4 040 dollars l’once : le cours de l’or reste très élevé, mais son rebond perd de la force. Le métal jaune a brièvement dépassé 4 160 dollars avant de revenir vers 4 040 dollars ce 24 juillet 2026. Ce recul intervient malgré des tensions persistantes au Moyen-Orient, normalement favorables à l’or en tant que valeur refuge.
La raison principale se trouve ailleurs : le pétrole. Le Brent, référence européenne du pétrole brut, a franchi brièvement 102 dollars le baril en juillet. Cette hausse nourrit les craintes d’inflation et renforce l’idée que la Réserve fédérale américaine, la Fed, pourrait maintenir une politique monétaire restrictive plus longtemps.
Le pétrole cher change l’équation pour l’or
Le marché de l’or évolue actuellement dans une dynamique contradictoire. D’un côté, les tensions entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que les menaces des Houthis dans le détroit de Bab el-Mandeb, soutiennent une demande défensive. Ce détroit, situé entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, constitue une route stratégique pour le commerce et l’énergie.
De l’autre côté, la flambée du pétrole complique le scénario. Un pétrole plus cher augmente les coûts de transport, de production et d’énergie. Il peut donc alimenter l’inflation, c’est-à-dire la hausse générale des prix. Pour lutter contre cette inflation, une banque centrale peut garder des taux d’intérêt élevés.
C’est ce mécanisme qui pèse sur l’or. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les obligations d’État américaines deviennent plus rémunératrices, l’or devient relativement moins attractif pour certains investisseurs.
Le dollar et les rendements obligataires pèsent sur le métal jaune
Les rendements des obligations américaines à dix ans se sont rapprochés de 4,70 %. Un rendement obligataire correspond au revenu attendu par un investisseur qui détient une obligation, c’est-à-dire un titre de dette émis par un État ou une entreprise.
Cette hausse augmente le « coût d’opportunité » de l’or. Ce terme désigne ce qu’un investisseur renonce à gagner en choisissant un actif plutôt qu’un autre. Détenir de l’or permet de se protéger contre certains risques, mais ne génère pas de revenu régulier.
Le renforcement du dollar ajoute une pression supplémentaire. L’or étant coté en dollars sur les marchés internationaux, un billet vert plus fort le rend plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro. Pour un investisseur belge ou européen, l’évolution du taux euro-dollar devient donc un facteur important au moment d’acheter ou de vendre.
La Fed devient le rendez-vous central
La prochaine réunion de la Fed est désormais au centre des anticipations. Les investisseurs chercheront à savoir si la banque centrale américaine confirme une ligne dure face à l’inflation, ou si elle laisse entrevoir un assouplissement à moyen terme.
Une Fed jugée plus restrictive pourrait maintenir la pression sur l’or, via des taux élevés et un dollar solide. À l’inverse, un discours plus prudent sur la croissance ou plus ouvert à de futures baisses de taux pourrait soutenir le métal précieux.
Le paradoxe actuel est clair : les risques géopolitiques soutiennent l’or, mais les conséquences inflationnistes de ces mêmes risques peuvent le freiner.
Le seuil des 4 000 dollars attire l’attention
Sur le plan technique, le seuil des 4 000 dollars l’once serait devenu une zone de support importante. Un support est un niveau de prix où les acheteurs tendent à revenir, ce qui peut ralentir ou stopper une baisse.
Si ce seuil tenait, le cours pourrait tenter un nouveau mouvement vers 4 067 dollars, puis vers la zone de 4 160 à 4 170 dollars. Ces niveaux correspondraient à des résistances, c’est-à-dire des zones où les vendeurs peuvent reprendre la main.
À l’inverse, une rupture nette des 4 000 dollars pourrait ouvrir la voie à une correction vers 3 960 dollars. Cette lecture reste conditionnelle, car l’analyse technique dépend fortement du comportement des investisseurs et des nouvelles économiques.
Le Moyen-Orient maintient une prime géopolitique
Les tensions en mer Rouge et au Moyen-Orient continuent de soutenir une prime géopolitique. Cette prime désigne la part du prix d’un actif liée à un risque politique, militaire ou logistique.
Les menaces visant la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb augmentent les inquiétudes sur le trafic pétrolier, le fret maritime et les coûts d’assurance. Ces éléments contribuent à maintenir le Brent à un niveau élevé.
Des médiateurs auraient par ailleurs présenté à Téhéran une proposition de cessez-le-feu de 10 jours entre les États-Unis et l’Iran. Cette initiative viserait à relancer un accord intérimaire et à ouvrir la voie à des discussions plus larges. Cette information restant probable, ses effets de marché doivent être interprétés avec prudence.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
Pour les détenteurs d’or physique, la situation appelle à distinguer le court terme du long terme. À court terme, le prix peut rester volatil, influencé par le pétrole, la Fed, le dollar et les rendements obligataires. À plus long terme, l’or conserve son rôle de diversification patrimoniale, notamment face aux risques monétaires et géopolitiques.
Une once troy, unité utilisée pour coter l’or, équivaut à environ 31,1 grammes. Le prix de 4 040 dollars l’once donne donc une indication internationale, mais le prix réel payé en Belgique dépend aussi du cours euro-dollar, des primes sur les pièces ou lingots, ainsi que des frais appliqués à l’achat ou à la vente.
La zone des 4 000 dollars devient ainsi un repère psychologique et technique majeur. Tant que le pétrole restera proche de 100 dollars et que la Fed restera prudente, le rebond de l’or pourrait rester fragile, même dans un monde toujours plus incertain.



