Alors que l’or a connu une année record, c’est l’argent métal qui a créé la surprise en 2025 avec une performance plus de deux fois supérieure à celle du métal jaune. Porté par une demande industrielle vorace, notamment dans le secteur photovoltaïque, et une offre minière à la peine, l’argent s’impose comme l’actif incontournable de ce début d’année 2026.


Si l’année 2025 restera dans les mémoires comme l’année de tous les records pour les métaux précieux, la hiérarchie traditionnelle des performances a été bousculée. Au 12 janvier 2026, l’heure est au bilan d’une ascension fulgurante. Alors que l’or a enregistré une hausse très solide comprise entre +60 % et +70 %, l’argent métal a littéralement décollé, affichant une progression annuelle de +140 % à +150 %.

Cette surperformance marque un tournant. L’once d’argent a atteint un pic à 57,99 dollars courant 2025, un niveau inédit depuis 1993 et un record absolu en euros. De son côté, l’or n’a pas démérité, évoluant autour des 4 216 dollars (environ 3 615 euros) en fin d’année, mais c’est bien la dynamique structurelle du « métal du pauvre » qui attire aujourd’hui tous les regards.

La voracité de l’industrie solaire

Contrairement à l’or, qui reste avant tout une valeur refuge et monétaire, l’argent possède une double nature : c’est un métal hybride. Plus de 50 % de la demande mondiale d’argent est d’origine industrielle. Cette spécificité est le moteur principal de la hausse actuelle.

Le secteur des énergies renouvelables joue un rôle prépondérant dans cette équation. En 2024, la filière solaire a absorbé plus de 200 millions d’onces d’argent, soit le double de la consommation enregistrée en 2020. Les panneaux photovoltaïques, gourmands en argent pour leur conductivité, drainent une part croissante des stocks disponibles.

Ce phénomène crée une tension majeure sur les stocks physiques. Contrairement à l’or, qui est stocké dans les coffres des banques centrales et soigneusement conservé (plus de 6 milliards d’onces disponibles), l’argent industriel est consommé et très difficilement recyclé. Résultat : le stock d’argent réellement disponible est estimé à seulement 1,5 milliard d’onces.

Un déficit d’offre chronique

Face à cette demande explosive, l’offre ne suit pas. Le marché de l’argent est en déficit structurel pour la quatrième année consécutive, avec un manque estimé à 150 millions d’onces pour la seule année 2024.

Plusieurs facteurs expliquent cette rigidité de l’offre, souvent qualifiée d’inélastique par les économistes :

  • Production stagnante : Depuis dix ans, la production minière mondiale plafonne entre 820 et 850 millions d’onces.
  • Dépendance minière : La majorité de l’argent extrait n’est pas issu de mines d’argent pur, mais est un sous-produit de l’extraction d’autres métaux comme le cuivre, le zinc ou le plomb. Par conséquent, une hausse du prix de l’argent ne suffit pas à déclencher une augmentation rapide de la production, celle-ci dépendant des marchés des autres métaux.
  • Concentration géographique : La production est très concentrée dans des pays comme le Mexique, la Chine et le Pérou. Cette situation expose l’approvisionnement mondial à des risques géopolitiques accrus.

Volatilité et ratio Or/Argent

La nature hybride de l’argent, tiraillé entre son rôle monétaire et son utilité industrielle indispensable, entraîne une volatilité structurelle. Comme le soulignent les analyses de Gold.fr, cette volatilité n’est pas accidentelle mais reflète la recherche permanente d’un prix d’équilibre difficile à établir dans un marché en pénurie.

Un indicateur clé surveillé par les investisseurs est le ratio or/argent, qui mesure combien d’onces d’argent sont nécessaires pour acheter une once d’or. Historiquement très fluctuant (de 15 dans l’Antiquité à 120 lors du krach de mars 2020), ce ratio se situe actuellement autour de 85.

Ce niveau, encore élevé par rapport à la moyenne historique, suggère aux analystes que malgré la hausse spectaculaire de 2025, l’argent pourrait conserver un potentiel d’appréciation important face à l’or, surtout si la transition énergétique continue d’accélérer la consommation industrielle du métal gris.


Comprendre le marché : L’inélasticité de l’offre

En économie, l’offre est dite « inélastique » lorsqu’elle ne peut pas s’ajuster rapidement à une variation de prix. Pour l’argent, même si le cours double, une mine de cuivre (qui produit de l’argent accessoirement) ne va pas doubler sa production si la demande de cuivre reste stable. C’est ce mécanisme qui empêche le marché de combler rapidement le déficit actuel, soutenant ainsi les prix à la hausse.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version