2,2 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible en un seul trimestre : Newmont a publié, le 23 juillet 2026 à Denver, des résultats qui confirment la solidité financière du groupe aurifère. Le géant minier américain dit rester en ligne avec ses objectifs annuels pour 2026.

Newmont confirme un trimestre porté par l’or

Newmont Corporation a produit environ 1,3 million d’onces d’or attribuables au deuxième trimestre 2026. Une once d’or correspond à une once troy, soit 31,103 grammes. Le terme « attribuable » désigne la part de production qui revient réellement à Newmont, après prise en compte de ses participations dans les mines.

Le groupe a aussi extrait 7 millions d’onces d’argent et 17 000 tonnes de cuivre. Ces métaux dits « coproduits » ou « sous-produits » peuvent améliorer la rentabilité d’une mine, car leurs ventes compensent une partie des coûts liés à l’extraction de l’or.

Sur le plan financier, Newmont annonce un bénéfice net de 2,2 milliards de dollars et un bénéfice net ajusté du même montant. Le bénéfice net ajusté exclut certains éléments exceptionnels afin de donner une lecture plus stable de la performance opérationnelle.

L’EBITDA ajusté atteint 3,8 milliards de dollars. Cet indicateur mesure le résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements, en retirant certains éléments non récurrents. Il sert souvent à comparer la performance opérationnelle des grands groupes miniers.

Un flux de trésorerie record et un dividende de 0,26 dollar

Le chiffre le plus suivi par les investisseurs est sans doute le flux de trésorerie disponible, ou free cash flow. Il s’agit de l’argent restant après les dépenses nécessaires au fonctionnement et au maintien des actifs. Newmont indique avoir généré un niveau record de 2,2 milliards de dollars au deuxième trimestre.

Cette capacité de génération de cash permet au groupe de rémunérer ses actionnaires. Newmont a déclaré un dividende de 0,26 dollar par action, payable le 28 septembre 2026. Un dividende est une part du bénéfice distribuée aux actionnaires.

Depuis la précédente conférence de résultats, l’entreprise indique avoir restitué 1,9 milliard de dollars à ses actionnaires via dividendes et rachats d’actions. Les rachats d’actions consistent pour une société à racheter ses propres titres sur le marché. Cela réduit le nombre d’actions en circulation et peut soutenir le bénéfice par action.

Au total, Newmont a déjà racheté 1,7 milliard de dollars d’actions ordinaires dans le cadre d’un programme autorisé de 6 milliards de dollars, dont 4,3 milliards restent disponibles. Le groupe estime que cette opération a réduit le nombre d’actions d’environ 9 %.

Les coûts restent sous surveillance

Newmont confirme viser environ 5,3 millions d’onces d’or attribuables sur l’ensemble de 2026. La société indique que ses coûts depuis le début de l’année restent inférieurs à ses prévisions annuelles.

Deux indicateurs sont essentiels pour comprendre la rentabilité d’un producteur d’or. Le Gold CAS, ou coûts applicables aux ventes, mesure les coûts directement liés aux onces vendues. Newmont les évalue à 1 043 dollars par once depuis le début de l’année. L’AISC, ou coût tout compris de maintien, intègre en plus les dépenses nécessaires pour maintenir la production minière. Il ressort à 1 621 dollars par once.

Ces niveaux restent déterminants pour les investisseurs. Plus l’AISC est bas par rapport au prix de l’or, plus la marge potentielle est élevée. À l’inverse, une hausse des coûts énergétiques, des taxes, des redevances ou des dépenses minières peut peser sur les marges.

Avant la publication des résultats, certains scénarios de marché évoquaient une pression possible sur les coûts unitaires en 2026. L’AISC annuel aurait pu se situer autour de 1 680 dollars par once, sous l’effet de la séquence d’exploitation des mines, de l’inflation et de dépenses de maintien plus élevées. Les résultats publiés montrent toutefois que Newmont reste, à ce stade, dans sa trajectoire annuelle.

Red Chris avance au Canada

Newmont a aussi annoncé une étape réglementaire importante pour le projet Red Chris Block Cave, en Colombie-Britannique, au Canada. Le groupe a reçu des approbations clés de la province, dont un certificat d’évaluation environnementale modifié et un permis modifié au titre du Mines Act.

La méthode dite block cave est une technique d’exploitation souterraine utilisée pour de grands gisements. Elle consiste à faire s’effondrer progressivement le minerai sous son propre poids afin de l’extraire à grande échelle.

Ce jalon rapproche Red Chris d’une décision finale d’investissement. Le processus a été mené avec la Nation Tahltan, selon Newmont, dans une approche fondée sur le consentement.

Un signal positif pour le secteur aurifère

Pour les investisseurs européens et belges exposés aux mines d’or, ces résultats confirment l’importance de suivre non seulement le prix de l’or, mais aussi les coûts de production, les flux de trésorerie et la discipline financière.

Newmont montre qu’un grand producteur peut transformer une production stable en cash, dividendes et rachats d’actions. La suite dépendra de sa capacité à tenir ses objectifs 2026 dans un environnement minier encore marqué par l’inflation des coûts et la complexité des projets.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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