À près de 4 450 dollars l’once, le cours de l’or tente de reprendre son souffle. Le 8 septembre 2026, le métal jaune rebondit sur le marché mondial après deux séances de repli. Ce mouvement reste fragile : les indices américains des prix à la production et à la consommation, attendus les 10 et 11 septembre, pourraient orienter les anticipations avant la décision de la Réserve fédérale américaine, prévue le 16 septembre.
L’or rebondit grâce au recul du dollar
Le soutien immédiat vient du dollar américain. Le billet vert recule, notamment face au yen japonais, sur fond d’anticipations d’une politique plus restrictive de la Banque du Japon. Une monnaie japonaise plus forte pousse certains investisseurs à déboucler des positions spéculatives en yen, ce qui pèse sur le dollar.
Pour l’or, l’effet est direct. Le métal jaune étant coté en dollars sur les marchés internationaux, un dollar plus faible rend l’once moins chère pour les acheteurs utilisant l’euro, le yen ou d’autres devises. Cela peut soutenir la demande et favoriser un rebond technique.
L’once correspond à l’unité de référence du marché de l’or. Une once troy pèse environ 31,1 grammes. Pour un investisseur belge ou européen, le prix en dollars doit donc être converti en euros, avec un effet de change parfois important.
La Fed reste le vrai juge de paix
Le rebond intervient pourtant dans un contexte monétaire tendu. Le rapport sur l’emploi américain publié le 4 septembre a fait état de 162 000 créations de postes en août, avec un taux de chômage inchangé à 4,1 %. Ces données signalent une économie américaine encore résistante.
Ce point est essentiel pour l’or. Une économie solide peut donner à la Fed davantage de marge pour relever ses taux d’intérêt. Les marchés évaluent désormais à environ 60 % la probabilité d’une hausse des taux lors de la réunion du 16 septembre.
Un taux d’intérêt plus élevé rend généralement l’or moins attractif. Le métal jaune ne verse ni coupon ni dividende. À l’inverse, les obligations ou les placements monétaires peuvent rapporter davantage lorsque les taux montent. C’est ce que les investisseurs appellent le coût d’opportunité : détenir de l’or peut coûter plus cher en rendement non perçu.
Les chiffres d’inflation peuvent tout changer
Le calendrier de la semaine est donc décisif. L’indice des prix à la production, attendu le 10 septembre, mesure l’évolution des prix payés par les entreprises. L’indice des prix à la consommation, attendu le 11 septembre, mesure les prix payés par les ménages. Ces deux statistiques servent à évaluer la trajectoire de l’inflation.
Si l’inflation ressort plus forte que prévu, le scénario d’une Fed plus dure serait renforcé. Le dollar pourrait alors se redresser, les taux américains grimper, et le rebond de l’or être freiné.
À l’inverse, une inflation plus modérée pourrait réduire la pression sur la banque centrale. Dans ce cas, l’or pourrait profiter d’un dollar moins ferme et d’anticipations de taux moins élevées.
Le marché de l’or se trouve donc pris entre deux forces : son rôle de protection contre l’inflation et sa sensibilité négative aux hausses de taux.
Ormuz ajoute une prime de risque énergétique
Un autre facteur complique la lecture : les tensions autour du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique pour le pétrole reste perturbé par les tensions militaires entre Washington et Téhéran. Les flux pétroliers y seraient tombés à 4,9 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 millions fin 2025, d’après les données de l’EIA, l’agence américaine d’information sur l’énergie.
Une baisse durable des flux peut alimenter une hausse des prix de l’énergie. Or l’énergie entre directement dans les coûts de transport, de production et de chauffage. Elle peut donc relancer l’inflation.
Pour l’or, cette situation a un double effet. Les tensions géopolitiques peuvent soutenir la demande de valeur refuge. Mais une poussée d’inflation liée au pétrole peut aussi pousser la Fed à maintenir une ligne monétaire restrictive, ce qui pèse sur le métal jaune.
Les seuils techniques à surveiller
Sur le plan graphique, l’or conserve des repères importants. Le cours évolue au-dessus de sa moyenne mobile exponentielle à 200 jours, située autour de 4 288 dollars. Cette moyenne lisse les prix passés pour dégager une tendance de long terme. Le terme exponentielle signifie que les prix récents pèsent davantage dans le calcul.
Le support clé se situe autour de 4 415 dollars. Un support désigne une zone où les acheteurs ont tendance à revenir. En cas de rupture, la baisse peut s’accélérer.
La résistance à surveiller se trouve vers 4 523 dollars. Une résistance est une zone où les vendeurs deviennent souvent plus actifs. Un franchissement net pourrait signaler une reprise plus solide.
D’autres indicateurs, comme le RSI ou le MACD, servent à mesurer la vitesse et la force d’un mouvement. Les retracements de Fibonacci indiquent des niveaux de prix souvent observés par les analystes techniques. Ces outils ne prédisent pas l’avenir, mais donnent des repères de marché.
Un marché suspendu à trois dates
Qui décide de la suite ? Les investisseurs, la Fed et les statistiques américaines. Quoi surveiller ? L’inflation, le dollar et les taux. Où ? Principalement aux États-Unis, avec un impact mondial sur l’or. Quand ? Les 10, 11 et 16 septembre. Comment ? Par les anticipations de politique monétaire et les mouvements de change. Pourquoi ? Parce que l’or réagit fortement à la confiance dans les monnaies, aux taux réels et au risque géopolitique.
Pour les épargnants belges et francophones, la prudence reste de mise. Un achat d’or physique dépend du prix en euros, des primes sur les pièces ou lingots, et de l’horizon de détention. À court terme, l’inflation américaine peut relancer le mouvement vers la résistance de 4 523 dollars ou casser le rebond sous 4 415 dollars.
La semaine ne donnera peut-être pas une tendance définitive. Elle dira en revanche si l’or à 4 450 dollars est un simple rebond de marché ou le début d’une nouvelle phase haussière.


