4.179,79 dollars l’once. L’or a reculé de 1,88 % le 10 juin 2026 et est passé sous le seuil psychologique et technique des 4.200 dollars l’once. Ce mouvement intervient sur les marchés mondiaux, dans un contexte de tensions avec l’Iran qui ravivent les inquiétudes sur l’inflation et soutiennent le dollar américain.
Pour les investisseurs européens et belges, cette baisse mérite une lecture nuancée. L’or reste souvent perçu comme une protection contre la perte de pouvoir d’achat. Mais à court terme, le métal jaune peut aussi souffrir d’un dollar plus fort et d’anticipations de taux d’intérêt plus élevés aux États-Unis.
L’or casse un seuil suivi par les marchés
Le prix de l’or est descendu à 4.179,79 dollars l’once. L’once utilisée sur les marchés de métaux précieux est l’once troy, qui pèse 31,103 grammes. C’est l’unité internationale de référence pour coter l’or, l’argent, le platine et le palladium.
Le passage sous 4.200 dollars est important car ce niveau était considéré comme un support technique. Un support technique désigne une zone de prix où les acheteurs ont tendance à revenir sur le marché. Lorsque ce seuil est franchi à la baisse, certains investisseurs peuvent vendre davantage, ce qui accentue le recul.
Cette baisse ne signifie pas nécessairement un retournement durable. Elle traduit surtout un ajustement rapide des anticipations de marché face à une combinaison de facteurs géopolitiques, monétaires et énergétiques.
Les tensions avec l’Iran relancent la peur de l’inflation
Le facteur déclencheur vient du Moyen-Orient. Les tensions avec l’Iran alimentent les craintes d’une hausse des prix de l’énergie et de perturbations commerciales. Si le pétrole ou certaines matières premières deviennent plus chers, l’inflation peut repartir.
L’inflation correspond à une hausse générale des prix. Elle réduit le pouvoir d’achat de la monnaie. En théorie, l’or peut profiter de ce contexte, car il n’est pas émis par une banque centrale et conserve une valeur indépendante des devises.
Mais la réaction actuelle montre l’autre face du marché. Si l’inflation inquiète, la Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis, peut être incitée à maintenir des taux d’intérêt élevés plus longtemps. Les taux d’intérêt rémunèrent les placements en dollars, comme les obligations d’État américaines. Or, l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Il devient donc moins attractif par rapport à des actifs rémunérés lorsque les taux montent ou restent élevés.
Le dollar pèse sur la demande d’or
L’autre mécanisme clé passe par le dollar américain. L’or est coté en dollars sur les marchés internationaux. Quand le dollar se renforce, l’or devient plus cher pour les acheteurs qui utilisent l’euro, la livre sterling ou d’autres devises.
Ce renchérissement réduit mécaniquement une partie de la demande mondiale. Pour un investisseur belge, l’impact dépend aussi du taux de change euro-dollar. Une baisse de l’or en dollars peut être partiellement compensée, ou amplifiée, par l’évolution de l’euro face au dollar.
La baisse actuelle de l’or ne s’explique donc pas par un seul facteur, mais par l’effet combiné d’un dollar plus ferme, des craintes d’inflation et des anticipations de politique monétaire américaine.
Les autres métaux confirment la nervosité des marchés
Le mouvement de l’or intervient alors que les métaux industriels restent sous tension. Le cuivre a connu une forte nervosité à la Bourse des métaux de Londres, avec un niveau de 13.942 dollars la tonne le 2 juin 2026. L’aluminium a atteint 3.777 dollars la tonne, son plus haut niveau depuis 19 ans, dans un contexte de restrictions d’exportations et de tensions autour du détroit d’Ormuz.
Ces métaux ne jouent pas le même rôle que l’or. Le cuivre et l’aluminium sont des métaux industriels, utilisés dans la construction, l’électricité, les transports et l’industrie. Leur hausse signale des inquiétudes sur l’offre ou une demande soutenue. Elle peut aussi nourrir l’inflation, car ces matières premières entrent dans de nombreuses chaînes de production.
Aux États-Unis, un décret du 1er juin 2026 a modifié les droits de douane sur certains produits contenant du cuivre, de l’aluminium et de l’acier. Les droits de douane sont des taxes appliquées aux importations. Ils peuvent protéger l’industrie locale, mais aussi renchérir les coûts pour les entreprises utilisatrices.
Ce que doivent surveiller les investisseurs
La prochaine étape dépendra surtout de trois éléments : l’évolution des tensions avec l’Iran, la trajectoire du dollar et les signaux envoyés par la Réserve fédérale américaine sur ses taux.
Pour les détenteurs d’or physique, lingots ou pièces, le franchissement des 4.200 dollars constitue un signal de marché, pas une conclusion définitive. Le prix en euros, les primes sur les pièces et les frais de transaction doivent aussi être pris en compte avant tout achat ou toute vente. La prime correspond à l’écart entre la valeur du métal contenu dans une pièce et son prix réel de marché.
La chute sous 4.200 dollars rappelle une règle essentielle : même valeur refuge, l’or reste sensible aux mouvements de change, aux taux d’intérêt et aux tensions géopolitiques. Dans un marché dominé par l’Iran, l’inflation et le dollar, la prudence reste de mise.


