532 millions de dollars de valeur actuelle nette après impôt : c’est le chiffre central publié par GoldMining Inc. pour son projet aurifère São Jorge, dans l’État du Pará, au nord du Brésil. La société canadienne a annoncé, le 11 juin 2026, une évaluation économique préliminaire positive pour ce gisement d’or, avec des indicateurs financiers jugés solides à un prix de l’or de 3 500 dollars l’once.
GoldMining met en avant un projet rentable au Pará
GoldMining Inc. présente São Jorge comme un projet d’or à ciel ouvert conventionnel. Le site se situe dans l’État du Pará, une région minière importante du Brésil. L’évaluation économique préliminaire, ou PEA pour Preliminary Economic Assessment, sert à estimer le potentiel économique d’un projet minier avant les études plus avancées, comme l’étude de faisabilité.
Cette PEA indique une valeur actuelle nette après impôt de 532 millions de dollars, avec un taux d’actualisation de 5 %. La valeur actuelle nette, ou NPV, mesure la valeur d’un projet en ramenant ses flux de trésorerie futurs à leur valeur d’aujourd’hui. Plus elle est élevée, plus le projet apparaît créateur de valeur.
L’étude affiche aussi un taux de rentabilité interne après impôt de 42,4 %. Le taux de rentabilité interne, ou IRR, correspond au rendement annuel théorique d’un projet. Dans le secteur minier, un IRR élevé signale en général une capacité plus rapide à récupérer les capitaux investis.
Le prix de l’or change fortement l’équation
Les calculs de base de GoldMining reposent sur un prix de l’or de 3 500 dollars l’once. Une once troy, unité utilisée pour l’or d’investissement et l’or minier, correspond à 31,103 grammes.
Mais la société indique aussi un scénario au prix spot actuel de 4 400 dollars l’once. Le prix spot désigne le prix de marché pour une livraison quasi immédiate. À ce niveau, la valeur actuelle nette après impôt grimpe à 836,8 millions de dollars et le taux de rentabilité interne atteint 58,6 %.
Cette sensibilité au prix de l’or montre l’effet de levier classique des mines aurifères : lorsque le cours de l’or monte, la valeur des projets peut progresser beaucoup plus vite que le métal lui-même. L’inverse reste également vrai en cas de repli du cours.
Pour les investisseurs européens, ce point est essentiel. Acheter de l’or physique revient à s’exposer directement au métal. Investir dans une société minière revient à s’exposer à la fois au prix de l’or, aux coûts d’extraction, au risque pays, au financement et à l’exécution opérationnelle.
Une mine à ciel ouvert avec 10,6 ans de durée de vie
Le projet São Jorge repose sur une exploitation à ciel ouvert. Une mine à ciel ouvert extrait le minerai depuis la surface, par paliers successifs, contrairement à une mine souterraine. Ce type d’exploitation peut être moins complexe, mais il dépend fortement de la qualité du minerai, de la logistique, de l’environnement et des autorisations.
La PEA retient une capacité de traitement de 5 500 tonnes de minerai par jour. GoldMining annonce une récupération métallurgique de 90 %. Cette récupération désigne la part de l’or effectivement extraite du minerai après traitement. Un taux de 90 % signifie que 90 % de l’or contenu dans le minerai est récupéré sous forme commercialisable.
La production moyenne est estimée à 51 250 onces d’or par an sur une durée de vie de mine de 10,6 ans. La production de pointe atteint 57 200 onces par an entre la deuxième et la quatrième année, selon les paramètres publiés.
Des coûts annoncés à 1 464 dollars l’once
Le coût tout compris de maintien, ou AISC pour all-in sustaining costs, ressort à 1 464 dollars par once. Cet indicateur additionne les coûts nécessaires pour produire une once d’or et maintenir l’activité minière : extraction, traitement, frais de site, investissements de maintien et autres charges liées à l’exploitation.
À un prix de l’or de 3 500 dollars l’once, l’écart avec l’AISC laisse une marge importante dans l’étude. À 4 400 dollars l’once, cette marge augmente encore. C’est l’un des principaux arguments économiques mis en avant par GoldMining.
L’investissement initial, ou capex initial, est estimé à 202,2 millions de dollars. Le capex désigne les dépenses d’investissement nécessaires pour construire et lancer le projet : infrastructures, équipements, usine de traitement, accès et préparation de la mine. La société retient aussi 53 millions de dollars de capital de maintien et 12 millions de dollars de coûts de fermeture. Les dépenses opérationnelles estimées, ou opex, atteignent 34,88 millions de dollars.
Une étape importante, pas une décision finale de construction
Cette PEA constitue une avancée pour GoldMining Inc. et son directeur général Alastair Still. Elle donne un cadre économique, technique et financier au développement de São Jorge. Elle permet aussi de mesurer l’impact du prix de l’or sur la rentabilité potentielle du projet.
Mais une évaluation économique préliminaire reste une étape amont. Elle ne remplace pas une étude de faisabilité complète, qui affine les réserves, les coûts, le calendrier, les risques environnementaux, les permis et le financement. Dans un projet minier, ces éléments peuvent modifier sensiblement l’économie finale.
Pour le marché de l’or, São Jorge illustre une tendance plus large : avec des cours élevés, des projets longtemps secondaires redeviennent attractifs. La question centrale reste désormais la capacité de GoldMining à transformer cette PEA favorable en projet financé, autorisé et construit.



