Environ 7 % de hausse en une semaine début août : le cours de l’or a brutalement rebondi après un premier semestre chahuté. Lors d’une intervention sur BFM Business, Laurent Schwartz a mis en avant ce regain d’intérêt pour le métal jaune, dans un marché toujours dominé par les banques centrales et les incertitudes géopolitiques.

L’or repasse près de 4 000 € l’once

En août 2026, l’or a retrouvé des couleurs. Le prix du métal précieux a progressé d’environ 7 % sur une semaine début août et a atteint près de 4 000 € l’once. En dollars, le cours s’est rapproché de 4 600 dollars l’once en fin de mois.

Une once d’or désigne ici l’once troy, l’unité de référence sur les marchés des métaux précieux. Elle correspond à environ 31,1 grammes.

Ce rebond intervient après une correction sévère. En juin, l’or avait reculé d’environ 12 %, sa plus forte baisse mensuelle depuis octobre 2008. Le cours était alors passé sous les 4 000 dollars l’once, après avoir perdu près de 25 % depuis son pic historique de fin janvier, autour de 5 600 dollars l’once.

Les banques centrales soutiennent la demande

Le principal moteur reste la demande des banques centrales. Ces institutions, qui gèrent les réserves monétaires des États, achètent de l’or pour diversifier leurs avoirs et réduire leur dépendance au dollar.

Au deuxième trimestre 2026, elles ont acquis 289 tonnes d’or, un niveau record pour cette période. La Banque centrale de Chine a poursuivi ses achats jusqu’en août, pour un 22e mois consécutif. La Pologne a réalisé le plus gros achat individuel du trimestre, avec 51 tonnes.

Ce mouvement s’inscrit dans une logique de dédollarisation. Ce terme désigne la volonté de certains États de réduire le poids du dollar américain dans leurs réserves et leurs échanges internationaux. L’or devient alors un actif stratégique, car il ne dépend pas directement d’un État émetteur ni d’une banque centrale étrangère.

Dollar faible et tensions géopolitiques relancent le statut de valeur refuge

Le rebond d’août s’explique aussi par l’affaiblissement du dollar. Quand la devise américaine baisse, l’or devient moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies, comme l’euro. Cela peut soutenir la demande internationale.

Les tensions géopolitiques persistantes, notamment au Moyen-Orient, jouent également un rôle. Dans les périodes d’incertitude, l’or retrouve son statut de valeur refuge. Une valeur refuge est un actif recherché lorsque les investisseurs veulent protéger leur capital face aux crises, à l’inflation ou aux turbulences financières.

Cette fonction ne supprime pas la volatilité. Le début de l’année 2026 l’a montré : le conflit américano-israélien en Iran a provoqué de fortes variations de prix, avant la correction du printemps puis le rebond de l’été.

Les taux de la Fed restent le principal frein

Le marché de l’or reste toutefois sous pression dès que les taux d’intérêt américains remontent. La Réserve fédérale américaine, ou Fed, influence les marchés en fixant le coût de l’argent aux États-Unis.

Quand les taux montent, les obligations et les placements rémunérés deviennent plus attractifs. L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. Cette absence de rendement peut peser sur son prix, surtout lorsque le dollar se renforce en parallèle.

En juin, les anticipations de nouvelles hausses de taux de la Fed avaient contribué à la chute du cours. En août, l’effet inverse a dominé : dollar plus faible, achats officiels et recherche de sécurité ont repris le dessus.

Ce que cela change pour les épargnants belges et européens

Pour un investisseur en zone euro, le prix de l’or dépend de deux éléments : le cours international en dollars et le taux de change euro-dollar. Un or stable en dollars peut monter en euros si l’euro baisse, et inversement.

Le rebond d’août rappelle donc l’importance d’une approche progressive. L’or physique — pièces, lingots ou lingotins — reste surtout utilisé comme outil de préservation du patrimoine. Il ne garantit pas un gain rapide, mais il peut diversifier une épargne exposée aux actions, aux obligations ou aux devises.

Le signal envoyé par le marché en août est clair : malgré la correction du premier semestre, la demande structurelle d’or reste solide. Les banques centrales, la géopolitique et le dollar continueront probablement de guider les prochains mouvements du métal jaune.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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