Dans un contexte marqué par la persistance des tensions au Moyen-Orient et un bras de fer institutionnel inédit aux États-Unis, le cours de l’or confirme son statut de valeur refuge en enregistrant une hausse mensuelle de près de 7 %.
Le métal jaune continue de fasciner les marchés. En cette fin de février 2026, l’once d’or s’est stabilisée autour d’un seuil historique de 5 200 dollars lors des échanges asiatiques de ce vendredi matin. Cette performance marque une progression mensuelle de 6,7 %, effaçant les pertes observées fin janvier. Alors que l’or au comptant s’échangeait à 5 194,02 dollars et les contrats à terme à 5 211,41 dollars, cette dynamique haussière ne se limite pas au métal roi : l’argent (+1,7 %) et le platine (+3 %) suivent la même tendance. Ce mouvement de fond traduit une recherche de sécurité de la part des investisseurs face à une accumulation de risques géopolitiques et économiques.
Une prime de risque géopolitique persistante
Le principal moteur de cette envolée demeure l’instabilité chronique au Moyen-Orient. Les négociations entre Washington et Téhéran, qui se sont achevées cette semaine sans accord sur le nucléaire, maintiennent les marchés sous pression. Si les deux parties ont convenu de poursuivre le dialogue, la présence navale américaine dans la région et les menaces d’action militaire en cas d’échec diplomatique incitent les gestionnaires de fonds à la prudence.
Dans ce type de configuration, l’or joue pleinement son rôle de valeur refuge. Contrairement aux actions ou aux obligations, l’or ne dépend de la solvabilité d’aucun émetteur (État ou entreprise). En période de doute sur la stabilité internationale, il devient l’actif privilégié pour préserver le capital.
L’incertitude institutionnelle américaine pèse sur le commerce
Outre la géopolitique, c’est la politique intérieure américaine qui alimente la volatilité. Une crise institutionnelle s’est ouverte entre la Maison Blanche et le pouvoir judiciaire. Suite à l’annulation par la Cour suprême de la plupart des droits de douane imposés par le président Donald Trump, l’exécutif a riposté en annonçant de nouvelles taxes via des leviers juridiques alternatifs.
Ce bras de fer crée un climat d’incertitude pour le commerce mondial. Les craintes d’un ralentissement économique global, exacerbées par ces tensions protectionnistes, poussent les capitaux vers les actifs tangibles. Cependant, cette politique de dérégulation profite à certains secteurs spécifiques : les actions des plateformes Uber et Lyft se sont envolées ces dernières heures après l’abrogation d’une règle fédérale sur le statut des travailleurs contractuels.
L’industrie européenne tire son épingle du jeu
Vu d’Europe, le tableau économique présente des nuances plus positives, notamment sur le front industriel. Une commande majeure de 120 appareils Airbus par la Chine a été annoncée depuis Pékin, confirmant la bonne tenue des relations commerciales entre l’Europe et l’Asie malgré le contexte global tendu.
Sur le plan politique, la France semble retrouver un semblant de stabilité à court terme. Le gouvernement a surmonté deux motions de censure liées à sa politique énergétique et avance désormais sur un plan d’économies de 2 milliards d’euros, ciblant notamment la fraude sociale et fiscale. Ces éléments, bien que rassurants pour la zone euro, ne suffisent pas à détourner les investisseurs de l’or, perçu comme une assurance contre les risques systémiques.
Bitcoin et Or : deux refuges, deux dynamiques
Il est intéressant de noter que l’or n’est pas le seul à profiter de l’environnement actuel. Le Bitcoin a opéré un rebond significatif, remontant à 65 000 dollars (environ 57 414 euros). Ce mouvement, soutenu par des achats opportunistes après une baisse récente, démontre qu’une partie des liquidités cherche encore du rendement sur des actifs spéculatifs, parallèlement à la sécurisation des portefeuilles via les métaux précieux.
En somme, ce mois de février 2026 rappelle aux épargnants l’importance de la diversification. Alors que les marchés boursiers réagissent avec volatilité aux décisions politiques américaines, l’or offre une stabilité et une performance décorrélée, indispensable en temps de crise.



