Dans un climat économique marqué par l’inflation et les incertitudes géopolitiques aux portes de l’Europe, le métal jaune confirme son statut d’actif protecteur. Contrairement aux marchés boursiers volatils ou aux obligations d’État, l’or offre une stabilité historique qui séduit de plus en plus les investisseurs belges et français soucieux de sécuriser leur patrimoine.
Lorsqu’une crise éclate, qu’elle soit financière ou géopolitique, le réflexe des marchés est quasi immuable : les capitaux se déplacent vers des actifs jugés sûrs. C’est ce que les économistes qualifient de « valeur refuge ». Si le dollar américain, le franc suisse ou les obligations d’État (notamment américaines) jouent parfois ce rôle, l’or demeure l’actif tangible par excellence pour traverser les tempêtes.
Contrairement aux actions, dont le cours dépend directement de la santé financière et des résultats d’une entreprise, l’or physique ne présente aucun risque de contrepartie. En clair, il ne peut pas faire faillite. Sa valeur n’est liée à la capacité de remboursement d’aucun État ni d’aucune banque. Cette caractéristique en fait un outil de diversification privilégié pour les épargnants cherchant à prémunir leur portefeuille contre l’érosion monétaire et les risques systémiques.
Une déconnexion face aux turbulences boursières
L’histoire économique démontre que le cours de l’or a tendance à se maintenir, voire à s’apprécier, lorsque les marchés traditionnels vacillent. C’est une distinction majeure face aux monnaies fiduciaires (euro, dollar) qui reposent sur la confiance accordée aux banques centrales. L’or, lui, possède une valeur intrinsèque reconnue universellement depuis des millénaires.
La demande pour le métal précieux s’accroît mécaniquement en période d’instabilité. Depuis le début des années 2000, le prix de l’once a connu une progression spectaculaire, atteignant un pic notable en septembre 2011 à 1.911 dollars.
Toutefois, le marché de l’or n’est pas linéaire. Une anomalie a par exemple été observée en 2018 : le cours du métal a baissé alors même que les bourses atteignaient des sommets. Cette situation avait alors surpris les analystes, rappelant que si l’or protège des crises, il peut stagner lorsque l’économie mondiale affiche une croissance insolente et que les taux d’intérêt réels sont élevés.
Perspectives 2024 : un contexte favorable au métal jaune
En 2024, la configuration des marchés semble redonner tout son attrait à l’or physique. Plusieurs facteurs incitent les investisseurs à acheter de l’or ou à renforcer leurs positions :
- L’inflation persistante : Bien que ralentie, l’inflation en zone euro continue d’éroder le pouvoir d’achat des liquidités. L’or a historiquement prouvé sa capacité à conserver sa valeur réelle sur le long terme.
- La demande des Banques Centrales : Les institutions monétaires, notamment dans les pays émergents, accumulent des réserves d’or à des niveaux records pour diversifier leurs avoirs hors du dollar.
- Les tensions géopolitiques : La guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient maintiennent un niveau d’incertitude élevé, favorable aux valeurs refuges.
Selon plusieurs analyses de marché, l’or pourrait poursuivre sa tendance haussière en 2024. Si les prédictions les plus optimistes évoquent un franchissement de seuils psychologiques importants (dépassant potentiellement les 2.200 ou 2.300 dollars l’once), la prudence reste de mise. Il est essentiel de rappeler que l’or est un placement de moyen à long terme, destiné à la préservation du capital plutôt qu’à la spéculation immédiate.
Fiscalité et cadre légal : les spécificités belges et françaises
Pour l’investisseur francophone, comprendre le cadre fiscal est aussi crucial que de surveiller le cours du métal.
En Belgique, l’investissement dans l’or physique bénéficie d’un cadre particulièrement attractif. L’achat d’or d’investissement (pièces ayant cours légal, lingots) est exonéré de TVA. De plus, pour les particuliers agissant dans le cadre d’une gestion normale de leur patrimoine privé (en « bon père de famille »), les plus-values réalisées à la revente ne sont généralement pas taxées.
En France, la fiscalité diffère. L’acheteur est également exonéré de TVA à l’achat, mais la revente est soumise à l’impôt. L’investisseur a le choix entre une taxe forfaitaire sur le prix de vente (TMP) ou, s’il peut prouver la date et le prix d’achat, une taxation sur la plus-value réelle (TPV) avec un abattement pour durée de détention, menant à une exonération totale après 22 ans.
Dans un environnement où les dettes publiques européennes s’alourdissent, détenir une partie de son patrimoine en or physique, en dehors du système bancaire, apparaît pour beaucoup comme une assurance nécessaire face à l’inconnu.


