139 grammes d’argent par tonne : c’est la teneur indiquée dans la dernière estimation des ressources mesurées et indiquées de Prairie Creek. Honey Badger Silver Inc. veut remettre ce projet canadien au centre du marché des métaux précieux et industriels.
La société a nommé JDS Energy & Mining Inc. pour conduire une nouvelle évaluation économique préliminaire et une mise à jour des ressources minérales de sa mine Prairie Creek, détenue à 100 %. Le site se trouve dans les Territoires du Nord-Ouest, au Canada.
Les deux études sont attendues au troisième trimestre 2026. Leur objectif est clair : intégrer la hausse des prix de l’argent, du zinc et du plomb, ainsi que les avancées techniques disponibles depuis la dernière grande estimation.
Honey Badger veut actualiser la valeur économique du projet
L’information principale porte sur la relance technique de Prairie Creek. Honey Badger Silver, société d’exploration cotée au Canada, cherche à faire évoluer son dossier au-delà d’un simple profil d’explorateur.
Une PEA, pour Preliminary Economic Assessment, est une évaluation économique préliminaire. Elle sert à estimer si un projet minier peut être économiquement viable, en tenant compte des coûts de construction, d’exploitation, de transport, de traitement du minerai et des prix des métaux.
Une MRE, pour Mineral Resource Estimate, est une estimation des ressources minérales. Elle mesure les volumes de minerai identifiés dans le sous-sol et leur teneur en métaux. Elle ne garantit pas une production future, mais constitue une étape clé pour évaluer le potentiel d’une mine.
Pour Prairie Creek, cette mise à jour pourrait devenir un catalyseur important. Dans le jargon boursier, un catalyseur désigne un événement susceptible de modifier la perception du marché sur une société : nouvelle étude, permis, financement ou décision de construction.
Un actif argent-zinc-plomb déjà avancé
Prairie Creek n’est pas un projet vierge. La mine bénéficie d’environ 5 kilomètres de développements souterrains, d’une usine existante, d’infrastructures de surface et d’une piste d’atterrissage.
Le dossier comprend aussi des permis avancés, des accords avec des gouvernements autochtones et une subvention de 25 millions de dollars canadiens accordée par le gouvernement du Canada dans le cadre du National Trade Corridor Fund.
Ces éléments sont importants pour les investisseurs. Dans un projet minier, les infrastructures déjà construites peuvent réduire le risque d’exécution et le montant des capitaux nécessaires avant une éventuelle mise en production.
Des ressources historiques significatives
La dernière estimation des ressources de Prairie Creek date d’octobre 2021. Elle avait été réalisée par Global Mineral Resources Services.
Elle faisait état de 9,8 millions de tonnes en ressources mesurées et indiquées, avec des teneurs de 139 grammes d’argent par tonne, 9,7 % de zinc et 8,8 % de plomb. Les ressources mesurées et indiquées sont les catégories les plus solides avant les réserves : elles reposent sur un niveau de connaissance géologique jugé relativement élevé.
L’estimation mentionnait aussi 6,4 millions de tonnes en ressources inférées, avec 150 grammes d’argent par tonne, 12,9 % de zinc et 6,7 % de plomb. Les ressources inférées sont moins certaines : elles indiquent un potentiel géologique, mais nécessitent davantage de forages pour être confirmées.
La teneur en argent est exprimée en grammes par tonne : cela signifie le nombre de grammes d’argent contenus dans une tonne de roche. Les prix retenus en 2021 étaient de 20 dollars l’once pour l’argent, 1,15 dollar la livre pour le zinc et 1 dollar la livre pour le plomb. Une once correspond à environ 31,1 grammes, unité de référence mondiale pour les métaux précieux.
Le marché surveille la réaction boursière
Au 5 juin 2026, l’action Honey Badger Silver se traitait à 0,77 dollar canadien sur le TSXV, en baisse de 9,41 %, avec 792.400 titres échangés sur la séance. Le titre est coté sous le symbole TUF sur le TSXV et HBEIF sur l’OTCQB.
Le TSXV, ou Bourse de croissance de Toronto, accueille de nombreuses petites sociétés minières canadiennes. L’OTCQB est un marché américain de gré à gré destiné aux entreprises en développement.
Pour les investisseurs européens et francophones, Prairie Creek illustre un thème plus large : l’argent n’est pas seulement un métal précieux de diversification. Il est aussi un métal industriel, utilisé notamment dans l’électronique, l’énergie solaire et certaines applications technologiques. Le zinc et le plomb ajoutent une dimension industrielle au dossier.
La prochaine étape sera donc la publication de la PEA et de la MRE mises à jour. C’est à ce moment que le marché pourra mieux mesurer si Prairie Creek dispose d’un potentiel économique renforcé dans le contexte actuel des métaux.


