116,92 euros le gramme à 10h43 : l’or est passé sous le seuil de 117 euros jeudi 22 octobre. Le cours a même atteint un plus bas intrajournalier de 116,73 euros le gramme, avant de se stabiliser. La baisse atteint 1,3 % par rapport à la clôture précédente.
L’once d’or — unité de cotation internationale équivalant à 31,1035 grammes — s’échangeait à 3 636,60 euros. Pour les épargnants belges, le prix en euros constitue le repère le plus direct pour évaluer la valeur d’un lingot, d’une pièce ou d’un achat d’or d’investissement.
La perspective de taux américains plus élevés domine
Les marchés anticiperaient une hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine lors de sa réunion des 27 et 28 octobre. Les données d’inflation publiées aux États-Unis la semaine dernière auraient renforcé ce scénario.
Des taux plus élevés pèsent généralement sur l’or. Le métal ne verse ni intérêt ni dividende : il s’agit donc d’un actif sans rendement courant. Lorsque les obligations et les dépôts rémunérés offrent davantage de rendement, le coût d’opportunité de détenir de l’or augmente. Ce coût d’opportunité désigne le rendement auquel un investisseur renonce en privilégiant un actif plutôt qu’un autre.
Le repli se prolonge sur plusieurs horizons : l’or cède 2,3 % sur une semaine, après une baisse de 0,4 % la semaine précédente. Il recule de 4,4 % sur un mois, tout en conservant une progression de 2,1 % sur trois mois.
Un dollar plus faible ne suffit pas à soutenir le métal
Le Dollar Index, qui mesure le dollar face à un panier de grandes devises, perdait 0,45 % sur vingt-quatre heures, à 101,52 points. Dans le même temps, l’euro gagnait 0,12 % face au billet vert, à 1,1251 dollar.
Habituellement, un recul du dollar peut soutenir l’or, libellé principalement en dollars sur les marchés internationaux. Il le rend en effet moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cette fois, cet effet n’a pas compensé le poids des anticipations monétaires américaines.
Pour un investisseur de la zone euro, un euro qui se renforce face au dollar peut en outre limiter la hausse, voire accentuer le repli, du prix de l’or exprimé en euros.
L’incertitude autour de l’Iran entretient la volatilité
Les tensions au Moyen-Orient, particulièrement autour de l’Iran, ajouteraient une dose d’incertitude aux marchés. Des déclarations du chef de la diplomatie iranienne et des informations de presse sur de possibles scénarios militaires américano-israéliens après les élections de mi-mandat américaines alimenteraient les préoccupations géopolitiques.
Un contexte international dégradé ne provoque toutefois pas automatiquement une hausse de l’or. Les investisseurs peuvent aussi privilégier le dollar ou les obligations américaines, perçus comme des actifs liquides et défensifs. Le rôle de valeur refuge de l’or dépend donc du type de crise et de la réaction des marchés aux taux, au dollar et au risque financier.
L’argent recule encore plus fortement
L’argent subit un mouvement plus marqué : son cours baisse de 3,4 % sur la séance, à 1,603 euro le gramme. La baisse hebdomadaire atteint 2,1 %, après un recul de 5,8 % la semaine précédente.
Cette volatilité supérieure s’explique par la double nature de l’argent. Il est à la fois recherché comme métal précieux et utilisé dans l’industrie, notamment dans l’électronique et les technologies énergétiques. Les craintes sur la demande industrielle peuvent donc amplifier ses variations.
À court terme, la réunion de la Fed constituera le principal rendez-vous pour le marché de l’or. Une décision conforme aux anticipations pourrait déjà être largement intégrée dans les cours. À l’inverse, tout écart entre les attentes du marché et le message de la banque centrale américaine pourrait provoquer de nouveaux mouvements, à la hausse comme à la baisse.


