Alors que le cours de l’or se maintient à des niveaux élevés et que la demande pour les minéraux critiques s’intensifie, les acteurs majeurs du secteur minier dévoilent des feuilles de route ambitieuses pour 2026. De l’Amérique latine au Canada, les projets d’exploration se transforment en sites de production, soutenus par des financements solides et un intérêt marqué des marchés boursiers.

« Un potentiel de réévaluation » significatif. C’est en ces termes qu’Alastair Still, PDG de GoldMining, qualifie l’année 2026 pour le secteur aurifère. Dans un entretien accordé le 6 février à Commodity-TV, le dirigeant a souligné la position financière robuste de son entreprise, directement corrélée à la hausse du prix de l’or. Ce dynamisme ne se limite pas aux déclarations d’intention : il se traduit par une accélération concrète des projets sur le terrain et une course aux ressources stratégiques indispensables à l’économie de demain.

L’or : de l’exploration à la production commerciale

Le début de l’année 2026 marque un tournant pour plusieurs développeurs aurifères qui concrétisent leurs efforts d’exploration. Alastair Still a notamment mis en avant les jalons franchis pour les projets São Jorge au Brésil et Crucero au Pérou. Ces développements font écho aux résultats de forage prometteurs rapportés fin 2025 sur le site brésilien, confirmant la richesse des gisements sud-américains.

Cette tendance à l’opérationnalisation est confirmée par Fortuna Mining. Dans une mise à jour corporative récente, l’entreprise prévoit une augmentation de sa production d’or pour 2026, portée par des investissements majeurs dans la mine de Seguela. Le passage du statut d’explorateur à celui de producteur est une étape critique que Sierra Madre Gold & Silver vient de franchir. La société a confirmé le démarrage réussi de la production commerciale à la mine La Guitarra au Mexique, tout en discutant de l’acquisition stratégique de la mine d’argent Del Toro, consolidant ainsi sa position de nouveau producteur dans la région.

Comprendre l’Étude de Faisabilité (PFS/FS)

Dans le jargon minier, vous lirez souvent les termes PFS (Pre-Feasibility Study) ou FS (Feasibility Study). Il s’agit d’étapes cruciales pour un projet.

  • L’étude de pré-faisabilité (PFS) détermine si un gisement a des chances d’être rentable, avec une marge d’erreur moyenne sur les coûts.
  • L’étude de faisabilité (FS) est l’étape finale avant la décision de construire la mine. Elle offre un calcul précis des coûts, des méthodes d’extraction et de la rentabilité économique. C’est le « feu vert » attendu par les investisseurs.

Le Canada, terreau fertile pour les projets avancés

Outre-Atlantique, l’Ontario confirme son statut de juridiction minière de premier plan. Amex Exploration a récemment discuté de la viabilité économique de son projet phare Perron. Selon Commodity-TV, une étude de faisabilité complète est attendue courant 2026 pour ce projet, qui envisage un plan de production en deux étapes.

Parallèlement, Mayfair Gold place son projet Fenn-Gib sur une voie rapide vers la production. S’appuyant sur une étude de pré-faisabilité récente, l’entreprise vise désormais une cotation sur le NYSE American, cherchant ainsi à attirer davantage de capitaux internationaux. Au Ghana, mais financé majoritairement par des capitaux nord-américains et institutionnels, Newcore Gold avance également vers son étude de pré-faisabilité (PFS) pour le projet Enchi, après avoir réalisé plus de 120 000 mètres de forage.

La course aux métaux critiques : Nickel et Cuivre

Si l’or brille, les métaux industriels nécessaires à la transition énergétique ne sont pas en reste. Le marché du nickel, essentiel pour les batteries de véhicules électriques, fait face à des goulots d’étranglement au niveau de l’approvisionnement. C’est dans ce contexte que Mark Selby, PDG de Canada Nickel, a détaillé les progrès du projet Crawford Nickel. L’entreprise bénéficie d’un soutien gouvernemental, soulignant l’importance stratégique de l’indépendance en matières premières pour les économies occidentales.

Le cuivre, baromètre de l’économie mondiale, suscite également l’appétit des investisseurs. Vizsla Copper mise sur une hausse des prix du métal rouge et sur la demande croissante en minéraux critiques pour développer ses projets Palmer en Alaska et Poplar. De son côté, Blue Moon Metals annonce des ambitions globales avec la construction de deux mines polymétalliques (aux États-Unis et en Norvège) et une acquisition d’installation stratégique, le tout couplé à une future cotation au NASDAQ.

Des financements au rendez-vous

La vitalité du secteur se mesure enfin à sa capacité à lever des fonds. Le mois de janvier 2026 a été particulièrement actif sur ce front. Selon les informations rapportées par Commodity-TV News Flash, Millennial Potash a lancé un placement privé visant plus de 15 millions de dollars canadiens pour son projet de potasse, suite au début de son évaluation environnementale fin 2025.

D’autres acteurs comme IsoEnergy (uranium) ont conclu des accords de financement importants, à hauteur de 50 millions CAD, tandis que Mogotes Metals et Premier American Uranium ont également sécurisé des capitaux frais.

L’année 2026 s’annonce donc comme une année charnière pour l’industrie extractive. Entre la consolidation des producteurs d’or profitant de cours favorables et l’urgence de sécuriser les métaux de la transition énergétique, les investisseurs disposent désormais de données concrètes pour évaluer la maturité des projets miniers.

Journaliste économique, Émilien s’intéresse aux usages industriels des métaux précieux et aux innovations technologiques qui façonnent leur avenir.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version