647 millions de dollars de valeur actuelle nette après impôts : c’est le chiffre central de l’étude de préfaisabilité publiée par Newcore Gold pour son projet aurifère Enchi, au Ghana. Pour les investisseurs francophones exposés à l’or, ce dossier illustre l’effet direct d’un prix élevé du métal jaune sur l’économie des nouveaux projets miniers.
Newcore Gold avance sur le projet aurifère Enchi
Newcore Gold Ltd. a annoncé, le 24 juin 2026, l’achèvement d’une étude de préfaisabilité pour le projet aurifère Enchi, situé au Ghana, en Afrique de l’Ouest.
Une étude de préfaisabilité, ou PFS pour Pre-Feasibility Study, est une étape technique importante dans le développement d’une mine. Elle évalue si un projet peut être exploité de manière rentable, avant une étude de faisabilité plus détaillée. Elle examine notamment les ressources, les coûts, la méthode d’extraction, les infrastructures et les scénarios de prix de l’or.
L’étude a été préparée par Lycopodium (Americas) Limited. Elle repose sur les estimations de ressources minérales et les données de forage disponibles jusqu’au 6 octobre 2025.
Le projet Enchi est envisagé comme une mine à ciel ouvert classique. Une mine à ciel ouvert consiste à extraire le minerai depuis la surface, par paliers successifs, plutôt que par galeries souterraines. Le plan prévoit aussi une usine de traitement par broyage et procédé CIL, pour carbon-in-leach. Ce procédé utilise du charbon actif pour récupérer l’or dissous dans une solution cyanurée après broyage du minerai.
La capacité de traitement serait de 5,5 millions de tonnes par an, avec une exploitation minière confiée à des sous-traitants. La société indique que cette étude doit appuyer une demande de bail minier attendue en 2026. Le gouvernement ghanéen soutient l’avancement du projet.
Des indicateurs financiers portés par un prix de l’or élevé
L’étude affiche des résultats financiers robustes dans les scénarios retenus.
À un prix de l’or au comptant de 4 200 dollars l’once, Newcore Gold indique une valeur actuelle nette après impôts de 647 millions de dollars. La valeur actuelle nette, ou VAN, mesure la valeur d’un projet en actualisant ses flux de trésorerie futurs. Le taux de 5 % utilisé dans l’étude sert à ramener ces flux futurs à leur valeur d’aujourd’hui.
Le taux de rendement interne après impôts ressort à 45 %. Le taux de rendement interne, ou TRI, mesure la rentabilité annuelle théorique d’un projet. Plus il est élevé, plus le projet apparaît attractif, toutes choses égales par ailleurs.
À un prix de l’or de 3 800 dollars l’once, l’étude donne une VAN avant impôts de 794 millions de dollars, avec un TRI avant impôts de 51 %. Après impôts, la VAN atteint 496 millions de dollars et le TRI 37 %.
Le capital initial nécessaire est estimé à 351 millions de dollars. Cette somme correspond aux dépenses à engager avant la production commerciale : construction de l’usine, équipements, infrastructures, préparation de la mine et coûts associés. Le délai de remboursement serait court : 1,6 an à 3 800 dollars l’once et 1,4 an à 4 200 dollars l’once.
Une production concentrée sur les premières années
L’étude prévoit une production moyenne d’environ 130 000 onces d’or par an pendant les trois premières années. Une once troy, unité de référence du marché de l’or, équivaut à 31,1035 grammes.
Sur l’ensemble de la durée de vie de la mine, estimée à 9,3 ans, la production moyenne serait de 104 000 onces par an. Le total d’or payable atteindrait 953 350 onces. L’or payable désigne la quantité d’or effectivement commercialisable après traitement, pertes métallurgiques et ajustements liés au raffinage.
Les premières années bénéficieraient d’une teneur moyenne plus élevée, à 0,80 gramme d’or par tonne de minerai. La teneur, exprimée en g/t Au, indique la quantité d’or contenue dans une tonne de roche. Sur toute la durée de vie de la mine, la teneur extraite moyenne serait de 0,64 g/t Au.
Le taux de récupération de l’or est estimé à 90,5 %. Il s’agit de la part de l’or contenu dans le minerai que l’usine parvient effectivement à récupérer.
Des coûts à surveiller pour la rentabilité future
Les coûts restent un point clé du dossier. Pour les trois premières années, l’étude mentionne des coûts d’exploitation moyens de 1 399 dollars par once, des coûts comptants de 1 859 dollars par once et des coûts de maintien tout compris, ou AISC, de 1 967 dollars par once.
L’AISC, pour All-In Sustaining Cost, est un indicateur très suivi dans le secteur aurifère. Il inclut les coûts de production, mais aussi les dépenses nécessaires pour maintenir la mine en activité, comme certains investissements de maintien, les frais généraux et les coûts liés au site.
Sur l’ensemble de la durée de vie de la mine, les coûts augmentent. Le coût d’exploitation moyen ressort à 1 689 dollars l’once, le coût comptant à 2 149 dollars l’once et l’AISC à 2 290 dollars l’once.
Le ratio de décapage est estimé à 4,3 pour 1. Ce ratio indique la quantité de stérile, c’est-à-dire de roche sans valeur économique, à déplacer pour extraire une tonne de minerai. Un ratio élevé peut peser sur les coûts, car il implique davantage de terrassement.
Des forages profonds ouvrent une piste de hausse
Newcore Gold mène aussi un programme de forage de 80 000 mètres. Des résultats publiés début juillet 2026 ont identifié une minéralisation aurifère à haute teneur sous les fosses de réserves actuelles, à plus de 85 mètres de profondeur verticale.
Ces résultats ne sont pas encore intégrés à l’estimation actuelle des ressources minérales ni à l’étude de préfaisabilité. Certains intervalles montrent des teneurs élevées, dont 147,50 g/t Au sur 1 mètre à environ 268 mètres de profondeur. De l’or visible a également été signalé dans certaines carottes de forage.
Ces données pourraient augmenter la taille des ressources ou améliorer le profil de teneur du projet dans de futures études. Elles pourraient aussi prolonger la durée de vie de la mine si elles sont confirmées par des travaux supplémentaires et intégrées à un nouveau modèle minier.
Un projet à suivre dans un marché de l’or tendu
Pour le marché de l’or, Enchi reste un projet de développement, pas encore une mine en production. Les chiffres publiés dépendent donc des hypothèses de prix, des autorisations, du financement, des coûts réels de construction et de l’exécution technique.
Mais l’étude de préfaisabilité marque une étape structurante. Elle donne à Newcore Gold un cadre économique, technique et opérationnel pour avancer vers la demande de bail minier au Ghana.
Dans un environnement où les investisseurs cherchent des actifs capables de profiter d’un prix de l’or durablement élevé, Enchi entre désormais dans la catégorie des projets aurifères africains à surveiller de près.


