Sous 4.000 dollars l’once, l’or envoie un signal de prudence aux investisseurs. En juillet 2026, le métal précieux est repassé sous ce seuil symbolique, dans un marché dominé par le conflit avec l’Iran, les craintes d’inflation et la politique plus ferme de la Réserve fédérale américaine.
Le cours international de l’or est généralement exprimé en dollars par once troy, l’unité de référence des métaux précieux, équivalente à environ 31,1 grammes. Le passage sous 4.000 dollars ne signifie donc pas un prix au gramme, mais un prix pour cette unité standard utilisée sur les marchés mondiaux.
L’or recule malgré les tensions avec l’Iran
La baisse peut surprendre. En période de crise géopolitique, l’or est souvent recherché comme valeur refuge, c’est-à-dire un actif jugé plus résistant lorsque les marchés deviennent instables. Le conflit avec l’Iran ravive pourtant les inquiétudes sur l’inflation, notamment via les risques pesant sur l’énergie et le commerce mondial.
Mais cette fois, la réaction du marché est plus complexe. Les investisseurs semblent surtout regarder les conséquences monétaires de cette inflation. Si les prix repartent à la hausse, la Réserve fédérale américaine, ou Fed, pourrait maintenir une ligne restrictive. La Fed est la banque centrale des États-Unis. Elle influence les taux d’intérêt, donc le coût du crédit, la rémunération des placements en dollars et, indirectement, l’appétit pour l’or.
Une politique monétaire restrictive signifie que la banque centrale cherche à freiner l’économie pour contenir l’inflation. Elle le fait généralement en maintenant des taux élevés, voire en les relevant. Or l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les taux montent, les obligations et les placements monétaires deviennent plus attractifs en comparaison.
Le dollar fort pèse sur le métal précieux
Autre facteur défavorable : la vigueur du dollar. Comme l’or est coté en dollars sur les grands marchés internationaux, un billet vert plus fort rend l’achat d’or plus coûteux pour les investisseurs qui utilisent l’euro ou d’autres devises.
Pour un épargnant belge ou européen, ce mécanisme est important. Si le dollar monte face à l’euro, le prix de l’or en euros peut moins baisser que le prix en dollars. À l’inverse, si l’or baisse en dollars et que l’euro se renforce, la baisse peut être amplifiée pour un acheteur européen.
Cette relation n’est pas automatique, mais elle reste centrale. Le marché de l’or dépend à la fois du cours du métal et du taux de change euro-dollar.
Un seuil déjà franchi fin juin
Le passage sous 4.000 dollars avait déjà été observé fin juin 2026, dans un contexte de resserrement monétaire anticipé aux États-Unis et d’apaisement partiel des tensions dans le détroit d’Ormuz. Cette zone maritime est stratégique pour le transport du pétrole. Une amélioration temporaire entre Washington et Téhéran avait contribué à faire baisser les prix du pétrole.
Cette baisse du pétrole peut sembler positive contre l’inflation, car l’énergie pèse lourd dans les coûts de transport et de production. Mais elle a aussi réduit une partie de la prime géopolitique intégrée dans le prix de l’or. Une prime géopolitique désigne la hausse d’un actif liée à la peur d’un choc politique, militaire ou diplomatique.
Le marché se retrouve donc face à deux forces opposées : d’un côté, les tensions avec l’Iran soutiennent la demande de protection ; de l’autre, la Fed et le dollar fort exercent une pression baissière.
La fin possible d’un cycle haussier
La chute sous 4.000 dollars marque aussi un changement de rythme après plusieurs mois de progression. Le mouvement pourrait signaler la fin d’un cycle haussier de sept mois, selon les données de marché disponibles.
Début juillet, l’or aurait même connu l’une de ses plus fortes baisses depuis treize ans, après ses records récents. Cette information reste à manier avec prudence, car elle n’est pas définitivement confirmée dans les éléments disponibles. Elle illustre toutefois l’ampleur du réajustement en cours.
Pour les particuliers, une telle volatilité rappelle une règle essentielle : l’or peut protéger un patrimoine dans la durée, mais son prix peut fortement varier à court terme. La volatilité désigne ces variations rapides et parfois importantes du cours.
Que faut-il surveiller maintenant ?
Trois indicateurs dominent les prochaines séances : l’évolution du conflit avec l’Iran, les décisions de la Fed et le taux de change euro-dollar.
Si les tensions géopolitiques s’aggravent, l’or pourrait retrouver un soutien comme valeur refuge. Si, au contraire, la Fed maintient des taux élevés et que le dollar reste fort, la pression pourrait se poursuivre.
Pour un investisseur belge, la question ne se limite donc pas au seuil des 4.000 dollars. Le prix en euros, les frais d’achat, la fiscalité applicable et l’horizon de placement restent déterminants.
La baisse actuelle ne met pas fin au rôle patrimonial de l’or. Elle rappelle surtout que même une valeur refuge reste sensible aux banques centrales, au dollar et aux chocs géopolitiques.


