centre des stratégies de protection du capital, même lorsque les marchés anticipent encore une Fed restrictive.


